Dune : Troisième partie, critique en avant-première : Villeneuve retourne dans le désert et joue son va-tout
Rares sont les cinéastes capables de redéfinir en deux films ce qu'on attend d'un blockbuster. Denis Villeneuve l'a fait avec les deux premiers volets de Dune. Le 15 décembre 2026 sort Dune : Troisième partie, et l'enjeu n'a jamais été aussi grand : pour clore une trilogie, il ne suffit plus d'éblouir, il faut arriver quelque part.
Sur le papier, c'est l'événement science-fiction de l'année. Si Villeneuve garde le cap, les écrans de cinéma vont de nouveau se couvrir de sable pour les fêtes.
Fiche du film
| Original | Dune: Part Three |
|---|---|
| Sortie en France | 15/12/2026 |
| Réalisation | Denis Villeneuve |
| Distribution | Timothée Chalamet, Jason Momoa, Zendaya, Rebecca Ferguson, Anya Taylor-Joy, Robert Pattinson |
| Genre | Films de science fiction |
| Pays | Films américains |
Retour sur Arrakis, pour la troisième fois
Précisons-le d'emblée : il s'agit d'une critique en avant-première. Personne n'a encore vu le film, et ce que vous lisez ici repose sur l'équipe, le casting et les deux films qui nous ont menés jusque-là. Je n'inventerai aucun détail d'intrigue, le studio n'en a d'ailleurs pas dévoilé grand-chose, et c'est très bien ainsi. Dans l'univers de Dune, la découverte fait la moitié du plaisir.
Ce que l'on sait avec certitude : le film arrive en salles le 15 décembre 2026, c'est une production américaine, un film de science-fiction, et Denis Villeneuve est de nouveau aux commandes. Ce dernier point, à lui seul, est déjà une demi-victoire. Dune (2021) et Dune : Deuxième partie (2024) ont prouvé que la science-fiction monumentale, lente et pourtant tendue n'avait pas disparu : elle attendait simplement quelqu'un d'assez audacieux pour s'en emparer. Villeneuve a eu cette audace, et le public l'a suivi en nombre, à la surprise générale.
Ce troisième volet n'est donc pas une simple suite. C'est le moment où l'on saura si la saga forme une œuvre cohérente et ambitieuse, ou seulement deux très beaux films suivis d'un tour de piste obligé. Je penche pour la première hypothèse, mais j'y reviens plus bas.
Un casting à rendre jaloux tous les directeurs de casting
Jetons un œil à la liste, qui ressemble déjà à une affiche de festival. Timothée Chalamet, Zendaya, Rebecca Ferguson, Javier Bardem, Jason Momoa et Florence Pugh : des visages familiers des épisodes précédents, qui ont tous démontré qu'entre les mains de Villeneuve, une star étincelante peut devenir un comédien grave et rigoureux. Chalamet, en particulier, a énormément grandi dans le rôle au fil des deux films, et je suis curieux de voir jusqu'où il peut encore pousser cette intensité froide et intériorisée.
Dans le deuxième volet, Zendaya était à mes yeux la boussole émotionnelle du film : dans chacune de ses scènes vibrait un doute têtu, terre à terre, qui contrebalançait le grand souffle prophétique. Si ce troisième chapitre s'appuie sur cette tension, il pourrait en naître des moments très forts.
Le vrai piment, bien sûr, vient des nouveaux noms. L'arrivée de Robert Pattinson a immédiatement fait dresser l'oreille des fans : c'est un acteur qui, ces dernières années, choisit volontiers les rôles étranges et imprévisibles, et qui laisse rarement indifférent. Je ne m'aventurerai pas à deviner qui il incarne, mais sa présence montre clairement que le film ne compte pas jouer la prudence. Anya Taylor-Joy figure aussi au générique, et elle fait partie de ces actrices capables d'inquiéter d'un simple regard. À leurs côtés apparaissent également Nakoa-Wolf Momoa et Ida Brooke, sur lesquels on sait encore peu de choses, ce qui fait aussi partie de la surprise.
Villeneuve, maître de la lenteur monumentale
On qualifie rarement les films de Villeneuve de nerveux, et tant mieux. Premier Contact, Blade Runner 2049 et les deux Dune reposent sur la même recette : des espaces immenses, des humains minuscules, des basses profondes, et des silences qui en disent plus que les dialogues. Chez lui, l'image n'est pas un décor, c'est le récit lui-même. Quand la chevauchée du ver des sables est enfin arrivée dans le deuxième volet, ce n'était pas une scène d'action, c'était presque une expérience religieuse.
