Kinoster
FR ▾

Critique · Sortie : 06/03/2019

Captain Marvel, la critique : une puissance cosmique, une histoire qui reste au sol

Films américainsFilms d'actionFilms d'aventureFilms de science-fictionFilms de super-hérosAdaptations de bandes dessinées

Certains super-héros commencent leur carrière par une morsure d'araignée, d'autres voient leurs gènes réécrits par un appareil appelé Psyché-Magnitron. Captain Marvel raconte l'histoire de Carol Danvers, ancienne pilote de l'US Air Force, et si le film déborde d'énergie, il ne sait pas toujours où la diriger. C'est un divertissement agréable, souvent attachant, parfois agaçant de prudence, mais une très bonne bande le porte sur ses épaules.

6,7/10
Note
Une origin story spectaculaire et bien distribuée, plus solide dans son personnage que dans sa dramaturgie, qui vaut largement le détour pour Samuel L. Jackson et Ben Mendelsohn.
Scénario
6
Interprétation
8
Réalisation
6
Image
7
Musique et son
7
Émotion
6

La note globale est la moyenne des six critères.

Fiche du film

Sortie en France06/03/2019
RéalisationRyan Fleck, Anna Boden
DistributionBrie Larson, Samuel L. Jackson, Ben Mendelsohn, Jude Law, Annette Bening, Djimon Hounsou
GenreFilms d'action, Films d'aventure, Films de science-fiction
Durée124 min
ClassificationTP
PaysFilms américains

Où regarder Captain Marvel ?

En abonnementDisney Plus
À la locationApple TV StoreGoogle Play MoviesOrange VODYouTubeRakuten TVAmazon VideoPathé HomeVIVA by videofuturPremiere Max
À l'achatApple TV StoreGoogle Play MoviesOrange VODYouTubeRakuten TVAmazon VideoPathé HomeVIVA by videofuturPremiere Max

Données streaming : JustWatch · mise à jour : 13/10/2026

De pilote à arme cosmique : de quoi parle le film ?

Carol Danvers n'est pas née déesse, et ce n'est pas non plus une milliardaire de génie. Elle part de rien, simple mortelle qui devient pilote de l'US Air Force après la mort de son frère, avant que tout ne bascule peu à peu autour d'elle. Un appareil, le Psyché-Magnitron, modifie sa structure génétique et lui apporte au passage un don étrange : une sorte de septième sens qui lui permet d'entrevoir le futur proche.

Voilà ce qu'il faut savoir avant d'entrer dans la salle, et honnêtement, cela suffit. L'une des idées les plus fortes du film tient à l'identité même de l'héroïne, qui devient une énigme : au générique, le personnage de Brie Larson s'appelle à la fois Carol Danvers, Vers et Captain Marvel. Comment ces trois noms s'emboîtent, à chacun de le découvrir, puisque c'est sur ce mystère que le film se construit.

Côté genre, on oscille entre action, aventure et science-fiction, et ces trois saveurs se font bien sentir. Tantôt drame militaire, tantôt épopée spatiale, tantôt affrontement super-héroïque classique. C'est parfois rafraîchissant, parfois on a l'impression que trois films se bousculent pour tenir en 124 minutes.

Brie Larson face à un rôle ingrat

Brie Larson, oscarisée pour Room, a prouvé qu'elle savait jouer des émotions fines et nuancées. Ici, la mission est tout autre : rendre humaine une héroïne quasiment invincible, alors que le scénario lui impose souvent une retenue presque froide.

À mon sens, Larson tire bien parti de ce qu'on lui donne, mais on sent que le personnage se cherche encore. Ses meilleurs moments sont ceux où elle peut lâcher la pose et laisser affleurer un peu d'insolence et d'humour. Quand le film fonce vers les grands moments héroïques et solennels, en revanche, Carol ressemble davantage à une statue qu'à une femme. Ce n'est pas sa faute, c'est plutôt celle du concept : difficile d'écrire un vrai drame autour de quelqu'un que presque rien ne peut atteindre.

Les seconds rôles volent la vedette

Voici le véritable atout du film. Samuel L. Jackson, dans la peau de Nick Fury, sert de ciment à l'univers Marvel depuis des années, et pour une fois il ne se contente pas d'une apparition : il a enfin de quoi jouer. Plus détendu, plus drôle et plus humain que dans les films Avengers, il forme avec Larson un duo qui offre les minutes les plus réjouissantes du film, avec un vrai parfum de buddy movie.

