Street Fighter, critique en avant-première : Ryu et Ken reviennent, et ils tiennent peut-être enfin le film qu'ils méritent
Trente ans de honte à effacer, rien que ça. Tout le monde connaît le jeu, mais personne n'a jamais su le porter correctement sur grand écran. Le Street Fighter de 2026 nous ramène en 1993, avec au générique des catcheurs, un rappeur et des humoristes, et c'est justement ce mélange improbable qui donne de l'espoir. Attention, il ne s'agit pas de la critique d'un film déjà vu, mais d'un avant-goût : ce qu'on peut en attendre, et pourquoi j'y crois plus que de raison.
Sur le papier, c'est l'adaptation de Street Fighter la plus audacieuse et la plus déjantée jamais tentée. Si le réalisateur puise dans son propre humour anarchique, elle pourrait devenir l'un des rares vrais succès du genre.
Fiche du film
| Sortie en France | 13/10/2026 |
|---|---|
| Réalisation | Kitao Sakurai |
| Distribution | Noah Centineo, Andrew Koji, Callina Liang, Joe Anoa'i, David Dastmalchian, Cody Rhodes |
| Genre | Films d'action |
| Pays | Films américains |
De quoi ça parle ? Deux anciens amis, un tournoi et un complot
L'histoire se déroule en 1993, et rien que ce choix est un coup de génie : c'est l'âge d'or de Street Fighter II, celui des salles d'arcade, des pièces glissées dans la borne et des combos secrets qu'on se transmettait dans la cour de récré. Le film place au centre deux combattants de rue que la vie a éloignés : Ryu, incarné par Andrew Koji, et Ken Masters, joué par Noah Centineo. Leurs chemins se sont séparés il y a longtemps, mais les voilà obligés de remonter sur le ring.
L'élément déclencheur, c'est la mystérieuse Chun-Li (Callina Liang), qui les recrute pour le prochain World Warrior Tournament. D'après le synopsis officiel, on nous promet un affrontement sanglant de poings, de destins et de colères, mais derrière ce choc des rois se cache un complot mortel. De quoi forcer nos héros à se confronter l'un à l'autre, et aux démons de leur passé. Qui tire les ficelles ? Le synopsis se garde bien de le dire, et je ne m'aventurerai pas à deviner. Et comme le résume très justement le texte : en cas d'échec, c'est GAME OVER.
Honnêtement ? On reconnaît la structure classique du film de tournoi, à peu près le même squelette que celui des films d'arts martiaux des années 80 et 90. Et ce n'est pas un problème. D'un film Street Fighter, je n'attends pas du Shakespeare, mais du cœur, de l'humour et des bastons qui font trembler les fauteuils de la salle.
Le casting : des catcheurs, des rappeurs et une vraie star de l'action
À première vue, la distribution ressemble à une draft complètement folle, et c'est exactement pour ça que je l'adore. Andrew Koji est l'un des meilleurs choix imaginables pour Ryu : la série Warrior a prouvé qu'il maîtrise aussi bien les combats que la tension intérieure, toute en retenue. Noah Centineo s'est fait connaître dans les comédies romantiques, et Ken a besoin précisément de ce charme décontracté, un brin frimeur, qui lui vient naturellement. Si l'alchimie fonctionne entre les deux, la moitié du travail est déjà faite.
Callina Liang hérite peut-être de la mission la plus délicate : Chun-Li est l'un des personnages féminins les plus iconiques de l'histoire du jeu vidéo, et les fans ne lui feront aucun cadeau. Côté seconds rôles, on retrouve deux superstars du catch, Joe Anoa'i, que le public connaît sous le nom de Roman Reigns, et Cody Rhodes. Tous deux ont la carrure d'un film de baston, et la théâtralité outrancière du catch colle étonnamment bien à l'univers de Street Fighter.
Il y a aussi David Dastmalchian, capable de mettre mal à l'aise dans n'importe quel film, ainsi qu'Andrew Schulz et Eric André, qui renforcent le versant comique. Vidyut Jammwal compte parmi les artistes martiaux les plus sérieux du cinéma d'action indien, et j'avoue que c'est de lui que j'attends le plus de chorégraphies vraiment palpables. Et la cerise sur le gâteau : 50 Cent. Je ne détaillerai pas qui joue qui parmi eux, faute d'informations confirmées, mais la liste à elle seule promet un film qui ne se prendra pas mortellement au sérieux.
Kitao Sakurai : le choix le plus inattendu, et peut-être le meilleur
C'est ici que beaucoup vont froncer les sourcils. Kitao Sakurai n'a rien d'un réalisateur d'action classique. On lui doit Bad Trip, comédie en caméra cachée avec Eric André, et il a aussi trempé dans l'univers absurde et anarchique de The Eric Andre Show. Sur le papier, ça sonne bizarre à la tête d'un blockbuster de baston.
