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Critique · Sortie : 30/11/2022

Violent Night, critique : le père Noël de David Harbour n'apporte pas de cadeaux, il apporte un marteau

Films canadiensFilms américainsFilms d'actionComédiesFilms de Noël

Il y a les films de Noël qu'on regarde en famille sous le plaid, et il y a Violent Night, qu'on évitera de lancer devant les petits. Tommy Wirkola a pris le père Noël, lui a offert une très mauvaise soirée, une bande de mercenaires et le visage de David Harbour, puis a laissé le réveillon virer au carnage. Ce n'est ni subtil ni malin, mais c'est un vrai plaisir coupable.

6,7/10
Note
Une comédie d'action de Noël insolente, sanglante et franchement hilarante, qui tient exactement les promesses de son titre, ni plus ni moins.
Scénario
6
Interprétation
8
Réalisation
7
Image
7
Musique et son
6
Émotion
6

La note globale est la moyenne des six critères.

Fiche du film

Sortie en France30/11/2022
RéalisationTommy Wirkola
DistributionDavid Harbour, John Leguizamo, Beverly D'Angelo, Alex Hassell, Alexis Louder, Edi Patterson
GenreFilms d'action, Comédies
Durée112 min
ClassificationU
PaysFilms canadiens, Films américains

De quoi ça parle ? Des cambrioleurs au pied du sapin

Le point de départ est d'une simplicité désarmante, et c'est sa force. Le soir de Noël, une équipe de mercenaires s'introduit chez une famille fortunée et prend tout le monde en otage. Sur le papier, le plan est parfait : des professionnels, des armes, des millionnaires terrorisés. Sauf que ces messieurs ont oublié un détail. Le père Noël est justement dans la maison.

Et ce père Noël n'a rien du grand-père joufflu qui grignote des biscuits dans les pubs. Le film promet de nous montrer que ce nom ne cache pas forcément un saint. Inutile d'en savoir davantage sur l'intrigue, et honnêtement, le film ne cherche pas à être beaucoup plus compliqué. On n'est pas là pour les rebondissements. La seule question qui compte, c'est comment, et combien de décorations de Noël vont se transformer en armes au passage.

L'idée ne sort évidemment pas de nulle part. Quiconque a vu Piège de cristal reconnaîtra tout de suite la charpente : un lieu clos, des otages, un héros solitaire et cabossé qui élimine les méchants un par un. La seule différence, c'est qu'ici le héros porte la barbe, un manteau rouge, et tient une liste de ceux qui n'ont pas été sages cette année.

David Harbour, le père Noël grognon idéal

S'il ne fallait retenir qu'une raison de voir Violent Night, ce serait David Harbour. Depuis le shérif Hopper de Stranger Things, on sait que les personnages fatigués, ronchons mais tendres au fond lui vont à merveille, et il pousse ici ce registre jusqu'au bout. Son père Noël est usé, cynique, visiblement peu emballé par son boulot. Puis, quand les circonstances l'exigent, on découvre qu'il manie le marteau avec autant d'aisance que la hotte.

Le grand mérite de Harbour, c'est de prendre l'absurdité au sérieux. Pas de clins d'œil permanents à la caméra, pas de parodie. Dans les scènes physiques, il paraît lourd et réellement dangereux, et dans les moments plus calmes, il dégage quelque chose d'étonnamment humain. C'est pour ça que le film fonctionne : s'il ne croyait pas à son personnage, nous non plus.

Les autres : Scrooge, la grand-mère et la petite fille

John Leguizamo incarne le chef des mercenaires, qui répond au nom très parlant de Scrooge. Leguizamo sait rendre un méchant à la fois menaçant et un brin ridicule, et il ne se prive pas de cabotiner avec gourmandise. Ce n'est pas un grand méchant tout en nuances, mais ce n'est pas ce qu'on lui demande : son rôle, c'est de nous faire attendre avec impatience que le père Noël lui tombe dessus.

À la tête de la riche famille, on trouve la Gertrude de Beverly D'Angelo, et le casting cache déjà un joli clin d'œil : on se souvient d'elle dans Le sapin a les boules, le chaos de Noël n'est donc pas un territoire inconnu pour elle. La parentèle nombreuse est assurée par Alex Hassell (Jason), Alexis Louder (Linda), Edi Patterson (Alva) et Cam Gigandet (Morgan Steel), qui servent surtout de cibles à la satire : une famille de nantis qu'on ne plaint pas forcément quand les ennuis arrivent.

