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Critique · Sortie : 26/07/2023

La Main, critique : une main qui vous passera l'envie de serrer celle des autres pendant des jours

Films australiensFilms britanniquesFilms d'horreur

Il y a ce moment où un film d'horreur ne cherche plus à vous faire sursauter : il s'installe sur votre poitrine et refuse d'en descendre. La Main est exactement ce genre de film. Un cauchemar d'une efficacité redoutable, né d'un simple jeu de soirée et signé par deux frères australiens révélés sur YouTube. Rares sont les premiers films d'horreur récents capables de vous faire regarder votre propre main avec méfiance pendant le générique de fin.

8,3/10
Note
Un film d'horreur tendu, cruel et étonnamment triste, l'un des meilleurs premiers films du genre de ces dernières années.
Scénario
8
Interprétation
9
Réalisation
9
Image
8
Musique et son
8
Émotion
8

La note globale est la moyenne des six critères.

Fiche du film

OriginalTalk to Me
Sortie en France26/07/2023
RéalisationMichael Philippou, Danny Philippou
DistributionSophie Wilde, Alexandra Jensen, Joe Bird, Otis Dhanji, Miranda Otto, Zoe Terakes
GenreFilms d'horreur
Durée95 min
Classification16
PaysFilms australiens, Films britanniques

Où regarder La Main ?

En abonnementAmazon Prime VideoAmazon Prime Video with Ads
À la locationApple TV StoreGoogle Play MoviesYouTubeRakuten TVCanal VODSoonerAmazon VideoPathé HomeVIVA by videofuturPremiere Max
À l'achatApple TV StoreGoogle Play MoviesYouTubeRakuten TVCanal VODSoonerAmazon VideoPathé HomeVIVA by videofuturPremiere Max

Données streaming : JustWatch · mise à jour : 13/10/2026

De quoi ça parle ? Une main, une phrase, et la fête est finie

Le point de départ est si simple qu'on s'agace presque que personne n'y ait pensé avant sous cette forme. Une bande de jeunes met la main sur une mystérieuse main embaumée. La règle : on la saisit, on prononce « Talk to me », et pendant un bref instant, le monde des esprits se connecte au nôtre. Comme si l'on ouvrait la porte d'une pièce qui aurait dû rester fermée à jamais.

Évidemment, nos adolescents ne courent pas à l'église avec. Ils l'emportent en soirée. La main devient la star de leurs fêtes, tout le monde veut la toucher, tout le monde filme, et les vidéos circulent sur les réseaux sociaux comme le dernier challenge à la mode. Jusqu'au jour où l'un d'eux se laisse posséder trop longtemps et libère des forces surnaturelles qu'il sera impossible de remettre dans la boîte.

Inutile d'en savoir davantage, et franchement, mieux vaut s'en abstenir. Toute la force du film tient dans sa façon de resserrer peu à peu l'étau : moins vous en devinez, plus le coup porte.

Les jumeaux Philippou : de YouTube au sommet de l'horreur

Beaucoup connaissent Michael et Danny Philippou pour leurs vidéos YouTube survoltées, absurdes et souvent sanglantes. J'avoue m'être installé devant le film avec un certain scepticisme. Chez les créateurs venus du format court, le premier long ressemble souvent à un sketch gonflé à l'hélium : de bonnes scènes qui s'enchaînent, mais aucune colonne vertébrale.

Rien de tel ici. La Main est un film étonnamment maîtrisé, construit avec soin. Les deux frères savent exactement quand laisser une scène respirer en silence, quand garder la caméra sur un visage un peu plus longtemps que nécessaire, et quand frapper fort, sans prévenir. Ils sont économes en jump scares et préfèrent tirer la tension de moments gênants qui s'étirent.

Ce qui m'a le plus séduit, c'est qu'ils comprennent leur propre génération. Les scènes de fête, où chacun rit, téléphone à la main, devant un ami en pleine convulsion, sont à la fois drôles et profondément dérangeantes. Pas de regard moralisateur d'adulte sur la jeunesse ici, mais un portrait juste, vu de l'intérieur, d'un monde où tout devient contenu, même l'horreur.

Sophie Wilde, un nom à retenir

Le cœur et le moteur du film, c'est Sophie Wilde, qui incarne Mia. On peut dire sans exagérer que tout repose sur ses épaules, et elle porte ce poids avec un naturel digne d'une actrice chevronnée. Mia n'a rien de l'héroïne d'horreur classique qui hurle avant de rendre coup pour coup. Elle est fragile, seule, désespérément en quête de lien, et Wilde construit tout cela par petites touches, à coups de gestes et de regards.

