Wild Horse Nine, critique en avant-première : Martin McDonagh retrouve Sam Rockwell, et c'est déjà une fête
Même rêvé au comptoir d'un bar après trois bières, un générique pareil n'aurait pas pu être meilleur. La nouvelle comédie de Martin McDonagh, Wild Horse Nine, réunit à l'écran Sam Rockwell, Steve Buscemi, Parker Posey, John Malkovich et Tom Waits. Il faudra patienter jusqu'au 4 novembre, mais ici, l'attente fait déjà la moitié du plaisir.
Sur le papier, l'une des comédies d'auteur les plus culottées de l'année, et la carrière de McDonagh nous donne toutes les raisons de lui faire confiance.
Fiche du film
| Sortie en France | 04/11/2026 |
|---|---|
| Réalisation | Martin McDonagh |
| Distribution | Sam Rockwell, Steve Buscemi, Parker Posey, John Malkovich, Tom Waits, Mariana Di Girolamo |
| Genre | Comédies |
| Classification | 12 |
| Pays | Films américains, Films anglais |
Que sait-on de Wild Horse Nine pour l'instant ?
Commençons par un aveu : à un mois de la sortie, on ne sait pas grand-chose de l'intrigue, et je ne vais pas inventer une histoire simplement pour avoir de quoi écrire. Ce qui est certain : Wild Horse Nine est une comédie coproduite par les États-Unis et le Royaume-Uni, réalisée par Martin McDonagh, et elle sort dans les salles françaises le 4 novembre 2026.
C'est tout. Et franchement ? Avec McDonagh, cela suffit largement pour cocher la date dans son agenda. C'est le genre de cinéaste chez qui l'étiquette « comédie » ne promet jamais un divertissement léger pour dimanche après-midi. Chez lui, le rire se glisse toujours à côté de quelque chose de plus sombre, de plus gênant, de plus humain, et le spectateur ne sait souvent plus très bien s'il a le droit de s'esclaffer. Le titre lui ressemble : il sonne à la fois comme un western sauvage et comme une drôle d'absurdité, un peu comme le nom d'une légende de comptoir. Ce qui se cache derrière, on le découvrira en salle.
McDonagh, maître irlandais de l'humour noir
Ceux qui ont vu Bons baisers de Bruges savent de quoi je parle. Deux tueurs à gages coincés dans une petite ville belge, et un film à la fois drôle, déchirant et brutal. Puis est venu 7 Psychopathes, qui retournait ouvertement le film de gangsters, ensuite 3 Billboards : Les Panneaux de la vengeance, comédie du deuil et de la colère, et enfin Les Banshees d'Inisherin, où la rupture entre deux amis prenait des allures d'épopée tragicomique.
Un point commun traverse tous ses films : le dialogue. Ses personnages ne parlent pas, ils manient la lame. Ils héritent de répliques qu'on cite pendant des semaines, à la fois crues et étonnamment tendres. Si Wild Horse Nine est écrit moitié aussi bien que ses films précédents, on tient déjà l'une des comédies les mieux dialoguées de l'année.
L'autre signature de McDonagh, ce sont les ruptures de ton. Une scène vire au burlesque tonitruant, la suivante montre quelqu'un s'effondrer en silence. C'est un exercice risqué, mais jusqu'ici il a presque toujours réussi son coup. Je suis curieux de voir jusqu'où il va pousser le curseur vers la comédie cette fois, puisque le film est clairement présenté comme tel.
Un casting qui est un genre à lui seul
Regardons cette liste de noms de plus près, car elle mérite vraiment un paragraphe à part :
- Sam Rockwell : l'homme de confiance de McDonagh. Il crevait l'écran dans 7 Psychopathes et a décroché l'Oscar pour 3 Billboards. Si quelqu'un sait dire du McDonagh de façon à la fois inquiétante et ridicule, c'est bien lui.
- Steve Buscemi : le roi des losers nerveux au débit de mitraillette, dont une seule expression en dit plus que le monologue entier d'un autre.
- Parker Posey : une icône du cinéma indépendant américain, toujours mémorable dans les personnages excentriques et survoltés.
- John Malkovich : inutile de le présenter. Sa voix, son tempo, son calme étrange s'emparent de n'importe quelle scène.
- Tom Waits : le musicien acteur, déjà passé chez McDonagh dans 7 Psychopathes. Voix éraillée, présence tordue, mythologie pure.
