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Critique · Sortie : 30/09/2026

Verity, critique : Anne Hathaway et Dakota Johnson dans une maison où chaque phrase peut mentir

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Il y a des films dont le casting suffit à faire monter le pouls, et Verity en fait partie. Anne Hathaway en romancière célèbre et énigmatique, Dakota Johnson en jeune prête-plume, et entre elles Josh Hartnett : ce triangle appelle la tension. Michael Showalter construit son thriller autour d'un journal intime, terrain d'un jeu vénéneux et séduisant où la vraie question n'est pas de savoir ce qui s'est passé, mais qui croire.

7,5/10
Note
Un thriller sombre, sensuel et habilement manipulateur, qui mise sur ses interprètes et sur le lent poison du soupçon, et qui tire le plus souvent les bonnes cartes.
Scénario
8
Interprétation
8
Réalisation
7
Image
7
Musique et son
7
Émotion
8

La note globale est la moyenne des six critères.

Fiche du film

Sortie en France30/09/2026
RéalisationMichael Showalter
DistributionAnne Hathaway, Brady Wagner, Asel Swango, Daniel Echevarria, Dakota Johnson, Josh Hartnett
GenrePolars, Thrillers
Durée117 min
ClassificationTP
PaysFilms américains

Une prête-plume, un domaine et un journal qu'il ne fallait pas ouvrir

Le point de départ est simple, et c'est justement ce qui fonctionne. Verity Crawford (Anne Hathaway) est l'une des autrices les plus puissantes et les plus vendues du milieu. Lowen Ashleigh (Dakota Johnson), à côté, n'est personne : une débutante sans nom. C'est pourtant elle qui décroche le contrat. Elle s'installe dans l'immense propriété de Verity pour écrire à sa place, en tant que prête-plume.

Sauf que Lowen ne s'arrête pas là où s'arrête sa mission. En travaillant, elle tombe sur un texte qui ressemble fort au journal intime de Verity, ou aux notes d'une autobiographie en gestation. On y trouve des détails glaçants et troublants sur le mari de la romancière (Josh Hartnett), ainsi que le récit d'un secret sordide. Dès lors, l'arme la plus redoutable du film entre en jeu : le doute. Quelle part de vérité, quelle part d'imagination chez une conteuse professionnelle ?

Inutile d'en savoir davantage avant la séance. Verity fait partie de ces films que chaque fuite abîme, alors si vous ne l'avez pas encore vu, fuyez les sections commentaires.

Hathaway, Johnson, Hartnett : le triangle du soupçon

La carrière d'Anne Hathaway a toujours oscillé entre deux pôles : les personnages lumineux et attachants d'un côté, les figures plus froides et mystérieuses de l'autre. Oscarisée pour Les Misérables, elle est aussi parfaitement à l'aise dans la peau de femmes puissantes qui tiennent la vie des autres entre leurs mains, et on mesure le chemin parcouru depuis Le diable s'habille en Prada. En Verity, elle impose une présence qui pèse sur les scènes même lorsqu'elle n'est pas à l'image. C'est la clé du rôle, et Hathaway l'a parfaitement comprise.

Dakota Johnson est nos yeux dans cette histoire, une position plus ingrate qu'il n'y paraît : c'est à elle de nous faire croire qu'une femme intelligente peut se jeter dans un tel piège. Son jeu retenu, un brin las, lui va très bien ici, car l'incertitude de Lowen paraît sincère et non dictée par le scénario. Le thriller érotique n'est pas un territoire nouveau pour elle, et cela se voit : elle sait concentrer le désir et la peur dans un seul regard.

Quant à Josh Hartnett, il vit l'un des plus beaux retours de ces dernières années. Après Oppenheimer et Trap, il hérite encore d'un personnage dont on ne sait jamais s'il mérite notre confiance. Le mari est l'axe du film, et Hartnett trouve le juste équilibre entre sympathie et malaise. Ismael Cruz Córdova et Michael Abbott Jr. complètent la distribution, même si les projecteurs restent braqués sur le trio central.

