Bumblebee, la critique : la Coccinelle jaune qui a enfin donné un cœur aux Transformers
Qui aurait parié qu'une vieille Coccinelle jaune toute rouillée réussirait là où cinq Transformers bruyants et saturés d'explosions avaient échoué : nous émouvoir ? Bumblebee est un film plus modeste, plus calme et bien plus attachant que les précédents épisodes de la franchise, et c'est justement ce qui le rend meilleur. Travis Knight nous ramène en 1987 pour raconter l'amitié entre une jeune fille et un robot, loin du vacarme de fin du monde habituel.
Bumblebee est l'épisode le plus attachant de la saga Transformers : une aventure pleine de cœur, d'humour et de charme eighties, que même ceux qui n'aiment pas la franchise peuvent apprécier.
Fiche du film
| Sortie en France | 26/12/2018 |
|---|---|
| Réalisation | Travis Knight |
| Distribution | Dylan O'Brien, Hailee Steinfeld, John Cena, Jorge Lendeborg Jr., John Ortiz, Stephen Schneider |
| Genre | Films d'action, Films d'aventure, Films de science fiction |
| Durée | 114 min |
| Classification | TP |
| Pays | Films chinois, Films américains |
Casse auto, Coccinelle, 1987 : de quoi parle Bumblebee ?
L'histoire se déroule en 1987, dans une petite ville balnéaire de Californie. Bumblebee, le robot capable de se transformer en voiture, se cache dans une casse sous l'apparence d'une Volkswagen Coccinelle cabossée et à bout de souffle. C'est là que le trouve Charlie, qui s'apprête à fêter ses 18 ans et cherche encore sa place dans le monde. Quand elle remet le tacot en marche, elle comprend vite que cette Coccinelle n'a rien d'une voiture ordinaire.
Voilà pour le point de départ, et je n'en dirai pas plus, car la grande force du film tient précisément à la façon dont cette relation se construit. On est loin des Transformers version Michael Bay, où un gratte-ciel s'effondre toutes les deux minutes. Ici, une adolescente solitaire rencontre un robot tout aussi seul et perdu, et le film prend cette rencontre au sérieux. C'est une recette qu'on connaît bien grâce aux grands films d'aventure familiaux des années 80, et elle va étonnamment bien à la franchise.
Hailee Steinfeld porte le film sur ses épaules
Quand, dans un film où la moitié du duo principal est un robot en images de synthèse, l'actrice en chair et en os parvient encore à voler la vedette, c'est que quelque chose a vraiment fonctionné. Hailee Steinfeld est tout simplement parfaite en Charlie Watson. Elle ne joue pas l'éternelle ado « cool » de service, mais une fille un peu en marge, un peu têtue, blessée, pour qui on se met vraiment à vibrer. Qu'elle passe une bonne partie de ses scènes face à un partenaire qui ne parle quasiment pas et ne réagit que par des sons et des gestes mérite d'être salué.
À ses côtés, John Cena campe Jack Burns, ce genre de militaire bourru qu'on ne peut prendre qu'à moitié au sérieux, exactement ce qu'on attend de lui, et il dose habilement menace et autodérision. Jorge Lendeborg Jr. est attachant en Memo Gutierrez, le voisin étourdi et un peu gauche, tandis que John Ortiz assure en Dr Powell, la figure obligée du scientifique. La famille de Charlie est composée de Pamela Adlon (Sally Watson), Stephen Schneider (Ron) et Jason Ian Drucker (Otis Watson). Leurs personnages n'ont pas de grands arcs, mais les scènes familiales sonnent juste dans leur maladresse, telles qu'une ado peut percevoir son foyer.
Quant à la voix du robot, c'est celle de Dylan O'Brien, qui prête sa voix à B-127, alias Bumblebee. Ceux qui connaissent le personnage savent que sa voix ne s'entend pas toujours au sens propre, mais la présence d'O'Brien se fait sentir là où il faut.
Travis Knight, l'artisan
Le film est réalisé par Travis Knight, à qui l'on doit déjà Kubo et l'armure magique, petite merveille en stop-motion du studio Laika. Et ce parcours se voit. Knight pense visiblement en personnages et en gestes, pas en taille d'explosions. Bumblebee n'est pas ici un monstre d'acier, mais une créature expressive, d'une fidélité presque canine, dont chaque mouvement mêle un peu de maladresse et beaucoup de cœur.