À leurs côtés figurent Mariana Di Girolamo, Ailín Salas et Paola Giannini, des noms moins familiers du public français. On ignore encore quels rôles elles tiennent, mais leur présence promet une couleur intéressante dans cette galerie de personnages. Une chose est sûre : dans une telle compagnie, personne ne va s'ennuyer devant la caméra.
Ce qui m'enthousiasme vraiment, c'est cette équipe de rêve de comédiens de caractère. Pas une seule star lisse et aseptisée ici. Chacun est impossible à confondre avec quelqu'un d'autre, et c'est précisément pour ce genre d'acteurs que McDonagh aime le plus écrire.
Qu'est-ce qui pourrait en faire une grande réussite ?
Trois raisons me rendent franchement optimiste.
D'abord, l'histoire commune du cinéaste et de son acteur principal. L'alchimie entre Rockwell et McDonagh a déjà fonctionné deux fois, et rares sont les duos où le réalisateur sait aussi précisément ce qu'il peut tirer de son comédien. Ensuite, le casting semble taillé pour l'humour noir. Buscemi, Malkovich, Waits, Posey : voilà des décennies qu'ils incarnent les excentriques, l'aristocratie des perdants. Enfin, McDonagh ne fait pas dans la production à la chaîne. Il ne sort pas un film par an, il peaufine chacun de ses projets, et cela se voit à l'arrivée.
Si tout s'aligne, on pourrait tenir une comédie qui fait rire aux éclats et serrer les dents en silence dans le même mouvement. Bien peu de films offrent encore ce genre d'expérience.
Où le film pourrait-il trébucher ?
Je manquerais d'honnêteté si je me contentais de jubiler. Une distribution aussi chargée comporte toujours un risque : certains acteurs pourraient n'avoir droit qu'à une apparition éclair, et le spectateur quitterait la salle avec un goût de trop peu. Avec cinq comédiens aussi marqués, difficile d'offrir à chacun un vrai espace.
L'autre danger, c'est que le style McDonagh tourne à la redite. 7 Psychopathes commentait déjà un peu son propre système, et si Wild Horse Nine se résume à un défilé de figures bizarres posées côte à côte, l'effet pourrait s'émousser. Enfin, ceux qui s'attendent à une comédie familiale tranquille sur la foi de l'étiquette risquent d'être surpris. L'humour de McDonagh n'a jamais été pour tout le monde.
Pour qui ?
- Pour vous si : Pour tous ceux qui ont aimé Bons baisers de Bruges, 7 Psychopathes ou 3 Billboards, et qui préfèrent l'humour noir porté par les dialogues aux gags appuyés.
- Passez votre chemin si : Pour qui cherche un divertissement léger et sans risque, ou n'aime pas qu'une comédie réserve aussi des moments cruels et inconfortables.
Si vous aimez, regardez aussi : Bons baisers de Bruges (2008), 7 Psychopathes (2012), 3 Billboards : Les Panneaux de la vengeance (2017), Les Banshees d'Inisherin (2022), Fargo (1996)
Questions fréquentes
Quand Wild Horse Nine sort-il au cinéma en France ?
Le film sort dans les salles françaises le 4 novembre 2026.
Qui a réalisé Wild Horse Nine ?
Le film est réalisé par Martin McDonagh.
Qui joue dans Wild Horse Nine ?
Les principaux interprètes sont Sam Rockwell, Steve Buscemi, Parker Posey, John Malkovich, Tom Waits, Mariana Di Girolamo, Ailín Salas et Paola Giannini.
À quel genre appartient Wild Horse Nine ?
Wild Horse Nine est une comédie.
De quelle nationalité est Wild Horse Nine ?
C'est une coproduction américaine et britannique.
Faut-il entourer le 4 novembre dans son agenda ?
À mon avis, oui, et au gros feutre. Martin McDonagh est l'un des auteurs les plus fiables de ces quinze dernières années, il n'a jamais signé de film vraiment faible, et il dispose ici d'un casting pour lequel d'autres réalisateurs donneraient un bras. Bien sûr, il s'agit d'une critique en avant-première : le vrai verdict tombera après la projection. Mais si l'humour noir, les dialogues tranchants et les personnages excentriques sont votre truc, Wild Horse Nine a de bonnes chances de devenir l'une des séances incontournables de l'automne. Ma note attendue : un solide 8, avec la porte ouverte vers le haut.
