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Critique avant la sortie · Au cinéma depuis le 14/05/2026

Histoires parallèles, critique : Asghar Farhadi joue les voyeurs à Paris, et ça ne peut que mal finir

Films françaisFilms italiensFilms belgesFilms iraniensDrames cinématographiques

Certains castings paraissent trop beaux pour être vrais, et celui d'Histoires parallèles en fait partie. Asghar Farhadi, sans doute le maître le plus impitoyable du drame moral contemporain, a réuni le haut du panier du cinéma français pour raconter l'histoire d'une romancière qui regarde ses voisins d'un peu trop près. Sur le papier, la recette a tout pour séduire, et tout ce que l'on sait du film entretient une vraie impatience.

8,0/10
Note attendue
Sur le papier, l'un des drames européens les plus solides de l'année. Selon la forme de Farhadi, il peut s'agir d'un chef-d'œuvre ou d'une expérience de pensée élégante mais un brin trop écrite.
Scénario
8
Interprétation
9
Réalisation
9
Image
7
Musique et son
7
Émotion
8

La note globale est la moyenne des six critères.

Fiche du film

Sortie en France14/05/2026
RéalisationAsghar Farhadi
DistributionIsabelle Huppert, Virginie Efira, Vincent Cassel, Pierre Niney, Adam Bessa, India Hair
GenreDrames cinématographiques
Durée139 min
PaysFilms français, Films italiens, Films belges, Films iraniens

Où regarder Histoires parallèles ?

À la locationApple TV StoreRakuten TVCanal VODSoonerAmazon VideoPathé HomeVIVA by videofuturPremiere MaxARTE VOD
À l'achatApple TV StoreRakuten TVCanal VODSoonerAmazon VideoPathé HomeVIVA by videofuturPremiere MaxARTE VOD

Données streaming : JustWatch · mise à jour : 09/10/2026

Une fenêtre sur la vie d'en face : de quoi parle le film, sans spoiler ?

Le point de départ est simple, et c'est justement ce qui le rend inquiétant. Sylvie est romancière. En quête d'inspiration pour son prochain livre, elle choisit la source la plus évidente, mais aussi la plus délicate : ses voisins de l'immeuble d'en face, qu'elle se met à observer. Elle n'espionne pas, du moins ce n'est certainement pas le mot qu'elle emploierait. Elle se contente de rassembler de la matière. Une excuse bien connue de tous les écrivains qui ont un jour puisé dans leur entourage.

Le récit prend son véritable élan lorsque Sylvie engage le jeune Adam pour l'aider dans son quotidien. D'après le synopsis officiel, elle ne se doute pas encore que ce garçon va bouleverser sa vie comme son travail. Et la situation dérape au point que la fiction de Sylvie finit par déborder sur la réalité de chacun.

On n'en sait pas davantage sur l'intrigue, et pour être honnête, on ne tient pas à en savoir plus. Chez Farhadi, le grand plaisir consiste à voir des situations en apparence anodines s'empoisonner peu à peu, et mieux vaut y entrer sans rien savoir.

Farhadi, comptable des petites fautes ordinaires

Le nom d'Asghar Farhadi suffit à lui seul à cocher une date dans l'agenda. Le réalisateur d'Une séparation et du Client a remporté à deux reprises l'Oscar du meilleur film international, et chez lui, une phrase lâchée au mauvais moment ou une porte ouverte à contretemps pèse plus lourd qu'une course-poursuite chez d'autres.

Ce n'est pas la première fois qu'il tourne hors d'Iran : Le Passé a été réalisé en France, Everybody Knows en Espagne. Beaucoup ont trouvé ces films moins forts que ses œuvres iraniennes, et c'est là le principal point d'interrogation d'Histoires parallèles. La coproduction entre la France, l'Italie, la Belgique et l'Iran offre à la fois une assise financière solide et le risque de voir le cinéaste évoluer sur un terrain un peu étranger.

Reste que le sujet, à savoir la porosité entre fiction et réalité, l'éthique du regard et la question de la responsabilité, semble taillé pour lui. Farhadi n'a jamais cessé de raconter comment les mensonges bien intentionnés finissent par dépasser ceux qui les profèrent. Une romancière qui se sert des gens comme d'un matériau en est l'incarnation presque parfaite.

