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Critique · Sortie : 29/12/2021

Critique de The King's Man : Première Mission : Ralph Fiennes sauve le monde, le film à moitié

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Qui aurait parié que la franchise d'espionnage la plus déjantée du moment irait chercher ses origines dans un drame sombre sur la Première Guerre mondiale ? The King's Man : Première Mission essaie de nous vendre deux films à la fois : une histoire de guerre poignante et une comédie d'action survoltée et sanglante. Tantôt l'un l'emporte, tantôt l'autre, et le spectateur rebondit sans cesse de l'un à l'autre.

7,0/10
Note
Incontournable pour Ralph Fiennes et Rhys Ifans, mais le film finit par douter de son propre ton.
Scénario
6
Interprétation
8
Réalisation
7
Image
8
Musique et son
7
Émotion
6

La note globale est la moyenne des six critères.

Fiche du film

OriginalThe King's Man
Sortie en France29/12/2021
RéalisationMatthew Vaughn
DistributionRalph Fiennes, Gemma Arterton, Rhys Ifans, Matthew Goode, Tom Hollander, Harris Dickinson
GenreFilms d'action, Films d'aventure, Thrillers
Durée131 min
ClassificationTP
PaysFilms britanniques, Films américains

De quoi ça parle, sans spoiler ?

Le point de départ est simple, l'exécution l'est beaucoup moins. Les pires tyrans de l'Histoire et les cerveaux criminels les plus redoutables se réunissent pour déclencher une guerre capable d'anéantir des millions de personnes, et un seul homme peut les arrêter dans une course contre la montre. Cet homme, c'est Orlando Oxford, incarné par Ralph Fiennes, épaulé par son fils Conrad, joué par Harris Dickinson.

The King's Man : Première Mission ne suit donc pas les agents Kingsman de l'époque moderne. Il remonte le temps, jusqu'au moment où l'organisation a pu prendre racine. Je n'en dirai pas plus, car les meilleurs moments du film naissent justement de cette incertitude : on ne sait jamais où l'histoire va bifurquer à la scène suivante.

Le titre original est The King's Man, et le sous-titre français annonce clairement la couleur : il s'agit d'un récit des origines, d'un prequel de la saga. Ceux qui ont aimé les deux premiers volets retrouveront des éléments familiers, mais avec des accents très différents.

Matthew Vaughn sur la corde raide du ton

Le nom de Matthew Vaughn garantit au moins une chose : on ne s'ennuie pas. Depuis Kick-Ass et les deux premiers Kingsman, le réalisateur est passé maître dans l'art de la violence stylisée, excessive et drôle, et il ne l'a pas oublié ici. Le problème, c'est qu'il a voulu cette fois quelque chose de plus grave. Le film se comporte souvent comme un vrai drame de guerre, avec une relation père fils au cœur du récit et une réflexion sur l'absurdité du conflit.

Je respecte beaucoup cette ambition. Mais quand une séquence bouleversante est suivie, cinq minutes plus tard, d'une scène d'action folle digne d'un dessin animé, les deux atmosphères s'annulent. Le souci n'est pas que Vaughn mélange les genres, c'est qu'il ne trouve pas toujours où placer la couture. Côté savoir-faire, en revanche, rien à redire : la caméra sait exactement où se placer, et les combats sont chorégraphiés avec lisibilité et inventivité.

Ralph Fiennes, le parfait gentleman tueur

S'il ne fallait retenir qu'une raison de voir le film, ce serait Ralph Fiennes. En Orlando Oxford, il est à la fois digne, las, père aimant et escrimeur redoutable. Fiennes fait partie de ces acteurs qui en disent plus avec un haussement de sourcil que d'autres avec un monologue, et il a enfin droit à de l'action. Élégant, pince-sans-rire, il porte de façon crédible le poids de son passé.

Harris Dickinson campe en Conrad un jeune homme enthousiaste, avide de faire ses preuves, et la dynamique entre eux constitue la colonne vertébrale émotionnelle du film. Gemma Arterton, dans le rôle de Polly, a moins de temps à l'écran qu'elle ne le mériterait, mais elle vole chacune de ses scènes. Djimon Hounsou impose en Shola une présence forte et charismatique, et là aussi, on en aurait volontiers pris davantage.

