Runner, la critique : Alan Ritchson court pendant trois heures, Owen Wilson le gêne, et c'est justement ce qui marche
Trois heures, une glacière et tout un cartel aux trousses : difficile d'imaginer un point de départ plus limpide pour un film d'action. Runner ne cherche pas à réinventer le genre. Il appuie sur l'accélérateur et installe au volant un homme que, depuis Reacher, il paraît presque illégal d'arrêter. À ses côtés, Owen Wilson, qui ne joue pas cette fois le sauveur mais le poids encombrant livré avec le colis.
Un thriller d'action simple, rapide et honnêtement fabriqué, qui donne exactement ce qu'il promet, ni plus ni moins.
Fiche du film
| Réalisation | Scott Waugh |
|---|---|
| Distribution | Alan Ritchson, Owen Wilson, Rodrigo Santoro, Peta Sergeant, Geraldine Hakewill, Goran D. Kleut |
| Genre | Thrillers d'action |
| Pays | Films australiens, Films anglais, Films américains |
De quoi ça parle ? Un organe, une fillette, un compte à rebours
Hank Malone (Alan Ritchson) est le meilleur dans sa partie : quand quelque chose doit arriver à destination, c'est lui qu'on appelle. Cette fois, il ne s'agit ni d'une enveloppe de billets ni de documents confidentiels, mais d'un organe dont une fillette de sept ans a besoin de toute urgence pour une greffe. Hank dispose de trois heures. Sur le papier, une mission de routine. Dans les faits, elle devient vite mortelle, car le chef d'une organisation criminelle redoutée réclame lui aussi cet organe et n'a aucune intention d'y renoncer.
Comme si cela ne suffisait pas, Hank ne part pas seul. On lui adjoint Ben Bishop (Owen Wilson), un coursier médical dont il se serait volontiers passé. On le comprend : celui qui n'avait jusqu'ici que son propre dos à surveiller doit désormais veiller sur deux. Voilà pour le point de départ, et honnêtement, il n'en faut pas plus. Le scénario ne complique rien, les dés sont jetés, l'horloge tourne.
L'urgence comme moteur : pourquoi la recette fonctionne
Le film d'action à compte à rebours est l'une des ficelles les plus anciennes et les plus payantes du genre. Quand le spectateur a une horloge qui tourne dans la tête, chaque feu rouge, chaque impasse, chaque mauvaise décision fait deux fois plus mal. Runner le sait parfaitement et utilise ses trois heures non pas comme un décor, mais comme une pression constante. Surtout, l'enjeu n'a rien d'abstrait : ni le sort du monde, ni celui d'une ville, mais la vie d'une seule enfant. Ce genre d'enjeu modeste et intime accroche souvent bien plus fort que n'importe quelle apocalypse de super-héros.
L'idée du transport d'organe ajoute en plus une petite touche morbide : le colis n'est pas un objet, c'est la chance de survie de quelqu'un. Qu'un criminel le convoite aussi installe aussitôt une tension morale, puisque des deux côtés, cet organe signifie une vie. Le film ne s'aventure pas sur le terrain philosophique, ce n'est pas son rôle, mais l'idée reste là, en arrière-plan, et donne un peu de poids à toute cette course effrénée.
Ritchson et Wilson : le colosse bourru et le compagnon de route imposé
Depuis la série Reacher, Alan Ritchson est devenu l'une des valeurs les plus sûres du genre, et ce n'est pas un hasard : sa seule présence physique est une menace, mais il possède aussi un humour sec et retenu qui l'empêche de n'être qu'un meuble au milieu des explosions. Le rôle de Hank Malone semble taillé pour lui : le professionnel solitaire qui ne veut pas de partenaire, c'est clairement son terrain de jeu.
Le vrai coup intéressant, c'est Owen Wilson. On le connaît surtout pour ses comédies et ses personnages un peu hésitants, un peu rêveurs, de Serial noceurs à Zoolander. Le voir en partenaire forcé dans un thriller musclé crée d'emblée une belle friction : deux énergies, deux rythmes radicalement différents dans la même voiture. Loi éternelle du buddy movie, les deux hommes commencent par se détester, et Ben Bishop est sur le papier exactement le type dont Hank a le moins besoin. C'est ce frottement qui donne son âme au film, et à mon sens, la présence de Wilson est le choix de casting le plus malin de l'ensemble.
