La La Land, critique : la comédie musicale qui fait toujours mal dix ans après, et c'est pour ça qu'on l'aime
Il y a des films qu'on ne peut pas voir une seule fois, parce qu'au deuxième visionnage on n'attend plus la même chose, et on ne reçoit plus la même chose non plus. La La Land est exactement de ceux-là : en surface, un conte coloré, dansant et ensoleillé sur Los Angeles ; en dessous, une question d'une honnêteté implacable sur ce que vaut un rêve quand on perd quelqu'un en chemin. Le film de Damien Chazelle est sorti dans les salles françaises le 25 janvier 2017, et il n'a jamais vraiment quitté nos têtes depuis.
Une comédie musicale moderne déchirante et magnifiquement composée, à la fois lettre d'amour au vieil Hollywood et mise en garde lucide adressée aux rêveurs.
Fiche du film
| Sortie en France | 25/01/2017 |
|---|---|
| Réalisation | Damien Chazelle |
| Distribution | Ryan Gosling, Emma Stone, John Legend, Rosemarie DeWitt, Finn Wittrock, Callie Hernandez |
| Genre | Comédies, Drames, Films romantiques |
| Durée | 128 min |
| Classification | TP |
| Pays | Films américains |
Où regarder La La Land ?
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|---|---|
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Café, jazz et auditions : de quoi parle le film ?
L'histoire suit deux personnes qui, dans la même ville et avec la même faim, essaient de devenir quelqu'un. Mia (Emma Stone) est une actrice en devenir qui, entre deux auditions, sert des cafés crème à des stars de cinéma. Autrement dit, elle côtoie chaque jour la vie dont elle rêve, mais du mauvais côté du comptoir. Sebastian (Ryan Gosling) est un musicien de jazz qui enchaîne les cocktails mondains et les bars miteux, alors qu'un tout autre univers musical tourne dans sa tête.
Leur amour n'a rien d'une romance à l'eau de rose : c'est l'alliance de deux ambitieux. Et c'est là qu'intervient le retournement que le point de départ laisse deviner : à mesure que le succès approche, ils doivent faire des choix qui commencent à abîmer leur relation fragile, mais aussi les rêves pour lesquels ils se sont tant battus. Je n'en dirai pas plus, car ce film se vit avec ses surprises intactes.
Gosling et Stone : une alchimie qui ne se met pas en scène
Je l'affirme : ce couple est l'un des meilleurs duos de cinéma des années 2010. Ryan Gosling et Emma Stone avaient déjà tourné ensemble dans la comédie romantique Crazy, Stupid, Love, et ça se sent. Aucune gêne, aucun flirt calculé : leur complicité comme leurs frictions sonnent simplement juste.
Le Sebastian de Gosling est un brin arrogant, un puriste un peu vexé qui défend le jazz comme on veillerait un parent mourant. Il peut être agaçant, et c'est justement ce qui le rend intéressant. Emma Stone, elle, est le vrai cœur du film : les scènes d'audition de Mia contiennent tant de petites humiliations et d'espoir qu'on transpire presque avec elle. Ce ne sont ni des voix parfaites ni un niveau de danse digne de Broadway qui les rendent inoubliables, mais la vulnérabilité qui habite chacun de leurs gestes.
Parmi les seconds rôles, John Legend dans la peau de Keith mérite une mention à part : son personnage incarne le dilemme qui ronge Sebastian, à savoir jusqu'où on peut renoncer à ses principes pour réussir. Rosemarie DeWitt en Laura, Finn Wittrock en Greg, ainsi que Callie Hernandez, Sonoya Mizuno et Jessica Rothe dans le rôle des amies de Mia complètent le tableau, même si le film appartient clairement à ses deux têtes d'affiche.
Damien Chazelle, l'obsédé du rythme
Ceux qui ont vu le film précédent de Chazelle, Whiplash, savent que ce cinéaste ne traite pas la musique comme un décor, mais comme une question de vie ou de mort. La même obsession traverse La La Land, simplement habillée de couleurs plus vives. Là-bas, c'étaient les baguettes qui saignaient ; ici, c'est le cœur.
