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Critique

À deux mètres de toi, critique : un amour où le plus beau geste consiste à ne pas se toucher

Films américainsFilms romantiquesDramesFilms d'amourFilms pour ados

Il y a des films dont on devine dès l'affiche qu'il vaut mieux prévoir un paquet de mouchoirs, et À deux mètres de toi en fait clairement partie. Le drame romantique de Justin Baldoni suit deux adolescents atteints de mucoviscidose, contraints par la maladie de garder leurs distances. La recette est connue, certains ingrédients sont un peu trop sucrés, mais Haley Lu Richardson y met tellement de cœur qu'on a bien du mal à résister.

6,7/10
Note
Un teen drama prévisible, parfois lourdement sentimental, que la performance sincère et lumineuse de Haley Lu Richardson hisse nettement au-dessus de la moyenne du genre.
Scénario
6
Interprétation
8
Réalisation
6
Image
6
Musique et son
6
Émotion
8

La note globale est la moyenne des six critères.

Fiche du film

OriginalFive Feet Apart
RéalisationJustin Baldoni
DistributionHaley Lu Richardson, Cole Sprouse, Moisés Arias, Kimberly Hébert Gregory, Parminder Nagra, Claire Forlani
GenreFilms romantiques, Drames
Durée116 min
PaysFilms américains

De quoi parle À deux mètres de toi, sans spoiler ?

Stella Grant a dix-sept ans et, à bien des égards, c'est une ado comme les autres : elle ne lâche jamais son ordinateur portable et adore ses meilleurs amis. Sauf qu'elle passe le plus clair de son temps à l'hôpital, parce qu'elle est atteinte de mucoviscidose. Sa vie s'organise autour de listes, de règles et d'une discipline de fer : chaque médicament, chaque soin a sa place et son horaire.

Cet ordre soigneusement construit vole en éclats avec l'arrivée de Will Newman, un patient au charme insolent, lui aussi atteint de mucoviscidose. Le courant passe presque aussitôt, mais le règlement est formel : ils doivent en permanence respecter une distance de sécurité. Plus leur lien se renforce, plus la tentation grandit d'envoyer promener les consignes. Pour ne rien arranger, Will se rebelle contre son propre traitement, tandis que Stella essaie de le convaincre de vivre pleinement. Et la grande question reste entière : comment sauver quelqu'un qu'on n'a même pas le droit de toucher ?

Inutile d'en savoir davantage. La force du film tient de toute façon à la manière dont il déploie ce point de départ simple et cruel.

Un postulat qui fait mal tout seul

Soyons honnêtes : la meilleure idée du film tient déjà dans son pitch. Depuis des décennies, le cinéma romantique repose sur le baiser, l'étreinte, la main qu'on serre. Ici, ce sont justement les gestes interdits. Chaque fois que deux personnages se penchent l'un vers l'autre, le moment devient à la fois romantique et angoissant, car le spectateur sait parfaitement ce qui est en jeu.

C'est un piège dramatique très efficace, et le film l'exploite avec intelligence. Les plus belles scènes sont celles où l'amour passe à travers la distance : un regard, un petit geste inventif, un instant partagé qui ne peut jamais l'être tout à fait. Dans ces moments-là, À deux mètres de toi en dit vraiment plus sur le désir et le renoncement que la plupart des films du genre.

Petite curiosité : le titre original parle de cinq pieds, le titre français de deux mètres. Peu importe l'unité, l'idée est la même : un vide mesurable et implacable entre deux êtres, imposé non par les sentiments mais par la médecine.

Haley Lu Richardson porte tout le film sur ses épaules

S'il ne fallait retenir qu'une raison de voir ce film, ce serait Haley Lu Richardson. Ceux qui l'ont découverte dans Columbus savent à quel point son jeu peut être subtil, et elle prouve ici, dans un registre bien plus grand public, qu'une jeune fille obsédée par le contrôle et cramponnée à ses listes peut devenir un personnage de chair et de sang, profondément attachant. Sa Stella n'a rien d'un ange martyr : elle est drôle, agaçante, têtue et terriblement vivante. Quand elle pleure, ce n'est pas le scénario qui pleure à sa place, c'est elle.

Cole Sprouse hérite avec Will du rôle classique du bad boy inaccessible : cynique, rebelle, indifférent aux règles, et bien sûr beaucoup plus fragile qu'il n'y paraît. Depuis Riverdale, Sprouse maîtrise le regard sombre lancé à la caméra, et il le ressort ici. Ça fonctionne, mais le personnage est bien plus convenu que Stella, et l'acteur ne parvient pas totalement à le dépasser.