Le vrai point d'ancrage émotionnel du film, c'est pourtant Trudy, jouée par la jeune Leah Brady. C'est elle qui apporte ce cœur de Noël sans lequel Violent Night ne serait qu'un long bain de sang. La rencontre entre la foi d'une enfant et un père Noël désabusé offre au film sa veine la plus inattendue, à moitié sérieuse.

Tommy Wirkola et le massacre plein de tendresse

Ce n'est pas un hasard si le Norvégien Tommy Wirkola a hérité du projet. Après les zombies nazis de Dead Snow et Hansel et Gretel : Witch Hunters, on connaît son terrain de jeu favori : le mariage du sang et du rire. Wirkola n'a pas peur de l'excès ni du mauvais goût, il cherche même délibérément ce moment où le spectateur grimace et rit en même temps.

Les scènes d'action de Violent Night sont inventives et, surtout, ludiques. Les accessoires de Noël ne sont pas de simples éléments de décor mais de véritables outils, et Wirkola prend un plaisir évident à détourner chaque motif familier des fêtes. Ce n'est pas une mise en scène d'auteur, et elle n'en a aucune prétention, mais le rythme est là et la majeure partie des 112 minutes file à toute allure.

La violence, en revanche, n'a rien d'un accessoire. Le film assume pleinement son côté gore, ses gags à base de membres arrachés et de brutalité décomplexée, et ceux qui s'attendent à une petite comédie d'action de Noël bien sage risquent d'être surpris.

Où le traîneau dérape-t-il ?

Comme la plupart des exercices de genre de ce type, Violent Night est à son plus faible quand il essaie de se prendre au sérieux. Le passé du père Noël et les drames internes de la famille sont plus fonctionnels que mémorables, et la satire des riches manque de mordant : ils restent assez caricaturaux et surprennent rarement.

Le film connaît aussi un petit coup de mou en milieu de parcours, quand il ressert plusieurs fois la même blague, et la bande de méchants est plutôt monolithique : à part Leguizamo, peu de visages marquent. La musique et l'ambiance sonore font le travail, l'utilisation ironique des tubes de Noël amuse sans révolutionner quoi que ce soit.

Mais ce sont des défauts que le public visé pardonnera sans problème. Violent Night ne prétend pas entrer au panthéon des classiques de Noël. Il vise plutôt à devenir le clou d'une soirée de décembre entre potes, bière à la main. Et dans ce rôle, il fait des merveilles.

Pour qui ?

Si vous aimez, regardez aussi : Piège de cristal (1988), Bad Santa (2003), Dead Snow (2009), Mr. & Mrs. Smith (2005), Nobody (2021)

Questions fréquentes

Quand Violent Night est-il sorti en France ?

Violent Night est sorti dans les salles françaises le 30 novembre 2022.

De quoi parle Violent Night ?

Le soir de Noël, une équipe de mercenaires prend en otage une riche famille dans sa propriété. Mais ils n'avaient pas prévu que le père Noël serait sur place, et qu'il interviendrait de façon pas très catholique.

Quelle est la durée de Violent Night ?

Le film dure 112 minutes.

Peut-on regarder Violent Night avec des enfants ?

Non. Malgré son thème de Noël, c'est un film pour adultes, truffé de violence brutale et sanglante.

Qui joue le père Noël dans Violent Night ?

Le père Noël est incarné par David Harbour, tandis que John Leguizamo joue Scrooge, le chef des mercenaires.

Qui a réalisé Violent Night ?

Le film est signé par le Norvégien Tommy Wirkola. Il s'agit d'une production canado-américaine.

Faut-il ajouter Violent Night à votre liste de Noël ?

Si votre marathon de films de décembre manque d'un peu de sang, d'un peu d'insolence et d'un David Harbour qui fait tournoyer son marteau comme s'il s'y était préparé toute sa vie, alors oui, absolument. Violent Night n'est ni intelligent ni profond, et il ne cherche pas à l'être, mais il assume crânement sa folie, ce qui vaut bien plus aujourd'hui que beaucoup de films de fêtes prudents et tièdes. Entre adultes, avec des amis et un verre de vin chaud à la main, difficile de trouver meilleure bêtise de Noël. Pensez juste à coucher les enfants avant.

Note: 6,7/10 · Scénario 6 · Interprétation 8 · Réalisation 7 · Image 7 · Musique et son 6 · Émotion 6