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Critique · Sortie : 16/08/2006

Miami Vice : Deux Flics à Miami, critique d'un polar moite, nocturne et incompris signé Michael Mann

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Ceux qui attendaient des vestes pastel, des flamants roses et des tubes synthpop en ont été pour leurs frais en 2006. Le Miami Vice de Michael Mann n'a rien d'une soirée nostalgie. C'est un polar sombre, humide et nocturne, plus occupé à installer une atmosphère qu'à dérouler une intrigue. Vingt ans plus tard, une évidence s'impose : ce n'était pas un accident de parcours, c'était un parti pris.

7,5/10
Note
Un film bancal, froid, parfois agaçant de réserve, mais porté par une atmosphère que bien peu de films d'action osent assumer.
Scénario
6
Interprétation
7
Réalisation
9
Image
9
Musique et son
8
Émotion
6

La note globale est la moyenne des six critères.

Fiche du film

OriginalMiami Vice
Sortie en France16/08/2006
RéalisationMichael Mann
DistributionColin Farrell, Jamie Foxx, Naomie Harris, 巩俐, John Ortiz, Ciarán Hinds
GenreFilms d'action, Polars, Thrillers
Durée132 min
ClassificationTP
PaysFilms allemands, Films américains

Où regarder Miami Vice : Deux Flics à Miami ?

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Données streaming : JustWatch · mise à jour : 13/10/2026

Deux flics, une infiltration et une mauvaise décision

Le point de départ n'a rien d'original. Sonny Crockett (Colin Farrell) et Ricardo Tubbs (Jamie Foxx) sont deux inspecteurs de Miami. Séparément, ils ne sont déjà pas des cadeaux ; ensemble, ils deviennent franchement explosifs. Leur nouvelle mission : infiltrer un réseau de trafiquants de drogue du sud de la Floride pour coincer les responsables de trois meurtres.

L'opération tourne d'abord comme une horloge, puis survient l'erreur sans laquelle il n'y aurait pas de film. Crockett tombe amoureux d'Isabella, l'épouse d'un trafiquant d'armes et de drogue, incarnée par Gong Li. Dès lors, le travail et la vie privée s'emmêlent, et le film glisse doucement du récit policier vers quelque chose de plus mélancolique, une sorte de film noir romantique.

Inutile d'en savoir davantage avant de se lancer. Miami Vice ne brille pas par ses retournements de situation, mais par la manière dont il raconte ce qu'il raconte.

Oubliez le pastel : on n'est plus dans les années 80

Le film adapte pour le grand écran la série culte des années 80, rendue mythique par Don Johnson et Philip Michael Thomas, et dont Michael Mann était déjà producteur. C'est précisément pour cela que la surprise a été si grande : Mann a jeté par la fenêtre à peu près tout ce que le public associait à la marque.

Pas d'ironie, pas d'autodérision, pas de clin d'œil au spectateur. L'image est granuleuse, numérique, nocturne ; les ciels sont orageux, la mer est noire, les clubs sont enfumés. Miami n'a plus rien d'un paradis ensoleillé. C'est un carrefour moite, étouffant et dangereux, où l'argent et la drogue circulent comme l'eau.

Je l'avoue sans détour : la première fois, je suis resté perplexe. À la deuxième vision, j'ai compris qu'il ne s'agissait pas d'un remake de la série, mais de la vision personnelle d'un cinéaste se demandant à quoi ressemblerait cet univers pris au sérieux. Un pari audacieux pour un gros film estival de studio.

Farrell, Foxx et une Gong Li inoubliable

Le Crockett de Colin Farrell, moustachu, cheveux en bataille, avare de mots, en dit plus avec un long regard qu'avec une tirade. Beaucoup l'ont trouvé trop raide. Pour moi, c'est justement le sujet : un homme qui se réfugie dans son boulot jusqu'à ce qu'une femme l'en arrache.

Le Tubbs de Jamie Foxx est plus retenu, plus terre à terre : c'est la moitié lucide du duo. Il n'a pas l'espace qu'il mériterait, et c'est l'un des gros défauts du film. Quiconque a vu Foxx dans Collatéral, le précédent film de Mann, sait de quoi il est capable entre les mains de ce réalisateur.

La vraie surprise, c'est Gong Li. Son Isabella est à la fois glaciale et vulnérable, et ses scènes avec Farrell forment le cœur émotionnel du film. Autour d'eux, Naomie Harris (Trudy Joplin), John Ortiz (José Yero), Ciarán Hinds (l'agent du FBI Fujima), Justin Theroux (Zito) et Barry Shabaka Henley (le lieutenant Castillo) composent une distribution secondaire solide et crédible. Ortiz est particulièrement réussi dans la peau de Yero, imprévisible et franchement déplaisant.