Une telle autorité est difficile à construire, et plus difficile encore à conserver. Pour ce troisième film, la question est de savoir si Villeneuve peut encore surprendre avec le même langage visuel. Après deux films, le spectateur connaît les ficelles : l'architecture brutaliste, les paysages arides, les scènes de foule ritualisées. Si l'on retrouve exactement la même chose, ce sera magnifique, mais une partie de la magie risque de s'évaporer. J'espère que, pour un final, Villeneuve acceptera de prendre quelques risques, que ce soit dans le ton ou dans le rythme.
Ce qui pourrait en faire l'un des meilleurs films de l'année
S'il fallait résumer en une phrase pourquoi je l'attends autant : cette saga, chose rare, ne cherche pas à flatter le spectateur mais à le faire réfléchir. L'une des grandes qualités du deuxième volet était de ne pas servir le récit héroïque sans recul. Il y avait là une note froide, dérangeante, qui se demandait ce qui arrive quand une légende devient trop grande. Si ce troisième film poursuit cette piste, nous n'aurons pas une énième science-fiction spectaculaire, mais un film véritablement adulte et troublant.
- La continuité : même réalisateur, même casting principal, un luxe rare dans une franchise.
- Du sang neuf : Pattinson et Taylor-Joy peuvent apporter une énergie nouvelle à un univers déjà bien installé.
- Une sortie pour les fêtes : une date en décembre montre que le studio ne craint pas la concurrence.
Et puis il y a le son. Au moins la moitié de l'expérience Dune en salle tient à cet environnement sonore grondant, qui vous fait vibrer jusque dans le corps. Pour ce volet aussi, je conseille la plus grande salle et le meilleur système audio possibles, car ici le son n'accompagne pas : il se vit physiquement.
Où pourrait-il s'enliser dans le sable ?
Je ne veux pas me contenter de m'enthousiasmer, car ce troisième volet est le plus risqué de la trilogie. D'abord, les chapitres finaux reçoivent rarement autant d'affection que les ouvertures. Le spectateur s'est habitué à l'univers, et il n'attend plus la surprise mais l'accomplissement. La pression est énorme.
Ensuite, la distribution est longue. Beaucoup de grands noms, beaucoup de fils narratifs, et le style de Villeneuve ne se prête pas à la précipitation. Si chacun obtient un temps d'écran digne de ce nom, le film risque de s'étirer ; si quelqu'un est relégué au second plan, les fans ne le pardonneront pas. Dans les épisodes précédents déjà, certains ont eu le sentiment que tel ou tel excellent acteur ne servait que de figurant de luxe.
Enfin, le ton froid et distant de la saga ne plaît pas à tout le monde. Ceux qui trouvaient le deuxième volet beau mais peu touchant ont peu de chances de fondre en larmes cette fois. Ce n'est pas un défaut, c'est une identité, mais mieux vaut savoir à quoi s'attendre en entrant dans la salle.
Pour qui ?
- Pour vous si : Pour celles et ceux qui ont aimé les deux premiers volets et veulent voir sur grand écran la conclusion d'une épopée de science-fiction moderne. Incontournable pour les amateurs de films lents, atmosphériques et qui donnent à réfléchir.
- Passez votre chemin si : Ceux qui rêvent d'un film de super-héros rythmé et bourré de vannes, ou qui s'ennuyaient déjà devant les longs silences des épisodes précédents, ont peu de chances d'être conquis cette fois.
Si vous aimez, regardez aussi : Dune (2021), Dune : Deuxième partie (2024), Blade Runner 2049 (2017), Premier Contact (2016), Lawrence d'Arabie (1962)
Questions fréquentes
Quand sort Dune : Troisième partie en France ?
Le film sort dans les salles françaises le 15 décembre 2026.
Qui réalise Dune : Troisième partie ?
Le film est réalisé par Denis Villeneuve, qui a également signé les deux premiers volets.
Qui joue dans Dune : Troisième partie ?
On retrouve notamment Timothée Chalamet, Zendaya, Jason Momoa, Rebecca Ferguson, Anya Taylor-Joy, Robert Pattinson, Florence Pugh, Javier Bardem, Nakoa-Wolf Momoa et Ida Brooke.
De quel genre est le film et d'où vient-il ?
Dune : Troisième partie est un film de science-fiction américain.
Faut-il affronter la tempête de sable pour les fêtes ?
Selon moi, oui, sans hésiter. À chaque étape, Villeneuve a prouvé que la science-fiction à gros budget pouvait être artistique, sérieuse et malgré tout populaire. Ce troisième volet en sera l'épreuve : s'il offre une conclusion à la hauteur, les Dune resteront comme la trilogie marquante de la décennie. Sinon, nous aurons tout de même un spectacle saisissant, qui vaut à lui seul plus que la moitié de ce que proposent les salles. Pour ma part, je réserverais dès maintenant une place devant le plus grand écran, dans la salle la plus puissante. Mes attentes sont élevées, et j'espère sincèrement ne pas devoir les revoir à la baisse en décembre.
