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Critique avant la sortie · Au cinéma depuis le 21/10/2026

Clayface, critique en avant-première : la star d'Hollywood qui se liquéfie en monstre

Films américainsFilms d'horreur

Il est rare que le mot le plus effrayant d'un synopsis de film de monstre soit « amour ». Clayface raconte la désintégration d'une star d'Hollywood qui, à la suite d'expériences mystérieuses, devient une créature assoiffée de vengeance. Ce point de départ a déclenché chez moi toutes les sonnettes d'alarme, et dans le bon sens. Réponse le 21 octobre : James Watkins nous livrera-t-il une vraie horreur du corps et de l'âme, ou simplement un énième monstre en caoutchouc ?

7,7/10
Note attendue
Sur le papier, l'un des films d'horreur les plus audacieux de l'automne, qui, vu le passé de son réalisateur, devrait davantage vous retourner l'estomac que vous faire sursauter.
Scénario
7
Interprétation
8
Réalisation
8
Image
8
Musique et son
7
Émotion
8

La note globale est la moyenne des six critères.

Fiche du film

Sortie en France21/10/2026
RéalisationJames Watkins
DistributionMax Minghella, Naomi Ackie, Eddie Marsan, Tom Rhys Harries, David Dencik, Francesca Corney
GenreFilms d'horreur
Classification16
PaysFilms américains

De quoi ça parle ? Une star qui perd littéralement la face

Le synopsis officiel est avare de mots, et je trouve que c'est bon signe. On suit une personne qui fut autrefois une étoile scintillante d'Hollywood et qui se transforme en monstre assoiffé de vengeance. Le personnage principal se perd lui-même, l'humain s'efface peu à peu, et le plus cruel : le sentiment auquel il tenait le plus, l'amour, s'érode lui aussi. Le tout est déclenché par de mystérieuses expériences scientifiques qui le plongent dans un univers sombre et glaçant.

Voilà pour les faits, et je ne veux pas en rajouter. Mais ce que ces quelques lignes laissent deviner m'intrigue beaucoup : on n'est pas dans le schéma classique « le monstre arrive, on s'enfuit ». Ici, le monstre est le héros, et l'horreur part de l'intérieur. La question n'est pas de savoir qui va mourir, mais ce qui subsiste de quelqu'un qui oublie progressivement pourquoi il a aimé un jour.

L'argile comme motif est d'une simplicité géniale : malléable, modelable, capable de devenir n'importe quoi, et justement privée de forme propre. Difficile de trouver métaphore plus juste d'Hollywood. Le titre évoquera forcément l'ennemi de Batman bien connu des lecteurs de comics DC, mais d'après ce qu'on sait, le film veut d'abord fonctionner comme un film d'horreur et comme la tragédie d'un homme, pas comme une bagarre de super-héros.

James Watkins, le maître des minutes inconfortables

Si vous voulez mon avis, le meilleur argument en faveur du film, c'est le nom de son réalisateur. James Watkins n'est pas du genre à faire sursauter : il oppresse. Eden Lake reste à mes yeux l'un des thrillers britanniques les plus impitoyables qui soient, un film qui laisse un goût amer pendant des jours. La Dame en noir était une histoire de fantômes à l'ancienne, à l'atmosphère étouffante, et avec la version américaine de Speak No Evil, il a prouvé qu'il savait parfaitement manier la frontière ténue entre la gêne sociale et la violence ouverte.

Le point commun de ces films : Watkins s'intéresse à ce qui arrive à l'être humain quand le vernis de la civilisation s'écaille. C'est exactement la matière de Clayface. Une star qui vivait de la surface, de l'image, de son visage, et qui perd tout cela. On imagine mal meilleure rencontre entre un cinéaste et un sujet.

Une inconnue demeure, en revanche : Watkins sera-t-il à l'aise dans un film d'horreur à plus grande échelle, reposant sur les effets ? Jusqu'ici, sa force tenait plutôt à une terreur sobre et terre à terre. S'il parvient à la transposer dans un film de métamorphose, ce sera un grand coup. Si les effets prennent le dessus, il risque de perdre ce qui fait sa singularité.

