Rocky Balboa, la critique : le vieux lion remonte une dernière fois sur le ring
Il arrive un moment où une légende doit choisir : tirer sa révérence avec dignité, ou prouver une dernière fois pourquoi elle est devenue une légende. En 2006, Sylvester Stallone a pris la seconde option, et cela a donné Rocky Balboa, un film discret, mélancolique, devant lequel on se surprend pourtant à serrer les poings. Ceux qui ont ricané en apprenant que Stallone, la soixantaine approchant, renfilait les gants n'ont probablement jamais vu ce film.
Rocky Balboa est un adieu digne et généreux à un personnage mythique, bien plus un drame sur la solitude et la vieillesse qu'un véritable film de boxe.
Fiche du film
| Sortie en France | 24/01/2007 |
|---|---|
| Réalisation | Sylvester Stallone |
| Distribution | Sylvester Stallone, Burt Young, Antonio Tarver, Geraldine Hughes, Milo Ventimiglia, Tony Burton |
| Genre | Drames, Films d'action |
| Durée | 102 min |
| Classification | U |
| Pays | Films américains |
De quoi parle Rocky Balboa, sans spoiler ?
Rocky Balboa n'est plus le jeune boxeur affamé que tout Philadelphie appelait par son prénom. Il tient aujourd'hui un petit restaurant où il raconte volontiers ses anciens combats aux clients, sans pour autant ressasser sa gloire passée. Il vit seul, a enterré sa femme il y a des années et entretient des rapports difficiles avec son fils. C'est un homme qui vit davantage de souvenirs que de projets.
Puis une occasion se présente. Passé la cinquantaine, seul et sans le sou, Rocky revient sous les projecteurs pour affronter le champion du monde des poids lourds en titre, Mason "The Line" Dixon. A-t-il une chance ? Le film le dit lui-même : évidemment pas. Et Rocky tente le coup quand même, avec l'aide de son fils. Voilà le point de départ, et franchement, cela suffit. La saga n'a jamais brillé par ses intrigues alambiquées : sa force, c'est de raconter une histoire humaine toute simple de manière à ce que le spectateur lève le poing depuis son canapé.
Stallone, enfin redevenu lui-même
Sylvester Stallone cumule ici les casquettes : il a créé le personnage, il réalise le film et il incarne Rocky. Ce genre de contrôle total vire souvent au projet d'ego, mais il se passe ici tout autre chose. Stallone comprend visiblement très bien qui est cet homme et ne cherche jamais à en faire un héros. Rocky est maladroit, un peu timide, sentimental, et porte en lui une tristesse qui le rend impossible à ne pas aimer.
Son jeu est retenu, presque fragile. Loin de Rambo et de l'icône du cinéma d'action des années 80, on découvre un homme vieillissant qui sait que le temps lui a filé entre les doigts et qui ne sait pas trop quoi faire de ce qu'il en reste. C'est un Stallone qu'on voit rarement, et dont l'existence même a surpris bon nombre de critiques. Moi le premier.
Anciens et nouveaux visages dans le coin du ring
Parmi les seconds rôles, Burt Young retrouve Paulie Pennino, ce beau-frère bougon, attachant et un brin pathétique sans qui l'univers de Rocky n'existerait pas. Leur relation forme l'une des strates les plus humaines du film : deux hommes vieillissants unis par le même deuil.
Milo Ventimiglia joue le fils de Rocky, Robert Balboa Jr., et le conflit entre le père et le fils constitue la colonne vertébrale émotionnelle du film. Ventimiglia campe avec justesse ce jeune homme qui tente de se construire une vie à l'ombre d'un père légendaire, et cette tension sonne vrai, elle n'a rien d'un simple accessoire de scénario. Geraldine Hughes, dans le rôle de Marie, offre une présence douce et chaleureuse, tandis que Tony Burton, en Tony "Duke" Evers, apporte cette rigueur d'entraîneur qui donne toute leur force aux scènes de préparation.
