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Critique · Sortie : 29/07/2009

Là-haut, la critique : le chef-d'œuvre en ballons de Pixar qui vous brise le cœur en dix minutes

Films américainsFilms d'animationComédiesFilms familiauxFilms d'aventureFilms pour enfants

Il y a ce moment, au début de Là-haut, où des adultes cherchent discrètement un mouchoir devant un dessin animé, et n'en ont même pas honte. Le film de Pete Docter raconte l'histoire d'un veuf solitaire de 78 ans qui, littéralement, arrache sa maison du sol pour s'envoler avec. Une idée de départ si farfelue que seul Pixar pouvait oser la prendre autant au sérieux, et c'est précisément ce qui la rend inoubliable.

9,5/10
Note
Là-haut compte parmi les sommets de Pixar : drôle, aventureux, et d'une sincérité rare sur le deuil et les rêves manqués, comme peu de films en prises de vues réelles savent l'être.
Scénario
9
Interprétation
9
Réalisation
10
Image
9
Musique et son
10
Émotion
10

La note globale est la moyenne des six critères.

Fiche du film

OriginalUp
Sortie en France29/07/2009
RéalisationPete Docter
DistributionEd Asner, Christopher Plummer, Jordan Nagai, Bob Peterson, Delroy Lindo, Jerome Ranft
GenreFilms d'animation, Comédies, Films familiaux, Films d'aventure
Durée96 min
ClassificationTP
PaysFilms américains

Une maison, des milliers de ballons et un rêve oublié

Carl Fredricksen a 78 ans et vit reclus depuis la mort de sa femme. Autour de sa vieille maison, une entreprise a racheté tous les terrains, et elle lorgne évidemment sur le sien. Mais Carl ne peut pas s'en séparer : les murs débordent de souvenirs, dont une photo devant laquelle le couple rêvait de partir un jour vers la plus grande chute d'eau du monde. Ce voyage, ils ne l'ont jamais fait.

Arrive alors le rebondissement qui a donné son affiche au film : fort de son passé de vendeur de ballons, Carl gonfle en une nuit assez de ballons pour soulever sa maison et, le matin où l'on doit l'emmener en maison de retraite, il s'élève tout simplement dans le ciel. Cap sur l'Amérique du Sud. Seul petit problème, un passager clandestin s'est glissé à bord : un jeune garçon qui se trouvait au mauvais endroit au mauvais moment, ou au bon endroit au bon moment, c'est selon.

Je n'en dirai pas plus, car l'un des grands plaisirs de Là-haut est de surprendre sans cesse. Une chose est sûre : ce qui commence comme la fuite d'un grand-père bougon devient un vrai film d'aventure, de ceux qui ne touchent pas de la même façon selon qu'on les découvre enfant ou adulte.

Ces dix premières minutes dont tout le monde parle

Je ne gâcherai pas les détails, mais impossible de ne pas le souligner : l'ouverture du film est l'un des choix les plus audacieux de l'animation moderne. Pixar lance une comédie familiale avec un prologue qui siérait davantage à un drame pour adultes. Presque sans paroles, par l'image et la musique, il raconte ce que bien des films n'arrivent pas à exprimer aussi clairement en deux heures.

Grâce à cette audace, Carl n'est pas un vieux bonhomme comique dont on se moque, mais un homme que l'on comprend. Derrière chaque ronchonnement, chaque geste obstiné, il y a quelque chose que nous portons aussi. Dès lors, la maison volante n'est plus un gag : elle devient à la fois deuil, défi et espoir. Rares sont les dessins animés où une grappe de ballons signifie autant.

Des voix qui donnent vie aux personnages

En version originale, Ed Asner est parfait en Carl Fredricksen. Sa voix est rocailleuse, grincheuse, mais on y devine une chaleur profonde, et c'est exactement ce qu'il faut pour que Carl ne devienne pas antipathique. On sent tout du long que ce vieux grognon a su, un jour, aimer très fort.

Jordan Nagai, dans le rôle de Russell, offre le contrepoint idéal : enthousiaste, bavard, un brin agaçant, comme un vrai gamin. Le duo formé par le vieil homme renfrogné et le petit garçon d'un optimisme inépuisable est le moteur du film. Christopher Plummer, que beaucoup connaissent depuis La Mélodie du bonheur, apporte un poids particulier à l'histoire en prêtant sa voix à Charles Muntz, mais pour éviter tout spoiler, je n'en dirai pas davantage.