Sauf que, selon moi, c'est justement la clé. Street Fighter n'a jamais été une histoire sombre et réaliste. C'est un jeu où un sauvage à la peau verte crépitant d'électricité affronte un maître de yoga capable d'étirer ses bras sur la moitié de l'écran. L'un des grands défauts des adaptations précédentes, c'est qu'elles se prenaient soit trop au sérieux, soit devenaient ridicules dans le mauvais sens du terme. Un réalisateur qui comprend l'absurde assumé et le rythme de la comédie peut trouver ce ton où le film est ridiculement divertissant, sans être ridiculement raté.
Évidemment, le risque se niche au même endroit : si l'humour écrase les enjeux et que les combats ne servent que de remplissage entre deux vannes, les fans hardcore seront déçus.
L'ombre du passé : les anciens films Street Fighter
Impossible de ne pas parler du passé, parce que les fans en parleront. Le Street Fighter de 1994, avec Jean-Claude Van Damme, est devenu culte, mais surtout parce qu'il est si délirant de nullité qu'il en devient bon. Raul Julia en Bison est légendaire, mais le film ressemblait à peine au jeu. Quant à Street Fighter: Legend of Chun-Li en 2009, il a pratiquement disparu sans laisser de trace, et personne ne l'a regretté.
En comparaison, le nouveau film coche déjà plusieurs bonnes cases sur le papier. Le décor d'époque, une histoire centrée sur l'amitié de deux hommes et un casting qui mêle vrais combattants et catcheurs massifs montrent que l'équipe a compris ce qui fait marcher le jeu. Le reboot de Mortal Kombat en 2021 a prouvé que le genre avait encore de la vie, mais aussi que des fatalités spectaculaires ne suffisent pas quand les personnages sonnent creux. J'espère que la leçon a été retenue.
Qu'est-ce qui peut mal tourner ? La liste des risques
Je suis enthousiaste, pas aveugle. Voici les points où le film pourrait déraper :
- Trop de personnages : une dizaine de noms connus, et chacun mérite son moment. C'est une erreur fréquente dans les adaptations de jeux centrés sur leurs personnages : tout le monde a deux scènes, personne n'a de véritable arc.
- Le ton : entre un réalisateur venu de la comédie et la promesse d'un tournoi sanglant, l'équilibre peut facilement se perdre.
- La chorégraphie : si les combats sont surdécoupés et sombres, le film s'effondrera, aussi drôle soit-il.
- Les attentes des fans : chacun veut voir son personnage préféré, et satisfaire tout le monde est impossible.
Le synopsis qui parle ouvertement d'affrontement sanglant est en revanche plutôt bon signe : on peut espérer que la violence promise ne soit pas qu'un argument marketing et que le film n'ait pas été édulcoré pour viser un public familial.
Pour qui ?
- Pour vous si : Pour ceux qui martelaient les boutons des bornes d'arcade quand ils étaient gamins, et pour tous les amateurs de films d'action outranciers et volontairement fun, peuplés de catcheurs et de gros égos.
- Passez votre chemin si : Ceux qui attendent un drame d'arts martiaux sérieux et terre à terre, ou que l'absurde assumé agace, risquent fort de lever les yeux au ciel.
Si vous aimez, regardez aussi : Mortal Kombat (2021), Mortal Kombat (1995), Street Fighter : L'Ultime Combat (1994), Bad Trip (2021)
Questions fréquentes
Quand sort le film Street Fighter au cinéma ?
Le film sort dans les salles françaises le 13 octobre 2026.
De quoi parle le Street Fighter de 2026 ?
En 1993, deux combattants de rue que la vie a séparés, Ryu et Ken Masters, reprennent le combat lorsque Chun-Li les recrute pour le World Warrior Tournament. Mais derrière le tournoi se cache un complot mortel qui va aussi les confronter à leur passé.
Peut-on voir Street Fighter en famille ?
Pas vraiment avec de jeunes enfants. Le synopsis promet des affrontements sanglants, ce qui laisse penser que le film vise avant tout un public adolescent et adulte.
Qui a réalisé le nouveau film Street Fighter ?
Le film est réalisé par Kitao Sakurai.
Qui sont les acteurs principaux de Street Fighter ?
Andrew Koji incarne Ryu, Noah Centineo joue Ken Masters et Callina Liang prête ses traits à Chun-Li. On retrouve aussi au casting Joe Anoa'i, David Dastmalchian, Cody Rhodes, Andrew Schulz, Eric André, Vidyut Jammwal et 50 Cent.
On glisse une pièce dans la borne pour ce round ?
Oui, et sans trop hésiter. Le passé de Street Fighter au cinéma est tombé si bas qu'on ne peut que remonter, mais ce film ne compte pas uniquement là-dessus. Le décor de 1993, le duo Andrew Koji et Noah Centineo, un réalisateur sensible à l'humour absurde et décalé, et une troupe de seconds rôles qui tient à moitié du gala de catch et à moitié de la soirée stand-up : tout indique que quelqu'un a enfin compris que ce jeu est par essence fun et un peu fou. Mon pronostic, c'est un optimisme prudent. Si les combats cognent et que l'amitié entre Ryu et Ken est vraiment le cœur du film, ce pourrait être le premier Street Fighter dont on se souviendra sans gêne. Sinon, on aura au moins vu 50 Cent dans un film de baston. Verdict le 13 octobre : KO ou GAME OVER.
