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Critique · Sortie : 22/03/2017

La Belle et la Bête, critique : assez de magie pour justifier un remake en prises de vues réelles ?

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Il existe une forme de nostalgie qui fait sourire et éveille la méfiance en même temps, et le film de Bill Condon sorti en 2017 provoque exactement cela. Cette version en prises de vues réelles de La Belle et la Bête débarque avec un budget colossal, un château étincelant et Emma Watson pour nous raconter une fois de plus un conte que l'on connaît par cœur. Reste une question : avions-nous besoin de la même chose, en plus cher ?

7,5/10
Note
Une relecture fastueuse, attachante et parfois trop prudente, qui doit l'essentiel de ses réussites à sa distribution et à sa splendeur visuelle.
Scénario
7
Interprétation
7
Réalisation
7
Image
9
Musique et son
8
Émotion
7

La note globale est la moyenne des six critères.

Fiche du film

OriginalBeauty and the Beast
Sortie en France22/03/2017
RéalisationBill Condon
DistributionEmma Watson, Dan Stevens, Luke Evans, Josh Gad, Kevin Kline, Hattie Morahan
GenreFilms familiaux, Films de fantasy, Films romantiques
Durée129 min
ClassificationTP
PaysFilms américains

Le même conte, dans de nouveaux habits

Inutile ou presque de présenter l'histoire, mais rappelons l'essentiel : Belle, jeune femme vive, ravissante et bien plus indépendante que les gens de son village, se retrouve prisonnière dans le château d'une bête. Surmontant peu à peu sa peur, elle se lie d'amitié avec les domestiques ensorcelés du lieu et finit par découvrir, derrière l'apparence effrayante de son geôlier, un prince sensible au cœur tendre.

Voilà pour la trame, et honnêtement, il n'est pas nécessaire d'en savoir davantage. Toute la force de ce conte tient justement à sa familiarité : on ne va pas le voir pour être surpris, mais pour le revivre. Le film le sait parfaitement et ne cherche donc pas la révolution. Il préfère restaurer avec soin et respect, à la manière d'un conservateur de musée qui glisse un tableau ancien dans un cadre neuf.

C'est à la fois sa plus grande qualité et sa principale limite. Ceux qui veulent retrouver exactement ce dont ils se souviennent seront comblés. Ceux qui espéraient une relecture plus audacieuse trouveront peut-être que ces 129 minutes tiennent par moments davantage de la redite que de la renaissance.

Emma Watson, princesse rat de bibliothèque

Le choix d'Emma Watson pour incarner Belle semblait presque trop évident. Après avoir été Hermione dans la saga Harry Potter, qui d'autre pouvait jouer avec plus de crédibilité la jeune fille qui préfère ses livres aux avances du plus beau garçon du village ? Watson restitue bien l'intelligence et l'obstination du personnage, avec dans le regard ce mélange de curiosité et de défi.

Là où elle se montre un peu moins assurée, c'est dans le chant. Ce n'est pas mauvais, mais on sent qu'elle n'est pas une interprète de comédie musicale, et dans les grands numéros sa voix reste agréable plus que mémorable. Sa présence n'en demeure pas moins solide, et elle tient sa place de cœur émotionnel du film. Ce ne sera pas une interprétation iconique, mais c'est une Belle tout à fait digne.

Dan Stevens, sous les traits de la Bête, a la tâche plus ardue : le personnage est en grande partie numérique, et l'acteur doit composer avec sa voix et son regard. Il s'en sort étonnamment bien, on perçoit la blessure derrière la rudesse, et la relation qui se dégèle lentement entre les deux héros a un vrai poids. Pourtant, ce visage numérique crée parfois une distance, et à certains moments on regrette une présence plus charnelle, plus tangible.

Gaston et LeFou, les armes secrètes du film

S'il y a quelqu'un à qui ce film va comme un gant, c'est bien Luke Evans. Son Gaston est fanfaron, narcissique, ridicule et inquiétant à la fois, exactement comme il le faut. Evans savoure visiblement chaque instant, et l'agressivité qui affleure sous sa vanité apporte au récit une véritable tension. Ce n'est pas une caricature, mais un type humain très reconnaissable : le héros du village, adulé de tous, incapable d'accepter le moindre refus.

À ses côtés, Josh Gad assure une bonne part de l'humour dans le rôle de LeFou. Son talent comique n'est plus à prouver, il l'avait déjà montré en prêtant sa voix à Olaf dans La Reine des neiges, et il a ici un sens du rythme impeccable. Les scènes du duo Gaston et LeFou comptent parmi les plus réjouissantes du film, pleines d'énergie et de drôlerie.

Autre plaisir : Kevin Kline en Maurice, le père de Belle. Kline joue tout en retenue et en chaleur, et tire de ses quelques scènes cette tendresse discrète qui rend la relation entre Belle et son père vraiment crédible. Parmi les seconds rôles, Hattie Morahan occupe aussi une place importante avec une double fonction : elle est à la fois Agathe et l'Enchanteresse.

