Paper Tiger, critique en avant-première : James Gray retrouve les gangsters, cette fois avec Adam Driver
Il y a des cinéastes dont le seul nom suffit : on ne pose pas de questions, on note la date dans l'agenda. James Gray est de ceux-là. Paper Tiger arrive dans les salles françaises le 25 novembre 2026, et même si l'on ne sait presque rien de son intrigue, le générique à lui seul en fait l'un des films les plus prometteurs de cette fin d'année. Adam Driver, Scarlett Johansson et Miles Teller dans un film de gangsters signé James Gray : sur le papier, on tient plutôt un lion qu'un tigre.
Sur le papier, Paper Tiger est l'une des sorties les plus excitantes de l'automne, et si Gray tient son rang, ce pourrait être la grande surprise à combustion lente de l'hiver.
Fiche du film
| Sortie en France | 25/11/2026 |
|---|---|
| Réalisation | James Gray |
| Distribution | Adam Driver, Scarlett Johansson, Miles Teller, Gavin Goudey, Roman Engel, Cindy Katz |
| Genre | Films de gangsters |
| Pays | Films français, Films anglais, Films polonais, Films italiens |
De quoi ça parle ? Pour l'instant, un film de pressentiments
Autant être franc : à ce stade, il n'y a rien à révéler de l'intrigue de Paper Tiger, car les informations officielles se limitent quasiment à l'équipe, au genre et à la date de sortie. Une chose est sûre, il s'agit d'un film de gangsters, et c'est James Gray qui le réalise. Ces deux éléments réunis en disent pourtant long, du moins pour qui connaît son parcours.
Le titre, lui, ouvre bien des pistes. Un « tigre de papier », c'est quelqu'un ou quelque chose qui paraît redoutable mais se révèle creux, sans force. Dans un film de gangsters, l'image peut mener n'importe où : un parrain qui a perdu son pouvoir, une grande gueule en réalité fragile, ou tout un système qui ne tient plus que par les apparences. Le film tranchera, je ne vais rien inventer ici. Mais j'avoue que ce simple titre m'intrigue davantage que la bande-annonce entière de bien d'autres films.
James Gray, le gangster discret du cinéma américain
Gray fait partie de ces rares cinéastes américains qui avancent à leur propre rythme, sans se soucier de ce que dicte le marché. Dès ses débuts, il s'est intéressé aux liens entre le crime et la famille : pensez à La nuit nous appartient, en 2007, où la frontière entre la police et la pègre passait à l'intérieur d'une même fratrie. Il est ensuite allé du drame historique (The Immigrant) jusqu'à l'espace (Ad Astra), sans que ses obsessions changent vraiment : les pères et les fils, la culpabilité, la loyauté, la trahison, et cette mélancolie qui vous poursuit plusieurs jours après la séance.
C'est pourquoi je ne crois pas que Paper Tiger sera un film d'action nerveux où ça tire dans tous les coins. Les films de gangsters de Gray puisent dans la grande tradition classique, ce monde où la tension autour d'une table de dîner vaut celle d'une ruelle sombre. Ceux qui attendent des explosions se trompent d'adresse. Ceux qui aiment qu'un film leur serre le ventre lentement mais sans pitié risquent en revanche de recevoir un beau cadeau.
Driver, Johansson, Teller : un casting qui vaut déjà le prix du billet
La grande force de Paper Tiger, c'est sans conteste sa distribution. Adam Driver est l'un des acteurs les plus passionnants de ces dernières années, capable de nous faire croire à tout, du côté obscur de Star Wars au poète tranquille de Paterson. Il y a chez lui une tension inquiète, imprévisible, qui peut valoir de l'or dans un film de gangsters.
La présence de Scarlett Johansson est elle aussi une belle promesse. À leurs côtés, Miles Teller, que beaucoup connaissent comme le batteur malmené de Whiplash ou le pilote de Top Gun: Maverick, et qui excelle à camper des personnages dont l'assurance cache une fêlure.
Driver et Johansson se connaissent d'ailleurs bien à l'écran : dans Marriage Story, ils ont prouvé qu'ensemble ils formaient un duo d'une intensité folle. On ignore quels liens uniront leurs personnages dans Paper Tiger, mais s'il reste ne serait-ce que la moitié de l'électricité qui circulait entre eux, on sera comblés. Le générique compte aussi Gavin Goudey, Roman Engel et Cindy Katz, dont les rôles restent pour l'instant mystérieux.
Argent européen, pègre américaine ?
