Hitman & Bodyguard, critique : Ryan Reynolds et Samuel L. Jackson font sauter l'Europe à coups de jurons
Certaines recettes de cinéma tiennent en une phrase, et on sait tout de suite que la soirée sera bonne : enfermez dans une voiture un garde du corps obsédé par le contrôle et un tueur à gages au langage fleuri, puis faites exploser la moitié de l'Europe autour d'eux. Hitman & Bodyguard fait exactement ça. Le film n'invente rien, mais il appuie sur l'accélérateur avec un tel enthousiasme qu'on a du mal à lui en vouloir. Les prises de bec entre Ryan Reynolds et Samuel L. Jackson en sont le moteur, et ce moteur tourne à plein régime presque du début à la fin.
Ni malin ni original, mais grâce à l'alchimie de son duo vedette, c'est l'un des buddy movies d'action les plus réjouissants de ces dernières années.
Fiche du film
| Original | The Hitman's Bodyguard |
|---|---|
| Sortie en France | 23/08/2017 |
| Réalisation | Patrick Hughes |
| Distribution | Ryan Reynolds, Samuel L. Jackson, Gary Oldman, Salma Hayek Pinault, Élodie Yung, Richard E. Grant |
| Genre | Films d'action, Comédies, Polars, Thrillers |
| Durée | 118 min |
| Classification | 12 |
| Pays | Films bulgares, Films canadiens, Films français, Films hongkongais, Films américains, Films britanniques |
De quoi ça parle ? Un garde du corps, un tueur à gages et une très longue route jusqu'à La Haye
Michael Bryce, incarné par Ryan Reynolds, est le meilleur dans sa partie : un agent de protection d'élite qui conduit ses clients vivants d'un point A à un point B. Jusqu'au jour où on lui confie une mission qui heurte tout son amour-propre. Il doit protéger Darius Kincaid, l'un des tueurs à gages les plus célèbres et les plus recherchés de la planète, joué par Samuel L. Jackson. Leur relation est, disons, compliquée : jusqu'ici, ils se trouvaient chacun d'un côté du canon, et pas vraiment en bons termes.
Objectif : la cour de La Haye, où Kincaid doit arriver en vie. Problème, à part eux, à peu près personne ne le souhaite. La moitié de la pègre est à leurs trousses, un dictateur d'Europe de l'Est sans pitié, Vladislav Dukhovich, veut leur peau, et comme si cela ne suffisait pas, la redoutable épouse du tueur, Sonia, entre aussi dans la danse. Le résultat ? Des « vacances » européennes faites d'explosions, de courses-poursuites et de règlements de comptes sanglants, où le pire ennemi n'est parfois pas la balle, mais l'énergumène assis sur le siège d'à côté.
L'intrigue ne cherche pas la complexité, et c'est tant mieux. On est face à un film de duo à l'ancienne, bâti sur la cohabitation forcée, où le scénario sert surtout à placer les deux héros dans un maximum de situations où ils peuvent se taper sur les nerfs.
Reynolds contre Jackson : la vraie arme du film
Si l'on vous demande pourquoi voir ce film, la réponse tient en deux noms. Depuis Deadpool, Ryan Reynolds est l'incarnation du héros d'action sarcastique et autodérisoire. Ici, curieusement, c'est lui le rigide, le maniaque des règles, l'éternel agacé. Bryce veut tout contrôler, et Kincaid réduit ce contrôle en miettes à chaque réplique. Reynolds joue à merveille la crise de nerfs qui monte lentement.
Samuel L. Jackson, lui, fait ce qu'on attend de lui depuis Pulp Fiction, et ce que personne ne fait aussi bien : il jure, il sourit, et il mène la scène avec un calme absolu. Darius Kincaid est un assassin, mais Jackson lui donne tant de charme qu'on se surprend à le soutenir. Leurs joutes verbales sont les meilleurs moments du film, et souvent bien plus drôles que l'action elle-même.
Et cette alchimie ne repose pas que sur les vannes. À mesure que les deux personnages sont obligés de compter l'un sur l'autre, il se dégage quelque chose de délicieusement rétro, qui rappelle les meilleurs films d'action en duo des années 80.
Gary Oldman, Salma Hayek et les autres
Gary Oldman en Vladislav Dukhovich, le dictateur d'Europe de l'Est : sur le papier, un casting de luxe pour un film aussi léger. Oldman a déjà campé des méchants mémorables au cours de sa carrière, et il impose ici aussi une menace froide et imprévisible. Mais soyons honnêtes, le scénario ne lui laisse pas l'espace que mérite un acteur de ce calibre. Le méchant est ici davantage une fonction qu'un personnage.
Salma Hayek, en Sonia Kincaid, est en revanche absolument géniale. La sulfureuse épouse du tueur n'a pas beaucoup de scènes, mais dès qu'elle apparaît, elle aspire toute l'énergie du film. Hayek prend visiblement un plaisir fou, et le personnage est si exubérant qu'il pourrait sans peine porter son propre film.
