Sunny Dancer, critique en avant-première : ados malades, camp de chimio et une comédie qui ose
Une comédie sur le cancer, avec des ados, dans une colonie de vacances : sur le papier, la phrase sonne à la fois comme une idée géniale et comme un suicide artistique. Sunny Dancer veut danser précisément sur ce fil, et vu son casting, le pari n'a rien de perdu d'avance. Reste à savoir si la chorégraphie tiendra, ou si l'on aura droit à la sempiternelle recette lacrymale sous un nouvel emballage.
Un casting solide et un sujet casse-gueule : si le film ose vraiment rire, il pourrait être l'une des jolies surprises de l'année.
Fiche du film
| Réalisation | George Jaques |
|---|---|
| Distribution | James Norton, Ruby Stokes, Bella Ramsey, Neil Patrick Harris, Jessica Gunning, Conrad Khan |
| Genre | Comédies |
| Pays | Films anglais, Films allemands |
De quoi ça parle ? La chimio, mais en colo
L'héroïne s'appelle Ivy, elle a 17 ans et des soucis plein les bras : elle se bat contre un cancer. Ses parents en rajoutent une couche en l'inscrivant dans un camp d'été qu'elle surnomme sans détour le « camp de chimio ». Rien qu'à ce surnom, on devine que le film ne lorgne pas vers les nappes de piano funèbres, mais plutôt vers l'humour adolescent, pince-sans-rire et yeux levés au ciel.
Sur place, Ivy atterrit au milieu d'une bande de marginaux qui, contre toute attente, deviennent ses amis, le tout pour un été qu'elle n'oubliera jamais. Voilà ce qu'on sait, et honnêtement, ça suffit. Le schéma est connu : une héroïne récalcitrante, une communauté imposée, une glace qui fond peu à peu. Ce qui fera la différence, ce n'est pas le point de départ, mais l'audace dont sauront faire preuve les auteurs.
Le casting, la vraie raison de garder l'œil ouvert
Soyons francs : une comédie ado anglo-allemande inconnue pourrait facilement passer inaperçue au milieu des sorties de la saison, si de tels noms ne figuraient pas sur l'affiche. Depuis Game of Thrones, Bella Ramsey a prouvé qu'elle était imbattable dans les rôles de filles rebelles à la langue bien pendue, et depuis The Last of Us, le grand public sait quel poids elle peut donner à un personnage.
James Norton fait partie de ces acteurs capables de rendre crédible n'importe quoi, du héros romantique aux figures franchement inquiétantes. Le nom de Neil Patrick Harris, lui, garantit presque depuis How I Met Your Mother que quelqu'un à l'écran sait exactement où placer une vanne. Quant à Jessica Gunning, elle a signé avec Mon petit renne l'une des performances britanniques les plus marquantes de ces dernières années : si le film lui laisse ne serait-ce que la moitié de cet espace, le jeu en vaudra la chandelle.
À leurs côtés, on retrouve Ruby Stokes, Conrad Khan et Shalom Brune-Franklin, une génération plus jeune sur laquelle pourra reposer la crédibilité de la bande de marginaux. Qui joue qui ? Les informations officielles ne l'ont pas encore précisé, donc je ne m'aventurerai pas à deviner. Une chose est sûre : un film d'ados démarre rarement avec autant de talent sous la main.
George Jaques et le risque de la mise en scène
Le film est réalisé par George Jaques, et c'est là que se trouve le point d'interrogation. Sur un tel sujet, le réalisateur est la personne la plus importante de l'équipe : c'est à lui de décider quand on a le droit de rire et quand il faut laisser le silence faire son œuvre. Trop prudent, le film devient mièvre ; trop audacieux, il tombe dans le mauvais goût.
Tout ce qu'on peut espérer, c'est qu'on ne se retrouve pas face à un feel-good aseptisé façon séance de prévention au lycée, mais devant quelque chose de plus brut, de plus sincère, peut-être même de plus grossier. Ce serait une excellente nouvelle : les jeunes qui vivent avec la maladie ne parlent pas non plus de leur sort avec politesse.