Détail intéressant : le film est une coproduction française, britannique, polonaise et italienne. Pour un réalisateur américain entouré de stars en majorité américaines, cela peut surprendre au premier abord, mais dans le cas de Gray, rien d'étonnant. Il a toujours été bien plus aimé en Europe, et surtout en France, que chez lui, et ses films sont par leur atmosphère beaucoup plus proches du cinéma d'auteur européen que de la chaîne de montage hollywoodienne.
Ce que ce montage international implique pour l'histoire elle-même, je l'ignore et je ne vais pas spéculer. En revanche, il peut signifier une plus grande liberté de création. Pour un cinéaste qui déteste qu'on touche à son montage, un financement européen fait souvent office de bouée de sauvetage. J'y vois un bon signe.
Où le film pourrait-il trébucher ?
Pas question de ne faire que célébrer, car les risques existent. Les films de Gray sont réputés lents, et ce rythme ne convient pas à tout le monde. Si Paper Tiger suit cette voie, une partie du public venu chercher un divertissement léger ressortira déçue. Ce n'est pas un hasard si plusieurs de ses films ont été des succès critiques plus que publics.
L'autre danger, c'est le genre lui-même. Le film de gangsters est l'un des terrains les plus labourés de l'histoire du cinéma, et l'ombre du Parrain et d'Il était une fois en Amérique plane encore sur chaque nouvelle tentative. Difficile d'y dire quelque chose de neuf. Gray n'est évidemment pas du genre à recopier, mais la barre est très haute, et un film de gangsters moyen tombe aujourd'hui très vite aux oubliettes.
- Ce qui joue en sa faveur : un grand réalisateur, un casting prestigieux mais jamais gratuit, et un genre qu'il maîtrise.
- Ce qui pourrait jouer contre lui : un rythme lent, un genre saturé et une concurrence rude en fin d'année.
Une sortie fin novembre : le bon créneau ?
Le 25 novembre, Paper Tiger débarque en pleine ligne droite de fin d'année, au moment où les grosses productions familiales commencent à occuper les écrans. Un drame de gangsters sombre au milieu de cet embouteillage, c'est un pari. Mais ce calendrier dit aussi que le film vise la saison des récompenses, et que ses auteurs ne comptent pas en faire le champion du box-office du week-end.
À mon avis, cela colle parfaitement à Gray. Ses films n'ont jamais cherché à toucher la foule la plus large, mais ceux qui acceptent de s'asseoir et de plonger deux heures dans un monde dense et sombre. Qui le découvrira quelques semaines plus tard ne perdra rien : ce n'est pas le film qu'il faut absolument voir le jour de sa sortie, c'est celui dont on parlera encore des semaines après.
Pour qui ?
- Pour vous si : Pour les amateurs de films de gangsters classiques qui prennent leur temps, et pour ceux qui suivent le travail de James Gray, d'Adam Driver ou de Scarlett Johansson. Si le drame des personnages compte plus pour vous que les fusillades, vous êtes au bon endroit.
- Passez votre chemin si : Ceux qui attendent un film d'action survolté, un divertissement léger ou un polar spectaculaire au rythme effréné risquent fort d'être déçus.
Si vous aimez, regardez aussi : La nuit nous appartient (2007), Le Parrain (1972), Il était une fois en Amérique (1984), The Irishman (2019), The Immigrant (2013)
Questions fréquentes
Quand sort Paper Tiger en France ?
Paper Tiger sort dans les salles françaises le 25 novembre 2026.
Qui a réalisé Paper Tiger ?
Le film est réalisé par James Gray, à qui l'on doit notamment La nuit nous appartient, The Immigrant et Ad Astra.
Qui joue dans Paper Tiger ?
Les rôles principaux sont tenus par Adam Driver, Scarlett Johansson et Miles Teller, entourés de Gavin Goudey, Roman Engel et Cindy Katz.
À quel genre appartient Paper Tiger ?
Paper Tiger est un film de gangsters.
Dans quels pays Paper Tiger a-t-il été produit ?
Le film est une coproduction française, britannique, polonaise et italienne.
Faut-il partir à la chasse au tigre dès le 25 novembre ?
Je le crois, oui. Tout indique que Paper Tiger sera un film de gangsters sérieux, adulte et habité, signé par un cinéaste qui connaît ce genre par cœur et porté par des acteurs qui déçoivent rarement. Le risque tient au rythme et à la saturation du genre, mais si quelqu'un peut encore renouveler ce terrain, c'est bien James Gray. Je réserve déjà ma place pour l'une des premières séances, et je conseille à tous ceux qui aiment le cinéma sombre, dense et centré sur ses personnages d'en faire autant. Note attendue : un solide 8/10, qui pourrait bien grimper jusqu'à 9.