Côté seconds rôles, Moisés Arias apporte une vraie chaleur et beaucoup d'humour dans la peau de Poe : c'est l'une des plus agréables surprises du film. Kimberly Hébert Gregory campe avec justesse Barb, l'infirmière stricte mais aimante, celle qui incarne le règlement et qu'on n'arrive pourtant pas à détester. Parminder Nagra en Dr Hamid et Claire Forlani en Meredith complètent la distribution avec une présence plus discrète mais solide.

Justin Baldoni et l'art d'appuyer sur les boutons de l'émotion

Le réalisateur Justin Baldoni, que beaucoup connaissent d'abord comme acteur, veut visiblement très fort une chose : vous faire pleurer. C'est à la fois la force et la faiblesse du film. Le cadre hospitalier, les petites chambres, les couloirs, les tubes et les machines restituent de façon crédible l'univers dans lequel vivent ces jeunes, et heureusement, la maladie n'est pas un simple décor : elle façonne réellement le quotidien des personnages.

Pour autant, Baldoni ne fait pas toujours assez confiance à son matériau. Quand une scène fonctionne déjà toute seule, il en rajoute avec une nappe musicale émouvante, un ralenti, une réplique un peu trop écrite. Avec ses 116 minutes, le film s'étire aussi sensiblement : le deuxième tiers connaît des temps morts qu'un montage plus serré aurait facilement gommés.

Visuellement, le travail est propre et épuré, sans grande ambition formelle, mais il n'en a pas besoin. Les images sont chaleureuses, les couleurs douces, et tout concourt à garder l'attention sur le visage des deux héros.

Où le film dérape-t-il ?

Le principal problème, c'est la prévisibilité. Quiconque a déjà vu quelques romances adolescentes sur fond de maladie devinera à peu près le parcours émotionnel qui l'attend. Le film ne cherche pas à surprendre : il suit la trajectoire éprouvée du genre, simplement agrémentée d'un nouveau ressort astucieux.

Malgré tout, le film n'est pas cynique. On sent qu'il prend au sérieux son sujet et ses personnages, et cela compte beaucoup. Avec une telle histoire, il serait facile de réduire la maladie à un simple outil lacrymal, mais À deux mètres de toi s'efforce au moins de montrer ce que signifie vivre avec.

Pour qui ?

Si vous aimez, regardez aussi : Nos étoiles contraires (2014), Everything, Everything (2017), Si je reste (2014), Le Temps d'un automne (2002)

Questions fréquentes

De quoi parle À deux mètres de toi ?

De deux adolescents atteints de mucoviscidose, Stella et Will, qui tombent amoureux à l'hôpital mais doivent, à cause de leur maladie, garder leurs distances et ne peuvent même pas se toucher.

Combien de temps dure À deux mètres de toi ?

Le film dure 116 minutes.

Qui a réalisé À deux mètres de toi et qui sont les acteurs principaux ?

Ce film américain est réalisé par Justin Baldoni. Haley Lu Richardson (Stella) et Cole Sprouse (Will) tiennent les rôles principaux, entourés de Moisés Arias, Kimberly Hébert Gregory et Parminder Nagra.

Quel est le titre original d'À deux mètres de toi ?

Le titre original du film est Five Feet Apart.

Faut-il sortir les mouchoirs pour À deux mètres de toi ?

À deux mètres de toi ne va pas réinventer les règles du drame romantique, et il n'en a d'ailleurs pas l'ambition. Il est prévisible, parfois trop sucré, et la mise en scène de Justin Baldoni appuie plus lourdement qu'il ne faudrait sur la corde sensible. Il y a pourtant là quelque chose de profondément humain : une excellente idée de départ, qui tire toute sa tension du contact interdit, et une Haley Lu Richardson qui rend crédible chaque scène où elle apparaît.

Si, un soir de pluie, vous avez envie d'un bon film qui fait pleurer, vous pourriez faire bien pire. Gardez simplement les mouchoirs à portée de main et n'attendez pas de surprises. L'émotion, elle, finira par vous rattraper, même si vous la voyez venir de loin.

Note: 6,7/10 · Scénario 6 · Interprétation 8 · Réalisation 6 · Image 6 · Musique et son 6 · Émotion 8