Werwulf, critique en avant-première : Robert Eggers lâche la bête dans les salles
Quand le nom de Robert Eggers figure sur l'affiche d'un film d'horreur, je prends ma place sans réfléchir, quitte à mal dormir pendant deux semaines. Werwulf arrive dans les salles françaises le 6 janvier 2027, et à voir la distribution, on dirait que le cinéaste a rappelé ses complices les plus fidèles pour une nouvelle nuit bien noire. Voici une critique en avant-première : ce qu'on peut en espérer, et là où ça pourrait déraper.
Sur le papier, c'est le film d'horreur le plus prometteur de 2027, et si Eggers est à son niveau habituel, il pourrait devenir une nouvelle référence du film de loup-garou.
Fiche du film
| Sortie en France | 06/01/2027 |
|---|---|
| Réalisation | Robert Eggers |
| Distribution | Aaron Taylor-Johnson, Willem Dafoe, Bodhi Rae Breathnach, Ralph Ineson, Lily-Rose Depp, Jack Morris |
| Genre | Films d'horreur |
| Classification | 16 |
| Pays | Films américains |
De quoi ça parle ? Pour l'instant, le brouillard est plus épais que dans une forêt d'Eggers
Soyons honnêtes : officiellement, on en sait sur l'intrigue de Werwulf à peu près ce que le titre veut bien dire, c'est-à-dire presque rien. Il y aura un loup-garou, ça, c'est certain. Sous la peau de qui le poil va pousser, qui traquera qui, et comment tout cela finira, je ne vais pas l'inventer, ce ne serait pas correct.
Chez Eggers, ce n'est pas du tout un problème. Je ne suis jamais allé voir ses films pour les rebondissements. Ce qui attire, c'est sa façon de dépoussiérer une vieille légende tout en gardant sa poussière. Et le loup-garou est exactement ce genre de matière : une peur ancestrale que le cinéma a domestiquée au fil des décennies, tantôt en masque de caoutchouc, tantôt en décor de romance adolescente. J'attends d'Eggers qu'il lui rende ses crocs.
Robert Eggers, le cinéaste qui transforme le passé en fantôme
La filmographie d'Eggers est remarquablement constante, chose rare dans l'horreur. The Witch (2015) racontait la lente désagrégation d'une famille puritaine, après quoi beaucoup n'ont plus jamais regardé une chèvre du même œil. The Lighthouse (2019), c'était la folie en noir et blanc, deux hommes et des litres d'alcool. The Northman (2022) a pris la forme d'une épopée viking de vengeance d'une brutalité folle, et Nosferatu (2024) a prouvé qu'on pouvait encore tirer du neuf d'un classique adapté cent fois.
Le point commun : un attachement obsessionnel à la reconstitution d'époque, à la langue, aux superstitions. Chez lui, le surnaturel n'est pas un jump scare mais une atmosphère qui vous rampe lentement sous la peau. Entre ces mains, un film de loup-garou ne sera sans doute pas un film de monstre bourré d'action, plutôt un cauchemar oppressant, terreux et sale. Et c'est précisément ce que j'ai envie de voir.
Des visages familiers au clair de lune : la distribution
En parcourant le générique, on a l'impression qu'Eggers travaille avec sa propre troupe. Willem Dafoe a déjà tourné avec lui dans The Lighthouse et Nosferatu, et peu d'acteurs aujourd'hui savent être aussi naturellement effrayants et pitoyables à la fois. Quand Dafoe apparaît dans un film d'Eggers, il va se passer quelque chose d'étrange.
Ralph Ineson est depuis The Witch la voix préférée du réalisateur, avec ce timbre grave qui semble sortir de la terre et qui transforme une simple prière en menace. Aaron Taylor-Johnson et Lily-Rose Depp ont tous deux travaillé avec Eggers sur Nosferatu, où Depp portait un poids physique et psychologique considérable. Je suis curieux de voir ce qu'on lui confie cette fois.
On trouve aussi au casting Bodhi Rae Breathnach, Jack Morris et Ritchi Edwards. Qui joue quoi, et qui tient le rôle principal, rien n'a encore filtré, donc je ne m'aventurerai pas à deviner. Je dirai simplement que chez Eggers, les visages moins connus livrent souvent des prestations mémorables : les enfants de The Witch me hantent encore.
Qu'est-ce qui pourrait en faire un grand film ?
À mon avis, trois raisons peuvent faire de Werwulf une réussite.
