Gremlins, la critique : l'animal le plus mignon du monde, à ne jamais nourrir après minuit
Une petite boule de poils, trois règles toutes simples, et bien sûr personne ne les respecte. Si Gremlins nous accompagne depuis des décennies, c'est parce que le film est à la fois un conte familial tout doux et un film d'horreur insolent et vachard. Le film de Joe Dante mord encore comme s'il avait été tourné hier.
Une comédie monstrueuse anarchique, drôle et étonnamment méchante, qui reste l'un des films cultes les plus attachants des années 80.
Fiche du film
| Original | Gremlins 2: The New Batch |
|---|---|
| Sortie en France | 22/08/1990 |
| Réalisation | Joe Dante |
| Distribution | Zach Galligan, Phoebe Cates, Hoyt Axton, Frances Lee McCain, Corey Feldman, Keye Luke |
| Genre | Films de fantasy, Films d'horreur, Comédies |
| Durée | 106 min |
| Classification | 12 |
| Pays | Films américains |
Trois règles que tout le monde enfreint
Le point de départ de Gremlins est si simple qu'on dirait un conte. Billy reçoit un nouvel animal de compagnie, Gizmo, petite créature qui ressemble à une peluche, accompagné d'un mode d'emploi très court : pas d'eau, pas de lumière vive, et surtout, même s'il pleure, même s'il supplie, ne jamais lui donner à manger après minuit.
Quiconque a déjà vu un film sait que ces règles ne sont énoncées que pour être brisées l'une après l'autre. Billy les enfreint toutes, et c'est là que tout bascule. Au contact de l'eau, Gizmo se multiplie, et le festin d'après minuit transforme sa progéniture en créatures ricanantes, malfaisantes et franchement mal intentionnées. Ces gremlins partent ensuite semer la pagaille dans la petite ville, et quand ils font un détour par la piscine, ils en ressortent par milliers.
Tout le génie tient au fait que le spectateur voit venir la catastrophe et savoure pourtant chaque étape de sa mise en place. C'est comme aligner des dominos : on sait qu'ils vont tomber, la seule question est de savoir dans quel fracas.
Joe Dante, l'anarchiste au grand cœur
Joe Dante sait exactement ce qui rend un film de monstres à la fois effrayant et hilarant. Il refuse de choisir entre les deux, et c'est la plus grande force du film. Gremlins passe en un clin d'œil de l'idylle provinciale à l'horreur pure, puis à une bouffonnerie absurde digne d'un cartoon des Looney Tunes.
On sent que Dante adore ses monstres. Ses créatures ne sont pas des bêtes sans visage, mais des voyous effrontés, désordonnés et fêtards, qui prennent autant de plaisir à tout casser qu'une bande d'ados lâchée dans un bâtiment abandonné. C'est ce qui les rend drôles, et un peu inquiétantes aussi : aucune logique chez eux, rien que la joie de détruire.
Le rythme est habile. Le film ne se jette pas tête baissée dans le chaos, il prend le temps de nous faire aimer Gizmo et la vie tranquille de la petite ville. Quand l'enfer se déchaîne, on a donc quelque chose à perdre.
Gizmo et sa bande
Soyons honnêtes : la vraie star du film, c'est Gizmo. Rares sont les créatures de cinéma qui conquièrent le public aussi vite. De grands yeux, une fourrure toute douce, un regard innocent, et celui qui ne rêve pas d'en ramener un chez lui a sans doute un cœur de pierre.
Côté humains, Zach Galligan incarne Billy, l'ado sympa par excellence, attachant et un peu maladroit comme il se doit. Phoebe Cates, dans le rôle de Kate, apporte chaleur et ancrage à l'histoire. Hoyt Axton en Rand Peltzer et Frances Lee McCain en Lynn Peltzer forment le cadre familial, et le rôle de McCain pèse étonnamment lourd dans la facette la plus rude du film.
Les seconds rôles réservent aussi quelques visages familiers : Corey Feldman apparaît en Pete, lui qui fut un pilier des films d'ados des années 80, Keye Luke campe le grand-père, figure mystérieuse et sage, et Dick Miller livre un excellent travail de second couteau en Mr. Futterman. Le jeu des acteurs n'est pas l'attrait principal du film, mais chacun fait exactement ce que le genre exige.