À ses côtés, Alexandra Jensen dans le rôle de Jade et Joe Bird dans celui de Riley sont tout aussi convaincants. Joe Bird marque particulièrement les esprits : le jeune acteur tient bon dans des scènes qui mettraient à l'épreuve plus d'un comédien adulte expérimenté. Otis Dhanji (Daniel), Zoe Terakes (Hayley), Chris Alosio (Joss) et Marcus Johnson (Max) campent avec justesse les différentes figures de la bande, à la fois attachantes et agaçantes, comme de vrais ados.

Et puis il y a Miranda Otto dans le rôle de Sue. L'Éowyn du Seigneur des anneaux représente ici le monde des adultes et, même avec peu de temps à l'écran, chacune de ses apparitions donne du poids au récit. Un choix judicieux : un visage connu et solide pour ancrer ce jeune casting.

Ce qui fonctionne vraiment : le deuil tapi sous la fête

Le plus grand tour de force de La Main, c'est de fonctionner parfaitement comme un film d'horreur pur et dur tout en parlant de tout autre chose. De ce qui pousse quelqu'un à revenir encore et encore vers ce qu'il sait nocif. La main est clairement bien plus qu'un objet maudit : elle peut être une addiction, une fuite, un moyen d'échapper à la solitude, un instant de connexion qui vaut mieux que rien.

Du coup, le film ne fait pas que faire peur, il fait mal. Certaines scènes m'ont laissé moins de frayeur qu'un sentiment triste et pesant. C'est rare dans le cinéma de genre actuel, qui se contente souvent d'effets choc bien huilés.

L'esthétique va dans le même sens. Les apparitions des esprits, les maquillages et les effets des possessions sont sobres mais glaçants, et les effets pratiques ont visiblement été privilégiés. Certaines scènes de violence sont si crues que j'ai détourné la tête malgré moi, ce qui ne m'arrive pas souvent.

Où le film trébuche-t-il un peu ?

Le film n'est pas parfait pour autant. Dans sa partie centrale, certains choix des personnages sont si irrationnels que j'ai haussé les sourcils, même à l'aune du genre. Bien sûr, ce sont des adolescents et c'est tout le propos, mais par moments, on sent le scénario pousser un peu trop commodément ses personnages vers le prochain cauchemar.

La mythologie autour de la main reste volontairement floue. Cela m'a peu gêné, je trouve même que c'est mieux ainsi, mais ceux qui aiment voir les règles et les origines clairement exposées risquent d'être déçus. Le film mise davantage sur les sensations que sur les explications.

Un avertissement important enfin : la violence n'est pas là pour décorer. Les amateurs d'une horreur plus douce, plus atmosphérique, pourraient trouver certains passages difficiles à encaisser. Ce n'est pas un défaut, mais mieux vaut le savoir avant d'en faire une petite séance légère du samedi soir.

Pour qui ?

Si vous aimez, regardez aussi : Hérédité (2018), It Follows (2014), L'Exorciste (1973), Nope (2022)

Questions fréquentes

De quoi parle La Main ?

Une bande de jeunes récupère une main embaumée qui permet d'entrer en contact avec les esprits. Le jeu devient l'attraction de leurs soirées, jusqu'à ce que l'un d'eux se laisse posséder trop longtemps et libère des forces terrifiantes.

Quand La Main est-il sorti en France ?

Le film est sorti dans les salles françaises le 26 juillet 2023.

Quelle est la durée de La Main ?

Le film dure 95 minutes.

Qui a réalisé La Main ?

Le film est réalisé par Michael Philippou et Danny Philippou.

Qui joue le rôle principal dans La Main ?

Sophie Wilde incarne Mia, l'héroïne, entourée notamment d'Alexandra Jensen, Joe Bird et Miranda Otto.

Vous saisissez la main, ou vous préférez sauter la fête ?

Moi, je la reprendrais volontiers, du moins dans une salle de cinéma. La Main fait partie de ces rares films d'horreur qui divertissent, effraient et bouleversent à la fois, servi par les jumeaux Philippou avec une telle assurance qu'on a du mal à croire qu'il s'agit de leur premier long métrage. La performance de Sophie Wilde vaut à elle seule le prix du billet, et le film vous trotte longtemps dans la tête. Indispensable pour les fans du genre ; quant à ceux qui apprivoisent l'horreur avec prudence, qu'ils se préparent : cette main ne lâche pas prise si facilement.

Note: 8,3/10 · Scénario 8 · Interprétation 9 · Réalisation 9 · Image 8 · Musique et son 8 · Émotion 8