Le château de Bill Condon : du faste à chaque recoin

Bill Condon n'est pas un novice en matière de cinéma musical : avec Dreamgirls, il avait déjà prouvé qu'il savait mettre en scène de grands numéros chantés. Ce métier se voit : chorégraphies, décors et mouvements de caméra respirent l'assurance, et les grandes séquences sont réellement somptueuses.

Le visuel est l'un des atouts majeurs du film. Le château est fastueux, sombre et pourtant chaleureux, le village coloré et plein de vie, les costumes superbes. Les domestiques changés en objets sont techniquement impressionnants, même si une question se pose : à la place des personnages ronds et expressifs du dessin animé, ces chandeliers et ces horloges au design plus réaliste paraissent parfois moins attachants. Affaire de goût, mais pour ma part, une partie de la magie s'est envolée à cet endroit.

Le principal défaut de la mise en scène, c'est sa prudence. Condon n'a manifestement pas voulu toucher à ce qui fonctionne, si bien que le film suit très souvent l'original presque scène par scène. C'est sûr, mais rarement surprenant.

Une musique qui fonctionne toujours

Les chansons forment la colonne vertébrale du film, et elles sonnent heureusement aussi bien qu'avant. Les mélodies classiques profitent de nouveaux arrangements, et les grands numéros collectifs offrent une vraie expérience de cinéma. Dans les meilleurs moments, on oublie qu'il s'agit d'un remake et on se laisse simplement emporter.

Le son est riche, l'accompagnement orchestral ample, et le film n'est jamais aussi fort que lorsque la musique le porte. Les passages plus calmes et dialogués, en revanche, s'étirent parfois, et la durée de 129 minutes se fait sentir, plus longue que ce que l'histoire réclame.

Où la magie s'essouffle-t-elle ?

Le plus gros problème du film, c'est qu'il prend très peu de risques. Tout est beau, tout est soigné, tout est à sa place, mais on sent rarement que ses auteurs avaient quelque chose de personnel à dire sur ce conte. Un remake n'a vraiment de sens que s'il apporte quelque chose, or cette version se contente surtout de lustrer l'original.

Autre point faible : le décalage entre les personnages numériques et les acteurs en chair et en os. La Bête et les habitants du château sont techniquement réussis, mais ils ne parviennent pas toujours à transmettre la même chaleur que leurs ancêtres dessinés. Le film paraît ainsi un cran plus distant sur le plan émotionnel qu'il ne devrait l'être.

Rien de tout cela n'en fait un mauvais film, bien sûr. Cela signifie simplement qu'on tient là un bon film qui aurait pu être formidable s'il avait osé un peu plus.

Pour qui ?

Si vous aimez, regardez aussi : Cendrillon (2015), Le Roi lion (2019), Aladdin (2019), La Petite Sirène (2023), Maléfique (2014)

Questions fréquentes

Quand La Belle et la Bête en prises de vues réelles est-il sorti en France ?

Le film est sorti dans les salles françaises le 22 mars 2017.

Quelle est la durée de La Belle et la Bête ?

Le film dure 129 minutes.

Qui a réalisé La Belle et la Bête ?

Le film a été réalisé par Bill Condon.

Qui joue les rôles principaux ?

Emma Watson incarne Belle et Dan Stevens la Bête. Luke Evans joue Gaston, Josh Gad LeFou et Kevin Kline Maurice.

De quoi parle La Belle et la Bête ?

Belle, jeune femme vive et indépendante, est retenue prisonnière par une bête dans son château. Elle se lie d'amitié avec les domestiques ensorcelés et finit par découvrir le prince sensible caché derrière l'apparence effrayante de la Bête.

Faut-il retourner au château de la Bête ?

Oui, à condition de ne pas en attendre de miracle. La version 2017 de La Belle et la Bête est un film familial superbe, agréable et bien fait, dont les plus grandes qualités sont le spectacle visuel, les chansons et quelques seconds rôles excellents, Luke Evans et son Gaston déchaîné en tête. Emma Watson et Dan Stevens portent honnêtement l'histoire d'amour, et Bill Condon orchestre les grandes scènes d'une main sûre.

Ce qui manque, c'est l'audace. Ce film est davantage un hommage qu'une réinvention : ceux qui sont un jour tombés amoureux de ce conte ne seront pas déçus, mais ils n'oublieront sans doute pas le dessin animé pour autant. Pour un dimanche après-midi pluvieux, avec une bonne tasse de thé et toute la famille, difficile pourtant de trouver mieux.

Note: 7,5/10 · Scénario 7 · Interprétation 7 · Réalisation 7 · Image 9 · Musique et son 8 · Émotion 7