La mise en scène est tout bonnement virtuose. La caméra danse avec les personnages, et les longs plans sans coupe donnent l'impression de tomber dans une vieille comédie musicale hollywoodienne, avec une note moderne et légèrement mélancolique. Chazelle sait quand lâcher la réalité et quand nous ramener brutalement sur terre. C'est cette alternance qui donne au film sa pulsation : un instant on flotte parmi les étoiles, l'instant d'après on se retrouve assis à un dîner gênant.
Ce qui éblouit : des couleurs, des mélodies et une ville qui tient un rôle
Ici, Los Angeles n'est pas un décor, c'est un personnage. Entre les couchers de soleil violets et orangés, les bars aux néons et les autoroutes sans fin, la ville se montre à la fois séduisante et cruelle. L'image regorge de couleurs saturées, et les costumes (surtout les robes de Mia) parlent presque leur propre langue.
- La musique : les mélodies restent en tête pendant des jours, non pas à la manière facile des tubes accrocheurs, mais parce que chaque motif qui revient se charge d'un sens nouveau.
- La chorégraphie : l'enjeu n'est pas la perfection, mais de faire de la danse le prolongement naturel des émotions.
- L'atmosphère : à la fois nostalgique et résolument moderne, un équilibre rare.
Je l'avoue, j'ai eu la chair de poule plusieurs fois au premier visionnage, et l'effet ne s'est pas émoussé en le revoyant.
Où le charme vacille-t-il ?
Je ne serais pas honnête si je me contentais de m'extasier. La partie centrale est nettement plus lente, les 128 minutes ne se justifient pas partout, et certains vivent la seconde moitié, plus ancrée dans le réel, comme un changement de ton trop brutal. Ceux qui attendent une comédie musicale classique et joyeuse de bout en bout risquent d'être déçus, car le film n'enjolive pas le prix de l'ambition.
Les tirades du puriste Sebastian divisent aussi : par moments, elles sonnent plus comme une leçon que comme de la passion. Et oui, les voix des deux interprètes n'ont rien d'un niveau d'opéra. Pour moi, c'est plutôt une qualité, parce que ça les rend humains, mais je comprends que cela puisse gêner.
Pour qui ?
- Pour vous si : Tous ceux qui aiment la musique, la romance et ces films dont on a envie de parler avec quelqu'un pendant des jours. Particulièrement recommandé aux rêveurs, aux artistes et à quiconque a déjà dû choisir entre sa carrière et son amour.
- Passez votre chemin si : Ceux qui ne supportent pas les comédies musicales ou qui ont envie d'une comédie romantique simple et légère avec une fin heureuse. Le rythme plus lent et le ton mélancolique ne conviendront pas à tout le monde.
Si vous aimez, regardez aussi : Whiplash (2014), Chantons sous la pluie (1952), Les Parapluies de Cherbourg (1964), The Greatest Showman (2017), A Star Is Born (2018)
Questions fréquentes
De quoi parle La La Land ?
Mia, une actrice en devenir, et Sebastian, un musicien de jazz, tentent de réaliser leurs rêves à Los Angeles. À mesure que le succès arrive, ils font face à des choix qui mettent à l'épreuve leur relation et leurs ambitions.
Quand La La Land est-il sorti en France ?
Le film est sorti dans les salles françaises le 25 janvier 2017.
Quelle est la durée de La La Land ?
Le film dure 128 minutes.
Qui a réalisé La La Land ?
Le film est réalisé par Damien Chazelle, à qui l'on doit également Whiplash.
Qui sont les acteurs principaux de La La Land ?
Ryan Gosling joue Sebastian et Emma Stone incarne Mia, aux côtés de John Legend dans le rôle de Keith.
Faut-il encore se replonger dans La La Land aujourd'hui ?
Sans hésiter. La La Land fait partie de ces rares films qui ne vieillissent pas, ils mûrissent. Au premier visionnage, il vous envoûte ; au deuxième, vous vous attardez sur les détails ; au troisième, vous vous surprenez à repenser à vos propres choix. Chazelle n'a pas pris la voie de la facilité : il ne nous a pas offert un conte sucré, mais une confession douce-amère et superbe sur le prix de nos rêves, souvent plus élevé qu'on ne l'imagine. Branchez une bonne enceinte, éteignez la lumière et laissez la mélodie vous emporter sous le ciel violet de Los Angeles. Pour moi, c'est 9 sur 10, et c'est une note que je ne donne pas à la légère.