Un casting sans maillon faible

La distribution ne mise pas sur des superstars clinquantes en tête d'affiche, mais sur des comédiens solides et caractérisés, et j'y vois un choix délibéré.

Qui joue quoi, on ne le sait pas encore, alors je ne me risquerai pas à deviner. Une chose est sûre : tous ces acteurs savent travailler dans la retenue, par petites touches, et dans un film dont le cœur est la lente disparition d'un homme, c'est précieux.

Pourquoi ça pourrait être très bon

Le body horror connaît une véritable renaissance ces dernières années, et ce n'est pas un hasard. Nos corps sont aujourd'hui scrutés en permanence : filtres, retouches, course à la jeunesse. Un film sur la désagrégation physique et psychologique d'une star d'Hollywood appuie exactement là où ça fait mal. The Substance a montré que le public répond présent face à ce genre de miroir grotesque et cruellement honnête.

L'autre atout, c'est l'amour. J'écris rarement qu'un film d'horreur m'attire pour son intrigue sentimentale, mais ici, elle pourrait être la clé. L'horreur suprême, ce n'est pas de devenir un monstre, c'est d'avoir conscience de ce que l'on perd en chemin. Si Watkins préserve cette lucidité, le film ne sera pas seulement effrayant, il sera douloureux, et les meilleurs films d'horreur font toujours un peu mal.

Reste l'espoir d'effets pratiques. Une créature d'argile en perpétuelle mutation appelle presque d'elle-même des trucages artisanaux, palpables. Si le film prend cette direction, ce sera une fête pour les amateurs du genre.

Là où ça pourrait déraper

Place au rabat-joie. L'expression « mystérieuses expériences scientifiques » est une arme à double tranchant. Elle peut donner une histoire tendue et claustrophobe, comme une avalanche d'explications débitées par des personnages en blouse blanche qui tuent tout mystère. Ce type de film s'effondre souvent au moment où il veut tout justifier.

Deuxième risque : le fil de la vengeance. Le « monstre assoiffé de vengeance » peut vite basculer dans le slasher de règlement de comptes, où le héros tragique devient une simple machine à tuer et où le film oublie pourquoi on avait commencé à trembler pour lui. Si le troisième acte se résume à une liste de victimes cochées une à une, ce serait du gâchis pour une idée de départ pareille.

Enfin, le titre. Ceux qui y entendent le méchant de comics risquent d'attendre un tout autre film que celui qu'ils verront. Mon conseil : entrez dans la salle en vous attendant à un film d'horreur, pas à un film d'action de super-héros, et vous ne serez pas déçus.

Pour qui ?

Si vous aimez, regardez aussi : La Mouche (1986), The Substance (2024), Vidéodrome (1983), Eden Lake (2008), Joker (2019)

Questions fréquentes

Quand Clayface sort-il au cinéma en France ?

Clayface sort dans les salles françaises le 21 octobre 2026.

De quoi parle Clayface ?

D'une ancienne star d'Hollywood qui, à la suite de mystérieuses expériences scientifiques, devient un monstre assoiffé de vengeance, tout en perdant peu à peu son identité et sa capacité à aimer.

Qui a réalisé Clayface ?

Le film est réalisé par James Watkins.

Qui joue dans Clayface ?

On retrouve notamment Max Minghella, Naomi Ackie, Eddie Marsan, Tom Rhys Harries, David Dencik, Francesca Corney, Wil Coban et Jake Curran.

Faut-il réserver sa place pour le 21 octobre ?

À mon avis, oui, et sans hésiter. Clayface repose sur une idée de départ qui donnera soit l'un des films d'horreur les plus marquants de l'année, soit un film de monstre honnête mais vite oublié. Un entre-deux semble difficile à imaginer. Vu le parcours du réalisateur et la qualité du casting, je parie sur la première option. Si vous aimez les films d'horreur qui ne vous sautent pas dessus depuis un coin sombre mais s'installent lentement sous votre peau, ne passez pas à côté. Ma note anticipée : un solide 8 sur 10, à condition que le troisième acte tienne la promesse.

Note attendue: 7,7/10 · Scénario 7 · Interprétation 8 · Réalisation 8 · Image 8 · Musique et son 7 · Émotion 8