- Le genre est affamé. Le film de loup-garou est depuis longtemps le parent pauvre de l'horreur. Des vampires et des zombies, on en a eu des dizaines de films sérieux ; des lycanthropes, presque pas. Il est temps que quelqu'un prenne la créature au sérieux.
- Eggers et le folklore. Le cinéaste adore visiblement les vieilles croyances. La légende du loup-garou est exactement le genre de conte populaire terrifiant dont il sait tirer le meilleur.
- Le son et l'image. L'environnement sonore de ses films a toujours été de premier ordre : le vent qui hurle, le bois qui craque, les chuchotements. Dans ce cadre, un hurlement de loup pourrait glacer jusqu'aux os.
Et puis il y a la date de sortie, en plein hiver. Début janvier, des après-midi sombres, le froid. On ne pouvait pas rêver meilleure ambiance pour un film de loup-garou.
Où les risques pourraient-ils mordre ?
Je ne veux pas être partial, alors voici aussi mes doutes. Le premier : le rythme. Les films d'Eggers sont lents, et beaucoup n'aiment pas ça. Celui qui entend « loup-garou » et s'attend à un film de monstre nerveux risque d'être déçu si le film s'attarde de longues minutes dans la boue, le brouillard et la peur.
Le deuxième : le monstre lui-même. La malédiction éternelle du film de loup-garou, c'est la transformation et la représentation de la créature. Trop montrer, et on frôle le ridicule ; pas assez, et le public se sent frustré. J'ai hâte de voir comment Eggers s'en sortira, d'autant que l'Orlok de Nosferatu avait divisé les spectateurs.
Le troisième, enfin, ce sont les attentes. Après quatre films solides, la barre est placée très haut. Un Eggers simplement bon sera vécu par beaucoup comme une déception, ce qui est un peu injuste, mais c'est ainsi que fonctionne la hype.
À qui s'adresse Werwulf, et à qui le film de monstre pop-corn ?
Ce film ne devrait pas entrer dans la catégorie de l'horreur du samedi soir, celle où l'on sursaute en rigolant. Il s'adresse plutôt à ceux qui aiment qu'un film d'horreur ne les lâche pas après le générique, à ceux que passionnent le mythe, le contexte historique, l'atmosphère. Si vous avez aimé The Witch ou Nosferatu, je pense que celui-ci vous plaira aussi.
Les amateurs de classiques penseront sans doute à la vieille tradition Universal : le loup-garou est l'un des plus anciens monstres du cinéma, et il a toujours porté quelque chose de tragique, celui de l'homme incapable de dompter la bête qui vit en lui. Je soupçonne Eggers de prendre cette tragédie au moins autant au sérieux que l'épouvante.
Pour qui ?
- Pour vous si : Aux fans d'Eggers, aux amateurs d'horreur atmosphérique qui prend son temps, et à tous ceux qui attendent depuis longtemps un film de loup-garou digne de ce nom.
- Passez votre chemin si : Ceux qui veulent un film de monstre nerveux et plein d'action, ou des frissons légers à base de sursauts, risquent de s'agiter d'impatience sur leur siège.
Si vous aimez, regardez aussi : The Witch (2015), The Lighthouse (2019), The Northman (2022), Nosferatu (2024), Wolfman (2010)
Questions fréquentes
Quand Werwulf sort-il en salles en France ?
Werwulf sort dans les salles françaises le 6 janvier 2027.
Qui a réalisé Werwulf ?
Le film est réalisé par Robert Eggers, à qui l'on doit déjà The Witch, The Lighthouse, The Northman et Nosferatu.
Qui joue dans Werwulf ?
La distribution comprend Aaron Taylor-Johnson, Willem Dafoe, Bodhi Rae Breathnach, Ralph Ineson, Lily-Rose Depp, Jack Morris et Ritchi Edwards.
Quel est le genre de Werwulf ?
Werwulf est un film d'horreur américain.
De quel pays vient le film ?
Werwulf est une production américaine.
Faut-il attendre la pleine lune de janvier ?
Je pense que oui, vraiment. Je le dis rarement d'un film dont on ne sait presque rien de l'histoire, mais Eggers ne nous a jamais donné de raison de douter, et la distribution réunit ses meilleurs collaborateurs. Le rythme et la représentation du monstre pourraient être les points faibles, mais si le cinéaste est en forme, Werwulf pourrait bien être l'un des films d'horreur les plus marquants de 2027. Le 6 janvier, je serai à la première séance, et je ne promets pas de rentrer chez moi d'un pas assuré dans le noir.