Marionnettes, bave et chaos bien réel
Gremlins vient d'une époque où les monstres étaient physiquement présents sur le plateau. Après des décennies saturées d'effets numériques, c'est aujourd'hui l'un de ses plus beaux trésors. Les créatures sont palpables, gluantes, ridées, et c'est précisément pour cela qu'elles fonctionnent. Il y a chez elles quelque chose de gauche, de mécanique, parfois comique, parfois franchement glaçant.
Les métamorphoses et les scènes de foule impressionnent encore, surtout quand on mesure tout le travail artisanal qu'elles ont demandé. Un spectateur d'aujourd'hui remarquera peut-être les limites des marionnettes, mais c'est plutôt un charme qu'un défaut. Un peu comme un vieux jouet usé qu'on ne céderait pour rien au monde.
La musique renforce beaucoup l'ambiance : à la fois espiègle et menaçante, exactement comme le film lui-même.
Là où la balance penche
Tout n'a pas résisté à l'épreuve du temps. La première partie peut sembler lente à ceux qui ne sont venus que pour les monstres, et une partie des habitants de la petite ville relèvent davantage de la fonction que du vrai personnage. L'intrigue humaine fait parfois office de simple cadre autour des pitreries des créatures.
Autre chose à savoir avant de se lancer : ce n'est pas un film pour les tout-petits, aussi mignonne soit l'affiche. On y trouve des moments cruels, sanglants et franchement effrayants, de quoi secouer sérieusement un jeune enfant. Bien des familles se sont fait avoir en attendant un dessin animé à cause de la peluche.
Ce ne sont toutefois que des broutilles dans un film qui joue avec les tons avec une telle assurance.
Pourquoi il ne s'use jamais
Le secret de Gremlins, c'est qu'il raconte un vrai conte : méfie toi de ce qu'on t'offre, et respecte les règles. Cette logique ancestrale, presque folklorique, rencontre un film de monstres insolent et nourri de culture pop, et le résultat est unique en son genre. Le film fait de l'œil aux fans d'horreur, au public des films familiaux et à tous ceux qui aiment regarder un petit monde bien rangé voler en éclats.
Pas étonnant que Gizmo soit devenu une icône des années 80, ni que le film se transmette de génération en génération. Il fonctionne toujours à la revoyure, et s'apprécie peut-être encore mieux à l'âge adulte, quand on mesure pleinement toute l'insolence et l'humour noir qu'il renferme.
Pour qui ?
- Pour vous si : Pour les amateurs d'humour noir, de monstres fabriqués à la main et de films cultes des années 80. Idéal pour une soirée entre adultes nostalgiques ou avec des ados déjà grands.
- Passez votre chemin si : Pour les familles avec de jeunes enfants qui s'attendent à un film pour petits à cause de l'affiche craquante. Ni pour ceux qui recherchent un spectacle moderne au rendu numérique impeccable.
Si vous aimez, regardez aussi : S.O.S. Fantômes (1984), Les Goonies (1985), E.T. l'extra-terrestre (1982), Gremlins 2 : La Nouvelle Génération (1990)
Questions fréquentes
De quoi parle Gremlins ?
Billy reçoit Gizmo, un animal de compagnie qui ressemble à une peluche, accompagné de trois règles très strictes. Quand il les enfreint, Gizmo se multiplie et sa progéniture se transforme en gremlins malfaisants qui mettent la petite ville sens dessus dessous.
Quelles sont les règles à respecter avec Gizmo ?
Ne jamais le mouiller, le tenir à l'écart de la lumière vive et, surtout, ne jamais le nourrir après minuit.
Quelle est la durée de Gremlins ?
Le film dure 106 minutes.
Peut-on regarder Gremlins avec des enfants ?
Seulement avec des enfants déjà grands. Malgré son héros adorable, le film contient des scènes effrayantes et violentes qui ne conviennent pas aux plus jeunes.
Qui a réalisé Gremlins ?
Le film est réalisé par Joe Dante.
On le nourrit encore une fois après minuit ?
Sans hésiter. Gremlins fait partie de ces rares films qui ne vieillissent pas, ils se bonifient. Mignon et méchant, drôle et effrayant, le tout avec un soin artisanal qu'on ne voit presque plus aujourd'hui. Si vous ne l'avez jamais vu, rattrapez ce retard, et si vous le connaissez, il est temps de le ressortir. Un seul conseil : rangez le grignotage avant que sonnent les douze coups de minuit.
Note Kinoster : 8,5/10