La mise en scène est sobre mais assurée. Les combats sont lisibles : on voit enfin qui frappe qui, et quel robot est lequel. Après les précédents Transformers, c'est presque un soulagement de ne plus avoir à plisser les yeux pour deviner ce qui se passe dans le chaos métallique. Le rythme est lui aussi plus humain, il laisse de la place aux moments calmes, et ce sont eux qui donnent son âme au film.
Ce qui marche vraiment : la magie des années 80
L'année 1987 n'est pas qu'un décor. Toute l'atmosphère du film repose sur ce type d'aventure adolescente que connaissent les spectateurs d'E.T. l'extra-terrestre ou du Géant de fer : un jeune, une créature mystérieuse qu'il faut cacher au monde des adultes, et une amitié qui transforme l'un comme l'autre. La recette a fait ses preuves, et elle fonctionne encore ici.
Ce que j'ai préféré :
- L'humour. Les maladresses de Bumblebee et les premiers moments de découverte sont vraiment drôles, sans tomber dans la blague gênante pour enfants.
- L'échelle. Le film ose réduire les enjeux, et tout en paraît plus important.
- Le design. L'apparence des robots se rapproche des figures du dessin animé classique, un vrai régal pour les fans de la première heure.
- L'ambiance d'époque. Musique, vêtements, voitures : le film aime les années 80, et ça se sent.
Où la Coccinelle jaune cale-t-elle ?
Tout n'est pas parfait pour autant. L'histoire emprunte des chemins très balisés, et quiconque a vu quelques films du genre « l'enfant solitaire et son ami secret » devinera à peu près où tout cela mène. Les surprises ne viennent pas de l'intrigue, mais de la qualité de l'interprétation et de la mise en scène.
Le camp des méchants n'est pas non plus le plus passionnant : la menace relève davantage de la fonction que du vrai personnage, et la piste militaire vire parfois au dessin animé. Les seconds rôles, surtout la famille de Charlie, auraient mérité davantage. Mais ce sont des détails qu'on pardonne volontiers à un film aussi attachant. Mieux vaut un peu prévisible et sincère qu'original et sans âme.
Pour qui ?
- Pour vous si : Pour ceux qui ont grandi avec les dessins animés Transformers, ou qui aiment les aventures adolescentes touchantes dans l'esprit d'E.T. Un excellent choix aussi pour une sortie ciné en famille avec des enfants pas trop petits.
- Passez votre chemin si : Ceux qui attendent les explosions non-stop et les batailles gigantesques à la Michael Bay risquent de trouver le spectacle un peu mince. Les allergiques aux histoires prévisibles pourraient aussi faire la moue.
Si vous aimez, regardez aussi : E.T. l'extra-terrestre (1982), Le Géant de fer (1999), Transformers (2007), Kubo et l'armure magique (2016), Super 8 (2011)
Questions fréquentes
De quoi parle Bumblebee ?
En 1987, Bumblebee se cache sous la forme d'une Coccinelle Volkswagen dans la casse d'une petite ville balnéaire de Californie. Charlie, 18 ans, le découvre et, en le remettant en marche, comprend qu'il ne s'agit pas d'une voiture ordinaire.
Quand Bumblebee est-il sorti en France ?
Le film est sorti dans les salles françaises le 26 décembre 2018.
Combien de temps dure Bumblebee ?
Le film dure 114 minutes.
Qui a réalisé Bumblebee ?
Le film est réalisé par Travis Knight.
Qui joue dans Bumblebee ?
Hailee Steinfeld incarne Charlie Watson et Dylan O'Brien prête sa voix à Bumblebee. On retrouve aussi John Cena, Jorge Lendeborg Jr. et John Ortiz au casting.
Prêt à monter dans une Coccinelle jaune le temps d'une soirée ?
Moi, quand vous voulez. Bumblebee fait partie de ces rares films de franchise qui ont cherché à être meilleurs, et non plus gros, que leurs prédécesseurs, et le pari est réussi. Hailee Steinfeld est excellente, et Travis Knight a prouvé que l'univers Transformers pouvait faire de la place à l'émotion, à l'humour et aux moments de calme. Ce n'est pas révolutionnaire et ça ne cherche pas à l'être, mais c'est une aventure chaleureuse et nostalgique qu'on revoit avec plaisir un soir de décembre. Si vous l'avez évité jusqu'ici par lassitude des robots tapageurs, donnez-lui sa chance : cette Coccinelle a un cœur étonnamment grand.
