Le nouveau stagiaire, critique : Robert De Niro en stagiaire, et ça marche bien mieux que prévu
Robert De Niro en costume, attaché-case à la main, au milieu de l'open space d'une start-up branchée : l'image suffit déjà à faire sourire. Sorti en France en octobre 2015, Le nouveau stagiaire est devenu, sans faire de bruit, l'un de ces films doudous qu'on revoit encore et encore. Nancy Meyers ne prétend pas changer le monde. Elle veut simplement qu'on passe un bon moment, et elle y parvient étonnamment souvent.
Tiède, gentil, parfois trop lisse, mais aussi réconfortant qu'une tasse de thé au bout d'une longue semaine.
Fiche du film
| Original | The Intern |
|---|---|
| Sortie en France | 07/10/2015 |
| Réalisation | Nancy Meyers |
| Distribution | Robert De Niro, Anne Hathaway, Rene Russo, Anders Holm, JoJo Kushner, Andrew Rannells |
| Genre | Comédies |
| Durée | 121 min |
| Classification | U |
| Pays | Films américains |
Le bureau plutôt que la retraite : de quoi parle Le nouveau stagiaire ?
Ben Whittaker a soixante-dix ans, il est veuf, et il découvre que la retraite ne lui convient pas. Il peut voyager, multiplier les hobbies, mais quelque chose manque : partir le matin, avoir une mission, savoir qu'on compte sur lui. Alors, quand l'occasion se présente, il reprend le chemin du travail, et pas n'importe où. Il devient stagiaire au sein du site de mode en ligne fondé par Jules Ostin.
Voilà le point de départ, et franchement, il n'en faut pas plus. Le film ne mise pas sur ses rebondissements, mais sur la chaleur qui naît du frottement entre deux générations, deux cultures du travail, deux rythmes de vie que tout oppose. Ceux qui attendent de grands retournements de situation peuvent passer leur chemin. Ceux qui aiment regarder des gens apprendre peu à peu à s'apprécier, en revanche, s'y sentiront comme chez eux.
De Niro comme on l'a rarement vu
Le nom de Robert De Niro évoque Taxi Driver, Raging Bull ou Les Affranchis. Ici, il compose au contraire un personnage sans la moindre menace, sans la moindre explosion. Ben est courtois, attentif, a toujours un mouchoir sur lui et sait exactement quand parler et quand se taire. Cette retenue est la meilleure arme du film.
Soyons honnêtes : ces dernières années, De Niro n'a pas toujours choisi ses comédies avec soin, et plus d'une fois on a eu le sentiment qu'il était là pour le chèque. Pas cette fois. On le sent prendre plaisir à ce rôle de gentleman discret et un peu old school, et il dégage un calme qui finit par gagner le spectateur. Nul besoin de gesticuler : un petit sourire lui suffit pour en dire plus que les seconds rôles en une scène entière.
Anne Hathaway dans le fauteuil de la patronne
Dans le rôle de Jules Ostin, Anne Hathaway incarne l'exact opposé : une entrepreneuse survoltée, débordée, qui veille à tout, bâtit sa propre société et tente en même temps de garder sa vie en un seul morceau. Difficile de ne pas sourire de l'ironie : quelques années plus tôt, dans Le Diable s'habille en Prada, Hathaway débutait tout en bas de l'échelle du monde de la mode. Ici, c'est elle qui trône au sommet, et c'est elle qu'il faut apprendre à gérer.
Hathaway a parfaitement saisi son personnage. Jules est tantôt agaçante, tantôt attachante, et c'est très bien ainsi : le film ne cherche pas à en faire une sainte, mais une femme de chair et de sang qui essaie d'être à la hauteur partout. L'alchimie entre elle et De Niro est le cœur du film. Ni romance, ni tout à fait relation père et fille, plutôt une amitié à mi-chemin des deux, comme on en voit rarement placée au centre d'une comédie américaine.
Les seconds rôles : Rene Russo et la jeune garde
L'entourage apporte lui aussi beaucoup. Rene Russo, dans le rôle de Fiona Farwell, est élégante et drôle, et l'on apprécie de voir un personnage plus proche de la génération de Ben. Anders Holm en Matt Ostin et JoJo Kushner en Paige Ostin représentent le versant familial et donnent au personnage de Jules davantage de relief.