Huppert, Deneuve et les autres : un casting presque trop beau

Regardons la liste : Isabelle Huppert, Virginie Efira, Vincent Cassel, Pierre Niney, Adam Bessa, India Hair et Catherine Deneuve. Ce n'est plus une distribution, c'est une photo de classe de l'histoire du cinéma français.

On ne sait pas précisément qui incarne qui, alors inutile de jouer aux devinettes, mais ces noms en disent déjà long. La carrière d'Isabelle Huppert regorge de femmes froides, insaisissables et dominatrices, et quel que soit son rôle dans un film qui parle de surveillance et de manipulation, l'ennui est exclu. Virginie Efira s'est imposée ces dernières années comme l'une des actrices françaises les plus polyvalentes, et Vincent Cassel sait déstabiliser une salle entière d'un seul regard.

Pierre Niney est l'acteur le plus rigoureux de sa génération, et la seule présence de Catherine Deneuve fait événement. Adam Bessa et India Hair sont les noms les moins connus de la liste, mais Farhadi excelle avec les comédiens dont on ne sait pas trop quoi attendre.

Le risque serait plutôt que l'un d'eux se retrouve éclipsé par tant de stars. Mais Farhadi a toujours pensé ses films comme des œuvres chorales, où chacun a un secret et un point de vue, si bien qu'on s'en inquiète moins qu'avec un réalisateur lambda.

Qu'est-ce qui pourrait en faire un grand film ?

Là où ça pourrait coincer : durée, densité, terrain étranger

Les 139 minutes du film n'ont rien de surprenant chez Farhadi, mais elles ne sont pas anodines pour autant. Il s'agit d'un drame qui se construit lentement, porté par les dialogues, et ceux qui espèrent un rythme soutenu risquent de fatiguer au milieu de la deuxième heure.

L'idée de départ, plus abstraite qu'à l'accoutumée, représente aussi un risque. Une fiction qui déborde sur la réalité peut facilement glisser vers quelque chose de trop littéraire, de trop cérébral, où le concept prend le pas sur les personnages. Les meilleurs films de Farhadi fonctionnaient précisément parce que leurs questions naissaient de situations très terre à terre : un divorce, une agression, une dette. Si la structure du roman dans le roman se fait trop envahissante, l'immédiateté pourrait s'y perdre.

Pour qui ?

Si vous aimez, regardez aussi : Fenêtre sur cour (1954), Une séparation (2011), Le Client (2016), Le Passé (2013), Swimming Pool (2003)

Questions fréquentes

Quand Histoires parallèles est-il sorti en France ?

Le film est sorti dans les salles françaises le 14 mai 2026.

De quoi parle Histoires parallèles ?

Sylvie, romancière, observe ses voisins d'en face pour nourrir son nouveau livre. Elle engage ensuite le jeune Adam pour l'aider au quotidien, et il bouleverse sa vie comme son travail, jusqu'à ce que la fiction déborde sur la réalité de chacun.

Quelle est la durée d'Histoires parallèles ?

Le film dure 139 minutes.

Qui a réalisé Histoires parallèles ?

Le film est réalisé par Asghar Farhadi. Il s'agit d'une coproduction entre la France, l'Italie, la Belgique et l'Iran.

Qui joue dans le film ?

Isabelle Huppert, Virginie Efira, Vincent Cassel, Pierre Niney, Adam Bessa, India Hair et Catherine Deneuve.

Faut-il jeter un œil par la fenêtre de Sylvie ?

Oui, et la question ne se pose presque pas. Même dans ses films les moins réussis, Asghar Farhadi en dit plus sur les faiblesses humaines que la plupart de ses contemporains dans leurs meilleurs, et avec une telle distribution, difficile d'imaginer un résultat médiocre. Ce sera peut-être long, le concept prendra peut-être par moments le dessus sur les personnages, mais c'est exactement le genre de film dont on débat encore dans le métro en rentrant. Notre verdict : un solide 8, avec l'espoir secret qu'il mérite davantage.

Note attendue: 8,0/10 · Scénario 8 · Interprétation 9 · Réalisation 9 · Image 7 · Musique et son 7 · Émotion 8