Ce qui pourrait marcher : le rire comme stratégie de survie
La comédie sur la maladie n'a rien d'un genre nouveau, et quand elle fonctionne, elle fonctionne très bien. Les meilleures ont compris que l'humour n'est pas un manque de respect, mais une forme d'autodéfense. Quiconque a déjà attendu dans un couloir d'hôpital sait que c'est là qu'on entend les phrases les plus sombres et les plus drôles.
- La dynamique de groupe : la bande de marginaux est un ressort classique, mais payant si chaque personnage a sa propre personnalité.
- L'humour britannique : les comédies d'outre-Manche savent depuis longtemps servir la douleur sèche et caustique.
- Les adultes : si Norton, Harris et Gunning ne font pas que de la figuration, le film pourra montrer aussi le point de vue des parents et des soignants.
- L'ambiance estivale : le camp porte en lui un sentiment de liberté et de parenthèse, doublement fort dans une histoire comme celle-ci.
Où ça pourrait déraper ? L'ombre du modèle Netflix
Le plus grand danger, c'est que le film rentre dans le rang. Des histoires d'« ado récalcitrante qui trouve ses amis le temps d'un été », on en a vu tellement que le spectateur peut presque annoncer les rebondissements à l'avance. Si Sunny Dancer se contente de suivre ce chemin balisé, ses acteurs auront beau être excellents, le film s'oubliera vite.
Deuxième piège : le changement de ton. Ce genre de film est souvent une comédie ado drôle et enlevée pendant une heure, avant de tirer brusquement le frein à main au troisième acte pour la séquence émotion obligatoire. Ce n'est pas forcément un problème, à condition que tout ait été bien construit en amont. Quand les larmes sont fabriquées plutôt que méritées, le spectateur le sent.
Troisième question : les membres de la bande seront-ils de vraies personnes, ou de simples traits de caractère ? Dans les œuvres les plus faibles du genre, les seconds rôles ne servent qu'à faire évoluer l'héroïne. Avec un tel casting, ce serait un vrai gâchis.
Pour qui ?
- Pour vous si : À ceux qui aiment l'humour britannique grinçant, les films d'ados où l'on rit en pleurant, et à ceux qui iraient voir n'importe quoi pour Bella Ramsey ou Jessica Gunning.
- Passez votre chemin si : Si la maladie est en ce moment un sujet trop proche de vous, ou si la trajectoire prévisible des teen dramas vous agace d'office, mieux vaut attendre les premiers avis.
Si vous aimez, regardez aussi : Nos étoiles contraires (2014), This Is Not a Love Story (2015), 50/50 (2011), Little Miss Sunshine (2006)
Questions fréquentes
Quand sort Sunny Dancer en France ?
Aucune date de sortie française n'a été communiquée pour le moment.
De quoi parle Sunny Dancer ?
Ivy, 17 ans, se bat contre un cancer. Ses parents l'inscrivent dans un camp d'été qu'elle surnomme le « camp de chimio ». Là-bas, au milieu d'une bande de marginaux, elle se fait des amis contre toute attente et vit un été inoubliable.
Qui joue dans Sunny Dancer ?
James Norton, Ruby Stokes, Bella Ramsey, Neil Patrick Harris, Jessica Gunning, Conrad Khan et Shalom Brune-Franklin.
Qui a réalisé le film ?
Cette comédie anglo-allemande est réalisée par George Jaques.
Prêt à passer un été au camp de chimio ?
Moi, j'y vais, et pas seulement par devoir. Le sujet de Sunny Dancer est délicat, le genre est encombré, mais le casting est si solide qu'il suffit à lui seul à nourrir l'espoir. Si George Jaques se montre courageux et assume un ton plus libre et plus brut, ce film pourrait rejoindre ces rares œuvres dont on sort en riant et en reniflant un peu. S'il joue la prudence, on aura droit à un film d'ados attachant mais vite oublié. Mon pronostic : une confiance prudente, mais bien réelle. Rendez-vous en salle pour savoir qui avait raison.