Côté bureau, Adam Devine (Jason), Zack Pearlman (Davis) et Andrew Rannells (Cameron) apportent l'ambiance start-up : le style décontracté, le passage hésitant à l'âge adulte, les vannes. Ces personnages frôlent parfois le cliché, mais ils remplissent bien leur rôle : montrer, aux côtés de Ben, tout ce qu'un aîné peut transmettre aux plus jeunes, et inversement.
L'univers de Nancy Meyers : lumières douces et cuisines de rêve
Les films de Nancy Meyers ont un style reconnaissable entre mille. Pensez à Tout peut arriver ou à The Holiday : chaque appartement est magnifique, chaque lumière est chaude, chaque cuisine donne envie d'emménager sur-le-champ. Le nouveau stagiaire ne fait pas exception. Le bureau est lumineux et ouvert, les intérieurs sont du meilleur goût, et le film tout entier ressemble à un magazine de décoration parfaitement mis en page.
Beaucoup le lui reprochent, en trouvant tout cela irréaliste, aseptisé. Ils n'ont pas complètement tort. Mais Meyers ne cherche pas à montrer la réalité dans toute sa rudesse : elle dépeint un monde un peu meilleur, un peu plus doux, où les conflits trouvent une issue et où les gens veulent, au fond, bien faire. Si vous acceptez ce pacte, le film fonctionne. Sinon, vous passerez deux heures à lever les yeux au ciel.
Où le film trébuche-t-il ?
Avec ses 121 minutes, le film est généreux pour une comédie, et ça se sent. Certaines scènes traînent franchement en longueur, et une ou deux intrigues secondaires auraient pu être raccourcies sans dommage. L'humour est doux : il fait rarement rire aux éclats, il arrache plutôt des sourires.
L'autre souci, c'est un excès de lissage. Le film évite parfois tellement les conflits francs que les enjeux perdent de leur poids. On sait que tout finira par s'arranger, et si c'est réconfortant, un peu de vraie tension m'a parfois manqué. Reste un film léger, à l'atmosphère bienveillante, qui se partage volontiers en famille.
Pour qui ?
- Pour vous si : Pour tous ceux qui rêvent d'une soirée chaleureuse, tendre et sans stress, et qui aiment les films portés par Robert De Niro ou Anne Hathaway. Le choix idéal après une semaine épuisante.
- Passez votre chemin si : Ceux qui cherchent du rythme, des gags qui claquent ou une satire sociale mordante seront déçus. Les spectateurs cyniques risquent de le trouver trop sucré.
Si vous aimez, regardez aussi : Le Diable s'habille en Prada (2006), Tout peut arriver (2003), The Holiday (2006), Pas si simple (2009), Les Stagiaires (2013)
Questions fréquentes
De quoi parle Le nouveau stagiaire ?
D'un veuf de 70 ans, Ben Whittaker, qui s'ennuie à la retraite et devient stagiaire au sein du site de mode en ligne dirigé par Jules Ostin.
Quand Le nouveau stagiaire est-il sorti en France ?
Le film est sorti dans les salles françaises le 7 octobre 2015.
Quelle est la durée du Nouveau stagiaire ?
Le film dure 121 minutes.
Qui a réalisé Le nouveau stagiaire ?
Le film a été réalisé par Nancy Meyers.
Qui sont les acteurs principaux du Nouveau stagiaire ?
Robert De Niro (Ben Whittaker) et Anne Hathaway (Jules Ostin), entourés notamment de Rene Russo, Anders Holm, Adam Devine et Andrew Rannells.
Faut-il s'installer devant un stagiaire de soixante-dix ans ?
Oui, à condition de savoir où l'on met les pieds. Le nouveau stagiaire n'est pas un grand film, pas un film révolutionnaire, et il ne cherche pas à l'être. Il repose sur un point de départ bien trouvé, deux excellents comédiens et l'univers doux et chaleureux de Nancy Meyers, et il en tire honnêtement le meilleur. Parfois trop long, parfois trop sucré, mais rares sont les films qui font autant de bien. Je lui donne 7 sur 10, et je l'avoue, je l'ai déjà revu plusieurs fois.