Parmi les seconds rôles, Rodrigo Santoro sort du lot : le Xerxès de 300, vu aussi dans Westworld, apporte toujours du charisme. Au générique figurent également Peta Sergeant, Geraldine Hakewill, Goran D. Kleut et Leila George. La coproduction australienne, britannique et américaine se ressent dans la distribution, agréablement mélangée, loin du défilé habituel de visages hollywoodiens.
Scott Waugh au volant
Ce n'est pas un hasard si Scott Waugh occupe ce fauteuil. Le réalisateur de Need for Speed vient du monde des cascadeurs, et cela se voit dans son travail : il est chez lui dès qu'il faut accélérer, dès que la caméra épouse le mouvement. Son film précédent, Expendables 4, avait reçu un accueil mitigé, j'étais donc curieux de voir ce qu'il ferait d'une idée plus resserrée et plus ciblée.
Ma réponse : mieux que ce que j'attendais. Une histoire pareille n'a pas besoin de dizaines de stars ni d'un complot planétaire, il lui suffit d'un objectif clair et d'un réalisateur qui sait tenir un rythme. Waugh est exactement cela : il ne joue pas les artistes, ne cherche pas à faire un film d'auteur avec un film de genre, il garde simplement l'élan. Ceux qui attendent de lui un drame psychologique fouillé se trompent d'adresse. Ceux qui veulent de l'action artisanale se sentiront chez eux.
Là où ça coince : les ornières bien connues du genre
Ne nous racontons pas d'histoires : Runner ne surprendra personne ayant déjà vu quelques films du même tonneau. L'enfant malade, le cartel impitoyable, le partenaire réticent : autant d'éléments bien rodés que le film ne cherche pas vraiment à détourner. Le camp des méchants est un peu convenu, les moments dramatiques réclament parfois nos larmes avec insistance, et on sent par endroits que le scénario se précipite vers la prochaine scène d'action plutôt que vers l'intériorité de ses personnages.
Précisons aussi qu'il ne s'agit pas d'une aventure familiale, mais d'un film d'action dur et assez violent. Celui qui viendrait pour une parade comique à la Owen Wilson, attiré par son nom, risque d'être surpris. Ici, l'humour est un assaisonnement, pas le plat principal.
Pour qui ?
- Pour vous si : Pour les amateurs de films d'action tendus à compte à rebours, les fans de Reacher, et tous ceux qui se demandent comment Owen Wilson s'en sort dans un thriller musclé.
- Passez votre chemin si : Pour ceux qui cherchent une histoire originale pleine de rebondissements ou un drame psychologique profond, ainsi que pour ceux qui fuient les films d'action violents.
Si vous aimez, regardez aussi : Speed (1994), Le Transporteur (2002), Hyper Tension (2006), Need for Speed (2014)
Questions fréquentes
De quoi parle Runner ?
Hank Malone, coursier d'élite, doit livrer un organe en trois heures pour sauver une fillette de sept ans, mais le chef d'une redoutable organisation criminelle convoite lui aussi cet organe. Il est accompagné dans sa course par Ben Bishop, coursier médical.
Qui joue dans Runner ?
Alan Ritchson et Owen Wilson tiennent les rôles principaux, aux côtés de Rodrigo Santoro, Peta Sergeant, Geraldine Hakewill, Goran D. Kleut et Leila George.
Runner convient-il aux enfants ?
Pas vraiment : c'est un thriller d'action dur, avec des scènes violentes, qui s'adresse plutôt à un public adulte.
Qui a réalisé Runner ?
Le film est réalisé par Scott Waugh.
Faut-il embarquer pour cette course de trois heures ?
Si vous cherchez une séance de cinéma pour un soir de semaine, oui. Runner n'est pas le film de l'année et n'a aucune envie de l'être, mais c'est un thriller d'action honnêtement fabriqué, bien rythmé, porté par un duo d'acteurs qu'on n'attendait pas ensemble. Alan Ritchson livre ce qu'on attend de lui, et Owen Wilson apporte juste assez de friction pour qu'on ne regarde pas une énième cavale en solitaire. Pas de révélation fracassante à espérer, mais si le genre vous plaît, ces trois heures passeront bien plus vite pour vous que pour Hank derrière son volant.