Mention spéciale à Bob Peterson, qui double à la fois Dug et Alpha et fait de chacun un personnage mémorable. Delroy Lindo en Beta et Jerome Ranft en Gamma complètent joliment la meute, tandis que John Ratzenberger, porte-bonheur attitré des films Pixar, fait une nouvelle fois une apparition dans un petit rôle, celui de Tom, le chef de chantier.

Pete Docter, réalisateur au cœur tendre

Avec Monstres & Cie, Pete Docter avait déjà prouvé qu'il savait raconter des histoires aux enfants tout en émouvant les adultes. Là-haut pousse ce talent à son sommet. Docter n'a pas peur des moments lents et silencieux et, plus important encore, il fait confiance à son public. Il ne surexplique rien, ne nous assène aucune émotion, il laisse simplement les images faire leur travail.

Le rythme aussi est remarquable. En 96 minutes, le film réunit drame, slapstick, frissons d'aventure et une bonne dose d'humour absurde. Pourtant rien ne paraît surchargé, car chaque gag et chaque scène d'action se rattachent d'une manière ou d'une autre au parcours intime de Carl. C'est ce que les films d'animation moins inspirés n'apprennent jamais : le spectacle ne vaut quelque chose que si l'on tremble pour quelqu'un.

Des couleurs, des ballons et une mélodie qui ne vous lâche plus

Visuellement, Là-haut ressemble à un livre d'images plein de malice. Les formes carrées ou arrondies des personnages valent presque une description : la tête cubique de Carl dit tout de son entêtement. La maison flottant sous un nuage de ballons multicolores est l'une des images les plus iconiques que l'animation nous ait offertes, et les paysages sud-américains sont somptueux.

La musique mériterait à elle seule un chapitre. Le thème principal est une petite valse toute simple, charmante d'abord, puis de plus en plus douloureuse et de plus en plus belle à mesure qu'elle revient. Le montage d'ouverture repose en grande partie sur elle, et il tient magnifiquement. Si vous la fredonnez encore une semaine plus tard, ne soyez pas surpris.

Où le ballon vacille-t-il ?

S'il faut chipoter, et j'en ai un peu envie, je dirais que la seconde moitié ressemble par endroits davantage à un film d'aventure classique que ce que laissait espérer l'ouverture. La profondeur émotionnelle géniale des premières minutes cède parfois la place aux poursuites et au slapstick. Parfait pour les enfants, mais le spectateur adulte pourra regretter, le temps d'un instant, la magie silencieuse qui l'avait cueilli.

Cela reste un détail. Même dans ses passages les plus mouvementés, Là-haut sait où il va, et son cœur reste à la bonne place jusqu'au bout.

Pour qui ?

Si vous aimez, regardez aussi : Monstres & Cie (2001), WALL·E (2008), Toy Story 3 (2010), Vice-versa (2015), Coco (2017)

Questions fréquentes

De quoi parle Là-haut ?

Carl Fredricksen, veuf de 78 ans, fait s'envoler sa maison grâce à des milliers de ballons en une seule nuit et part pour l'Amérique du Sud, afin de réaliser le rêve qu'il partageait avec sa femme : rejoindre la plus grande chute d'eau du monde. Un jeune garçon, passager clandestin, l'accompagne dans ce voyage.

Quand Là-haut est-il sorti en France ?

Le film est sorti dans les salles françaises le 29 juillet 2009.

Quelle est la durée de Là-haut ?

Là-haut dure 96 minutes.

Qui a réalisé Là-haut ?

Le film est réalisé par Pete Docter.

Qui sont les voix de Là-haut en version originale ?

Ed Asner prête sa voix à Carl Fredricksen, Christopher Plummer à Charles Muntz, Jordan Nagai à Russell, et Bob Peterson à Dug et Alpha.

Quel est le titre original de Là-haut ?

Le titre original est Up. Il s'agit d'une comédie d'animation et d'un film d'aventure familial américain.

Remonterez-vous à bord de la maison de Carl ?

Si vous l'avez déjà vu, vous connaissez la réponse : oui, et vous serez encore ému. Et si, par on ne sait quel hasard, vous êtes passé à côté, ne remettez plus à plus tard. Là-haut fait partie de ces rares films d'animation qui offrent aux enfants une aventure merveilleuse et aux adultes un rappel discret, douloureusement beau, qu'il ne faut jamais laisser ses rêves prendre la poussière sur une étagère. Gardez un mouchoir à portée de main, et laissez les ballons vous emporter.

Note: 9,5/10 · Scénario 9 · Interprétation 9 · Réalisation 10 · Image 9 · Musique et son 10 · Émotion 10