Kinoster
FR ▾

Critique avant la sortie · Au cinéma depuis le 04/11/2026

Club Kid, critique en avant-première : chez Jordan Firstman, la fête finit à l'aube par une paternité

Films américainsDrames cinématographiquesComédies

Il y a ce moment, vers cinq heures du matin, où l'on rallume la lumière dans le club et où chacun découvre d'un coup l'état dans lequel il se trouve. Club Kid semble vouloir raconter précisément cet instant, sauf qu'ici, ce n'est pas un néon qui casse l'ambiance mais un petit garçon de dix ans. Sur le papier, le film de Jordan Firstman fait partie des paris les plus intrigants de la saison, et je suis très curieux de voir s'il en sortira une petite pépite qui serre le cœur.

7,0/10
Note attendue
Le point de départ est connu, mais entre les mains d'un auteur à la voix aussi personnelle, le film pourrait bien être la surprise de l'année, à condition que la douleur soit vraiment là derrière la comédie.
Scénario
6
Interprétation
7
Réalisation
7
Image
7
Musique et son
8
Émotion
7

La note globale est la moyenne des six critères.

Fiche du film

Sortie en France04/11/2026
RéalisationJordan Firstman
DistributionJordan Firstman, Cara Delevingne
GenreDrames cinématographiques, Comédies
Durée122 min
Classification12
PaysFilms américains

De quoi parle Club Kid, sans spoiler ?

Le héros s'appelle Peter Green, figure incontournable des nuits new-yorkaises, dont l'existence ressemble à une fête qui ne s'arrête jamais. Il enchaîne les soirées toutes plus folles les unes que les autres jusqu'au lever du soleil et refile tranquillement à quelqu'un d'autre tout ce qui ressemble de près ou de loin à de la maturité, de la modération ou des responsabilités. Le plus souvent à Sophie, son associée, qui d'après le synopsis est déjà assez désabusée pour qu'on devine que cette relation-là non plus ne tiendra pas éternellement.

Puis arrive le rebondissement qui sert de moteur à tout le film : Peter apprend qu'il a un fils de dix ans, Arlo, né d'une aventure à moitié oubliée. Quand la mère du garçon meurt brutalement, Arlo atterrit en plein dans la vie débridée de son père. C'est tout ce que l'on sait, et c'est largement suffisant pour imaginer les scènes : un gamin dans un appartement où le congélateur contient sans doute plus de glaçons que de quoi manger.

Le cœur de l'histoire est donc classique : l'homme qui refuse de grandir, contraint par un enfant à se regarder en face. Ce qu'il en fera, c'est le film qui le dira, et je ne vais rien inventer au-delà de ce qui a été dévoilé.

Jordan Firstman, derrière et devant la caméra

Ce qui rend le projet si excitant, c'est que Jordan Firstman ne se contente pas de réaliser le film : il en tient aussi le rôle principal. C'est toujours une arme à double tranchant. Quand ça fonctionne, on obtient une œuvre intime, qui vient de l'intérieur, que personne d'autre n'aurait pu faire. Quand ça rate, on tombe dans le projet narcissique où la caméra est un peu trop amoureuse de son acteur.

Le nom de Firstman évoque des personnages drôles, autodérisoires, d'une sincérité parfois agaçante, et c'est exactement ce qu'il faut pour un rôle pareil. Peter Green ne doit pas être sympathique dès la première minute. Il faut qu'on le déteste un peu pour avoir une raison de l'aimer ensuite. Si Firstman ose le rendre vraiment égoïste et paresseux, et pas simplement tête en l'air de façon mignonne, la partie est gagnée.

Le risque se situe plutôt du côté de la mise en scène : 122 minutes, ce n'est pas rien, et chez un cinéaste qui se trouve à la fois devant et derrière l'objectif, il arrive facilement qu'à la table de montage personne n'ose dire : cette scène-là, on peut s'en passer.

Cara Delevingne, le point d'ancrage ?

Au générique, Cara Delevingne est l'autre gros atout. Je ne m'avancerai pas sur son rôle exact, mais dans l'histoire, c'est Sophie, l'associée désabusée, qui incarne la lucidité aux côtés de Peter. Quel que soit le personnage qu'elle interprète, Delevingne dégage une présence qui colle naturellement au monde de la nuit, et en ce sens le casting a tout d'une évidence.

Ce qui m'intéresse vraiment, c'est de savoir si le film laissera assez d'espace aux seconds rôles. Ce genre de récit tombe souvent dans le piège où tous les autres personnages ne servent que de miroir à l'évolution du héros. L'associée lassée comme le petit garçon en deuil méritent d'exister pour eux-mêmes à l'écran, et pas seulement comme accessoires de la rédemption de Peter.

Ce qui pourrait très bien marcher

Où la fête pourrait mal tourner

Pour être honnête, la configuration n'a rien de neuf. L'adulte irresponsable qui se retrouve soudain avec un gosse sur les bras, et à la fin tous deux en sortent meilleurs : on connaît cette mécanique par cœur. La réussite de Club Kid dépendra de sa capacité à trouver sa propre voix plutôt que de se reposer sur les recettes éprouvées.

L'autre danger, c'est le ton. Le film se présente à la fois comme un drame et une comédie, et trouver cet équilibre est l'une des choses les plus difficiles qui soient. Trop de gags, et le deuil sonne faux. Trop de drame, et la légèreté de la nuit s'évapore. J'espère surtout qu'on n'aura pas droit à une version lissée et familiale : pour montrer la vie de fête, l'enjoliver serait la pire des erreurs.

Reste la durée : 122 minutes pour une histoire aussi intime, c'est un choix audacieux. J'espère que chaque minute sera justifiée.

Pour qui ?

Si vous aimez, regardez aussi : Big Daddy (1999), Pour un garçon (2002), Kramer contre Kramer (1979), Nos âmes d'enfants (2021)

Questions fréquentes

Quand sort Club Kid en France ?

Le film sort dans les salles françaises le 4 novembre 2026.

De quoi parle Club Kid ?

Peter Green, figure majeure des nuits new-yorkaises, découvre qu'il a un fils de dix ans, Arlo. Quand la mère du garçon meurt soudainement, Arlo débarque dans la vie débridée de son père.

Quelle est la durée de Club Kid ?

Le film dure 122 minutes.

Qui a réalisé Club Kid et qui joue dedans ?

Le film est réalisé par Jordan Firstman, qui tient aussi le rôle principal. Cara Delevingne fait partie de la distribution à ses côtés.

À quel genre appartient Club Kid ?

C'est un film américain entre drame et comédie : attendez-vous à une histoire douce-amère.

Faut-il passer une soirée de novembre avec Club Kid ?

Je ne prétends pas que ce sera le plus grand film de l'année, mais sur le papier, Club Kid est exactement le genre d'œuvre risquée et personnelle dont les salles manquent cruellement ces temps-ci. Le double rôle de Jordan Firstman et la présence de Cara Delevingne sont des raisons suffisantes pour garder un œil dessus.

Mon pronostic reste prudemment optimiste : si le film prend au sérieux le deuil d'Arlo et ne fait aucun cadeau à l'égoïsme de Peter, on pourrait tenir un joli petit film, douloureusement drôle. S'il se contente d'appliquer la recette habituelle, il restera une soirée sympathique mais vite oubliée. En tout cas, j'y serai, et j'espère de tout cœur que le moment où la lumière se rallume fera mouche.

Note attendue: 7,0/10 · Scénario 6 · Interprétation 7 · Réalisation 7 · Image 7 · Musique et son 8 · Émotion 7