La danse de Raspoutine et le défilé des méchants

Parlons maintenant de Rhys Ifans, impossible à passer sous silence. En Grigori Raspoutine, il livre une performance tellement débridée, impudique et délicieusement répugnante que les moments les plus mémorables du film lui appartiennent sans conteste. Ifans savait visiblement dans quel film il jouait, et il en a rajouté une bonne couche. C'est précisément pour ce genre de folie qu'on va voir un Kingsman.

Excellente idée que de confier à Tom Hollander à la fois le roi George, le Kaiser Guillaume et le tsar Nicolas. Ce triple rôle est autant une blague qu'un commentaire ironique sur le caractère familial de la grande politique de l'époque. Daniel Brühl en Erik Jan Hanussen et Matthew Goode en Morton viennent compléter la palette. Avec un tel casting, difficile de se tromper, et le film ne se trompe pas.

Où est-ce que ça coince ?

Les 131 minutes se font sentir. La première moitié se met en place lentement, entre longue exposition et explications historiques, et à un moment je me suis surpris à penser : bon, et le Kingsman, il arrive quand ? The King's Man : Première Mission tient souvent davantage du film d'aventure en costumes que du film d'espionnage. Ce n'est pas un défaut en soi, mais ce n'est pas ce qu'attendent les fans.

L'autre point faible, c'est la construction du scénario. La conspiration des méchants est tour à tour trop alambiquée et trop simpliste, et les grandes révélations ne frappent pas aussi fort qu'elles le devraient. Le film brille surtout dans ses scènes isolées, un duel par ci, un dialogue par là, bien plus que dans son ensemble.

Image, musique, atmosphère

Visuellement, le film est superbe. Les intérieurs d'époque, les costumes, les châteaux et le contraste avec le champ de bataille offrent des images fortes. Quand Vaughn montre la réalité de la guerre, c'est réellement oppressant, et c'est l'un des choix les plus audacieux du film. La musique sert bien les scènes : elle accélère pendant l'action et sait se faire discrète dans les moments dramatiques. Elle n'atteint pas les sommets iconiques du premier volet, mais elle fait le travail.

Attention toutefois : le film est violent, et les scènes de guerre n'enjolivent rien. Ce n'est pas un film pour les enfants, aussi ludiques que soient certains passages.

Pour qui ?

Si vous aimez, regardez aussi : Kingsman : Services secrets (2014), Kingsman : Le Cercle d'or (2017), Sherlock Holmes (2009), Inglourious Basterds (2009), 1917 (2019)

Questions fréquentes

Quand The King's Man : Première Mission est-il sorti en France ?

Le film est sorti dans les salles françaises le 29 décembre 2021.

Combien de temps dure The King's Man : Première Mission ?

Le film dure 131 minutes.

Qui a réalisé The King's Man : Première Mission ?

Le film est réalisé par Matthew Vaughn, déjà aux commandes des précédents Kingsman.

Qui joue dans le film ?

Ralph Fiennes tient le rôle principal d'Orlando Oxford, entouré de Gemma Arterton, Rhys Ifans, Matthew Goode, Tom Hollander, Harris Dickinson, Daniel Brühl et Djimon Hounsou.

De quoi parle The King's Man : Première Mission ?

Des tyrans et des cerveaux criminels de l'Histoire veulent déclencher une guerre pour anéantir des millions de personnes, et un seul homme tente de les arrêter dans une course contre la montre.

Faut-il remonter aux racines des Kingsman ?

Oui, mais sans les attentes habituelles. The King's Man : Première Mission est inégal, trop long, et ne sait pas toujours s'il veut être une comédie ou une tragédie. En revanche, la présence pleine de dignité de Ralph Fiennes, le Raspoutine déchaîné de Rhys Ifans et quelques scènes d'action vraiment réussies valent largement une soirée. Ce n'est pas le sommet de la saga, mais c'est un film plus audacieux que je ne l'imaginais, et c'est pour ça que je suis enclin à lui pardonner ses défauts. Avec un verre de vin et l'esprit ouvert : 7 sur 10, plutôt arrondi vers le haut.

Note: 7,0/10 · Scénario 6 · Interprétation 8 · Réalisation 7 · Image 8 · Musique et son 7 · Émotion 6