Michael Mann, le maître de l'atmosphère

Michael Mann, c'est une lecture obligatoire pour tout amateur de polar. Depuis Heat, on sait que personne ne filme comme lui la nuit urbaine, les fusillades et la solitude masculine. Miami Vice est sans doute l'œuvre la plus radicale de ce style.

La caméra suit souvent les personnages à l'épaule, on entre dans les scènes en plein milieu, sans longue mise en place. Les dialogues regorgent de jargon technique et Mann ne s'embarrasse pas à tout expliquer. Cela en laisse certains sur le bord du chemin ; moi, ça m'aspire. On a l'impression d'être assis à côté d'un agent infiltré qui ne peut pas se permettre de mal comprendre un seul mot.

Et quand les fusillades arrivent, elles frappent avec une violence inouïe. Le son est sourd, sec, réel, sans la moindre brillance chorégraphiée. Sur ce terrain, Mann reste imbattable.

Là où la machine se grippe

Les 132 minutes se font sentir. La partie centrale, lorsque le film se concentre sur l'histoire d'amour, paraîtra merveilleusement rêveuse aux uns et tout simplement lente aux autres. Je me situe quelque part entre les deux : j'adore l'ambiance, mais je dois reconnaître qu'à un moment, le visionnage ressemble davantage à une immersion qu'à un frisson.

L'autre problème tient à l'épaisseur des personnages. Crockett et Tubbs sont bien moins vivants que ce que leurs interprètes pourraient offrir. Mann fuit tellement le mélodrame qu'il finit parfois par étouffer l'émotion elle-même. La relation entre Tubbs et Trudy, par exemple, aurait mérité plus d'attention.

Comment a-t-il vieilli en vingt ans ?

Étonnamment bien. L'esthétique numérique, que beaucoup trouvaient laide et bon marché à l'époque, est aujourd'hui un cas d'école : comment transformer une contrainte technique en style. Une foule de films et de séries ont depuis repris cette esthétique nocturne, granuleuse et baignée de néons.

Miami Vice fait partie de ces films incompris à leur sortie, autour desquels un culte s'est construit peu à peu. Il ne fera jamais l'unanimité, mais ceux qui se laissent happer par son atmosphère y reviennent régulièrement, surtout tard le soir, volets fermés.

Pour qui ?

Si vous aimez, regardez aussi : Heat (1995), Public Enemies (2009), Police fédérale Los Angeles (1985), Training Day (2001), Sicario (2015)

Questions fréquentes

De quoi parle le film Miami Vice : Deux Flics à Miami ?

Deux inspecteurs de Miami, Sonny Crockett et Ricardo Tubbs, infiltrent un réseau de trafic de drogue du sud de la Floride pour arrêter les criminels responsables de trois meurtres. Les choses se compliquent lorsque Crockett tombe amoureux de l'épouse d'un trafiquant d'armes et de drogue.

Quand Miami Vice : Deux Flics à Miami est-il sorti en France ?

Le film est sorti dans les salles françaises le 16 août 2006.

Quelle est la durée de Miami Vice ?

Le film dure 132 minutes.

Qui a réalisé Miami Vice : Deux Flics à Miami ?

Le film est réalisé par Michael Mann.

Qui sont les acteurs principaux de Miami Vice ?

Colin Farrell incarne Sonny Crockett et Jamie Foxx joue Ricardo Tubbs. À leurs côtés, on retrouve Gong Li, Naomie Harris, John Ortiz, Ciarán Hinds, Justin Theroux et Barry Shabaka Henley.

Faut-il replonger aujourd'hui dans le Miami ténébreux de Michael Mann ?

Oui, mais à condition d'être dans le bon état d'esprit. Miami Vice n'est pas un film à regarder un dimanche après-midi d'un œil distrait, le téléphone à la main. Il faut s'y installer tard le soir, dans une pièce plongée dans le noir, le son bien fort, et se laisser engloutir par cette nuit moite et scintillante. À ce prix, on découvre un polar fascinant et singulier malgré ses défauts, bien plus audacieux que la plupart des blockbusters d'action. Si vous attendez des vannes en rafale et de la nostalgie pastel, restez plutôt fidèle à la série d'origine. Pour moi, c'est un solide 7 sur 10, avec un point bonus pour l'atmosphère.

Note: 7,5/10 · Scénario 6 · Interprétation 7 · Réalisation 9 · Image 9 · Musique et son 8 · Émotion 6