Face à Rocky, Antonio Tarver incarne Mason "The Line" Dixon et se montre parfaitement crédible sur le ring. Le personnage n'est pas le plus nuancé qui soit, mais c'est presque une règle du genre dans un Rocky : l'adversaire incarne le défi plus qu'il ne porte un drame à lui seul.
Ce qui fonctionne vraiment : le silence avant le combat
La grande surprise de Rocky Balboa, c'est que l'essentiel du film se déroule hors du ring. Stallone laisse à son personnage le temps de marcher dans les rues de Philadelphie, de discuter, de se souvenir, de faire son deuil. Ces scènes sont lentes, parfois un peu trop sentimentales, mais c'est justement ce qui rend le combat final aussi puissant. On ne soutient pas un boxeur, on soutient un homme qu'on a appris à connaître.
- L'atmosphère : Philadelphie n'est pas un simple décor mais une part du personnage, usée, hivernale, familière.
- L'entraînement : le montage de préparation respecte la tradition de la saga et, oui, la musique donne immanquablement la chair de poule.
- L'enjeu : le combat ne porte pas sur une ceinture mondiale, mais sur la possibilité de montrer qu'on est encore vivant.
Quant au célèbre thème de Rocky signé Bill Conti, il est simplement là, et quand il retentit, aucun spectateur, aussi cynique soit il, ne reste de marbre.
Là où ça coince : impossible de mettre les clichés K.O.
Ne nous voilons pas la face : Rocky Balboa est un film très prévisible. Quiconque a déjà vu un drame sportif devine exactement les hauts et les bas à venir, et le film ne cherche pas à bousculer la formule. Les dialogues soulignent parfois ce que les images avaient déjà dit, et certaines scènes ressemblent davantage à un discours de motivation qu'à du drame.
La partie centrale manque aussi un peu de tenue : durant la première heure, le film s'attarde parfois sans vraie raison, et ceux qui attendent de l'action risquent de trouver le temps long. Mais soyons honnêtes : on ne va pas voir un Rocky pour être surpris. On y va pour cette émotion que le film finit par offrir pleinement.
Pour qui ?
- Pour vous si : Pour tous ceux qui ont aimé les précédents Rocky, mais aussi pour les amateurs de drames intimes et humains sur la vieillesse, le deuil et les secondes chances.
- Passez votre chemin si : Ceux qui attendent de l'action nerveuse et des combats en continu, ou qui sont allergiques au sentimentalisme et aux clichés motivationnels, risquent de s'ennuyer pendant la première heure.
Si vous aimez, regardez aussi : Rocky (1976), Creed : L'Héritage de Rocky Balboa (2015), The Wrestler (2008), Million Dollar Baby (2004), Warrior (2011)
Questions fréquentes
De quoi parle Rocky Balboa ?
Passé la cinquantaine, seul, Rocky Balboa tient un restaurant à Philadelphie. Lorsqu'une occasion se présente, il remonte sur le ring pour affronter le champion du monde des poids lourds, Mason "The Line" Dixon.
Quelle est la durée de Rocky Balboa ?
Le film dure 102 minutes.
Quand Rocky Balboa est-il sorti en France ?
Le film est sorti dans les salles françaises le 24 janvier 2007.
Qui a réalisé Rocky Balboa ?
Le film est réalisé par Sylvester Stallone, qui tient également le rôle principal de Rocky Balboa.
Qui joue le fils de Rocky ?
Robert Balboa Jr. est interprété par Milo Ventimiglia.
Faut-il renfiler les gants une dernière fois avec Rocky ?
Oui, et pas seulement par nostalgie. Rocky Balboa n'est pas le meilleur film de la saga, le premier volet reste intouchable, mais c'est le plus mûr et le plus sincère. Stallone ne cherche pas à revendre sa gloire d'antan : il montre ce qui reste d'un homme quand les applaudissements se sont tus. Un film prévisible, parfois un peu mielleux, mais sincère, qui touche exactement là où il faut dans son dernier acte. Si, un soir de pluie, vous cherchez quelque chose qui vous aide à croire un peu plus en vous, difficile de trouver mieux.