Élodie Yung, dans le rôle d'Amelia Roussel, incarne le versant plus sérieux et terre à terre de l'histoire, tandis que Richard E. Grant, Joaquim de Almeida et Kirsty Mitchell complètent la distribution. Grant excelle particulièrement dans ces figures dont on rit volontiers, et le film en profite.
L'action selon Patrick Hughes : beaucoup d'explosions, un rythme étonnamment bon
Aux commandes, Patrick Hughes, déjà réalisateur d'Expendables 3. Il connaît donc bien ce cinéma d'action où la quantité de poudre compte plus que la finesse du récit. Mais il s'en sort mieux ici : les scènes d'action sont variées, les poursuites en voiture ont du punch, et le film laisse rarement le spectateur s'ennuyer.
Ce qui m'a vraiment plu, c'est la gestion du ton. Le film n'a pas peur du sang, il se montre parfois franchement brutal, tout en restant drôle en permanence. Ce mélange aurait pu partir dans tous les sens, mais Hughes tient bien la barre, et les décors européens offrent un arrière-plan joli et animé à tout ce chaos.
Les 118 minutes se font tout de même sentir. Une version raccourcie d'un bon quart d'heure aurait été plus nerveuse, surtout dans la partie centrale, où le film a tendance à se répéter.
Là où ça coince : prévisibilité et tours de piste en trop
Je ne vais pas prétendre que le film est sans défaut, car il ne l'est pas. La trame est totalement prévisible, et quiconque a vu quelques comédies d'action en duo devinera à peu près où va l'histoire. Le méchant, comme je l'ai dit plus haut, manque d'épaisseur, et l'intrigue politique, plus sérieuse, n'est guère qu'un prétexte aux fusillades.
L'humour est lui aussi inégal : les meilleures blagues surgissent dans les scènes communes des deux héros, et dès que le film les sépare, le rythme retombe nettement. Certaines vannes misent aussi un peu trop sur les gros mots, qui fonctionnent toujours dans la bouche de Jackson, mais dont le charme finit par s'émousser.
Malgré tout, ce sont plutôt des broutilles. Le film sait parfaitement ce qu'il veut être, et il tient sa promesse.
Pour qui ?
- Pour vous si : Tous ceux qui aiment les buddy movies bavards et pétaradants, et les fans de Ryan Reynolds ou de Samuel L. Jackson. Idéal pour un vendredi soir entre amis.
- Passez votre chemin si : Ceux qui cherchent un polar profond et plein de rebondissements ou une action crédible seront déçus. À éviter aussi si le sang à gogo et les jurons en continu vous dérangent.
Si vous aimez, regardez aussi : L'Arme fatale (1987), Midnight Run (1988), Rush Hour (1998), The Nice Guys (2016), Mr. & Mrs. Smith (2005)
Questions fréquentes
De quoi parle Hitman & Bodyguard ?
Un garde du corps d'élite, Michael Bryce, doit conduire vivant son pire ennemi, le tueur à gages Darius Kincaid, jusqu'à la cour de La Haye, alors que la moitié de la pègre et un dictateur d'Europe de l'Est sont à leurs trousses.
Quand Hitman & Bodyguard est-il sorti en France ?
Le film est sorti dans les salles françaises le 23 août 2017.
Quelle est la durée de Hitman & Bodyguard ?
Le film dure 118 minutes.
Qui joue dans Hitman & Bodyguard ?
Ryan Reynolds et Samuel L. Jackson tiennent les rôles principaux, entourés de Gary Oldman, Salma Hayek Pinault, Élodie Yung, Richard E. Grant, Joaquim de Almeida et Kirsty Mitchell.
Qui a réalisé Hitman & Bodyguard ?
Le film est réalisé par Patrick Hughes.
Quel est le titre original de Hitman & Bodyguard ?
Son titre original est The Hitman's Bodyguard.
Prêt à monter avec Bryce et Kincaid pour ce road trip européen sanglant ?
Pour moi, c'est oui. Hitman & Bodyguard n'entrera pas dans les manuels d'histoire du cinéma, et son intrigue est aussi prévisible qu'un horaire de train, mais on voit rarement un duo aussi bien assorti. La précision névrosée de Ryan Reynolds et le chaos décontracté de Samuel L. Jackson créent une dynamique qui tient sans peine deux heures, et Salma Hayek débarque en tornade dans chacune de ses scènes pour voler la vedette à tout le monde. Si vous avez envie d'une comédie d'action bruyante, drôle, parfois étonnamment brutale, qui ne prétend pas être plus que ce qu'elle est, ce film est pour vous. Débranchez le cerveau, préparez le pop-corn et profitez de la balade jusqu'à La Haye.