Ben Mendelsohn, qui incarne Talos et Keller, est tout simplement génial. L'acteur est d'ordinaire abonné aux personnages durs et imprévisibles, mais il dévoile ici des nuances auxquelles je ne m'attendais pas. S'il ne fallait retenir qu'une raison de voir le film, ce serait lui.

Des cinéastes indés dans la machine à milliards

Confier la réalisation au duo Anna Boden et Ryan Fleck était un pari audacieux. Tous deux viennent du cinéma plus modeste, centré sur les personnages, et cela se voit : les meilleures scènes du film sont les moments plus calmes et humains, ceux qui parlent d'amitié, de souvenirs et d'identité.

L'action, en revanche, n'est pas vraiment leur terrain. Les grandes batailles tiennent la route mais marquent rarement les esprits, et j'ai parfois eu le sentiment que la chaîne de montage du studio avait repris la main. C'est un mal récurrent chez Marvel : les auteurs talentueux, à la voix singulière, finissent souvent par se fondre dans le style maison. C'est arrivé ici aussi, mais pas complètement, car la patte de Boden et Fleck se devine dans les petits gestes entre les personnages.

Ce qui fonctionne, et ce qui coince vraiment

Commençons par le positif. La structure du film, qui joue avec la question de l'identité, est plus audacieuse que celle d'une origin story lambda. On ne suit pas une progression linéaire vers le statut de super-héroïne : on reconstitue pièce par pièce qui est vraiment cette femme. C'est une vraie expérience, et elle paie joliment dans la seconde moitié. L'humour fait mouche lui aussi, surtout grâce aux scènes de Jackson et Mendelsohn.

Les défauts, eux, sont difficiles à balayer :

Ce n'est pas un mauvais film pour autant. Il fait plutôt penser à un premier album prometteur : la voix est là, la moitié des morceaux sont excellents, le reste fait du remplissage.

Quelle place dans l'univers Marvel ?

Captain Marvel est le premier film Marvel Studios entièrement centré sur une super-héroïne, et ce poids se ressent. On dirait que le studio tenait absolument à ne pas se rater, et cette prudence le dessert parfois. Là où un Thor : Ragnarok ou Les Gardiens de la Galaxie se lâchaient avec insolence, Captain Marvel préfère boucler sa ceinture.

Ceux qui suivent de près les connexions entre les films Marvel y trouveront de nombreux clins d'œil et visages familiers, la présence de Nick Fury servant à elle seule de passerelle. Les autres pourront l'apprécier comme une aventure indépendante, car le film est suffisamment autonome pour ne pas exiger de révisions préalables.

Pour qui ?

Si vous aimez, regardez aussi : Les Gardiens de la Galaxie (2014), Wonder Woman (2017), Captain America : First Avenger (2011), Iron Man (2008), Thor : Ragnarok (2017)

Questions fréquentes

Quand Captain Marvel est-il sorti en France ?

Le film est sorti dans les salles françaises le 6 mars 2019.

Combien de temps dure Captain Marvel ?

Le film dure 124 minutes.

Qui a réalisé Captain Marvel ?

Le film est réalisé par Anna Boden et Ryan Fleck.

Qui joue Captain Marvel ?

Brie Larson incarne Carol Danvers, alias Captain Marvel. On retrouve à ses côtés Samuel L. Jackson, Ben Mendelsohn, Jude Law, Annette Bening et Lashana Lynch.

De quoi parle Captain Marvel ?

Carol Danvers, pilote de l'US Air Force, voit sa structure génétique transformée par le Psyché-Magnitron et acquiert des pouvoirs extraordinaires, dont un septième sens qui lui permet d'entrevoir le futur proche.

Carol Danvers prend-elle son envol ou s'écrase-t-elle ?

Elle décolle, mais pas aussi haut que son nom le promet. Captain Marvel est un film de super-héros attachant, bien distribué, parfois très drôle, qui puise sa plus grande force non pas dans les pouvoirs cosmiques de son héroïne mais dans ses liens terrestres. Si vous venez pour les scènes de Nick Fury et de Talos, vous ne serez pas déçu. Si vous espérez le chapitre le plus audacieux de l'univers Marvel, vous le serez. Pour moi, c'est un bon film moyen, agréable à revoir, mais pas de ceux dont je citerai encore les répliques par cœur dans quelques années.

Note: 6,7/10 · Scénario 6 · Interprétation 8 · Réalisation 6 · Image 7 · Musique et son 7 · Émotion 6