Michael Showalter, l'homme de comédie passé du côté obscur

Je l'avoue, Michael Showalter n'est pas le nom que j'attendais aux commandes d'un thriller aussi moite et sensuel. Le réalisateur de The Big Sick et de Dans les yeux de Tammy Faye est plutôt l'homme des récits chaleureux, centrés sur l'humain. Et c'est là la surprise : ce bagage profite à Verity. Showalter se met au service de ses comédiens, laisse respirer les scènes et n'étouffe jamais le film sous des effets de peur faciles.

C'est pourtant aussi là que je sens le plus de compromis. Une telle histoire réclamerait parfois une mise en scène plus impitoyable, presque perverse, cet excès stylisé qu'osaient les grands classiques du genre. Showalter est plus élégant, plus prudent. Les 117 minutes sont dans l'ensemble bien remplies, mais certains passages laissent la tension flotter au lieu de serrer la gorge.

Ce qui marche vraiment : la force d'un texte qui ment

L'idée la plus maligne de Verity, c'est que le soupçon naît d'un texte écrit. Et d'une romancière, dont le métier consiste précisément à mentir de façon crédible. Le dispositif offre un formidable terrain de jeu : tout ce que l'on apprend par le journal peut être à la fois aveu et fiction, et le film entretient cette ambiguïté avec adresse. On se surprend sans cesse à réviser ce que l'on tenait pour acquis cinq minutes plus tôt.

Où le sol se dérobe-t-il ?

Le film n'est pas parfait, autant le dire d'emblée. Les codes du genre font que les amateurs aguerris de thrillers flaireront sans doute certains rebondissements plus tôt que le film ne le voudrait. Il s'agit aussi d'une œuvre adulte, très charnelle, parfois franchement inconfortable, et ceux qui espèrent un polar plus feutré et plus sage risquent d'être surpris.

L'autre risque tient au ton. Verity hésite parfois entre le drame psychologique sérieux et le plaisir coupable bien juteux, sans toujours trancher. Personnellement, cela m'a plus amusé que gêné, mais je comprends que certains trouvent ça trop, ou au contraire pas assez.

Pour qui ?

Si vous aimez, regardez aussi : Gone Girl (2014), The Ghost Writer (2010), Basic Instinct (1992), Liaison fatale (1987), Rebecca (1940)

Questions fréquentes

Quand Verity sort-il au cinéma en France ?

Verity est sorti dans les salles françaises le 30 septembre 2026.

De quoi parle Verity ?

Une jeune autrice, Lowen Ashleigh, devient la prête-plume de la célèbre Verity Crawford. Dans la propriété, elle découvre un texte qui ressemble à un journal intime et qui révèle un sombre secret sur le mari de Verity. Reste à savoir ce qui est vrai.

Quelle est la durée de Verity ?

Le film dure 117 minutes.

Qui joue dans Verity ?

Anne Hathaway, Dakota Johnson et Josh Hartnett tiennent les rôles principaux, entourés notamment d'Ismael Cruz Córdova et de Michael Abbott Jr.

Qui a réalisé Verity ?

Le film est réalisé par Michael Showalter.

Faut-il s'installer deux heures dans la maison de Verity ?

Je crois que oui. Verity ne révolutionne pas le genre, mais il offre exactement ce pour quoi on achète son billet : du soupçon, du désir, des silences gênants et trois comédiens qui prennent un plaisir visible à se mettre les nerfs à vif. La mise en scène de Showalter se montre parfois plus prudente qu'il ne faudrait, mais l'idée centrale, ce journal dont on ne peut croire aucun mot, tient l'attention en éveil jusqu'au bout. Allez le voir un soir d'automne maussade, de préférence avec quelqu'un avec qui débattre longuement ensuite de qui avait raison. Et si, en rentrant, vous regardez le carnet de votre moitié d'un œil un peu plus méfiant, ce sera tout à l'honneur du film.

Note: 7,5/10 · Scénario 8 · Interprétation 8 · Réalisation 7 · Image 7 · Musique et son 7 · Émotion 8