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Critique · Sortie : 08/10/2014

Annabelle, la critique : la poupée la plus effrayante du monde ne bouge jamais

Films américainsFilms d'horreur

Il y a les poupées qu'on n'oserait même pas toucher en magasin, et puis il y a Annabelle, que quelqu'un a eu l'idée d'offrir en cadeau. Le second rôle le plus marquant de Conjuring : Les Dossiers Warren a eu droit à son propre film en 2014. Si son visage de porcelaine reste parfaitement terrifiant, l'histoire construite autour se contente souvent de frapper poliment à la porte au lieu de l'enfoncer. Cela n'empêche pas le film de faire très bien l'affaire un soir d'automne pluvieux.

6,0/10
Note
Un film de poupée hantée soigné et plein d'atmosphère, mais beaucoup trop prévisible, qui doit sa réputation au visage de son héroïne de porcelaine bien plus qu'à son scénario.
Scénario
5
Interprétation
6
Réalisation
6
Image
7
Musique et son
7
Émotion
5

La note globale est la moyenne des six critères.

Fiche du film

Sortie en France08/10/2014
RéalisationJohn R. Leonetti
DistributionAnnabelle Wallis, Ward Horton, Tony Amendola, Alfre Woodard, Eric Ladin, Kerry O'Malley
GenreFilms d'horreur
Durée99 min
Classification12
PaysFilms américains

Un cadeau qu'il aurait mieux valu retourner

Le point de départ est classique, presque scolaire. John Form offre une vieille poupée à sa femme Mia, enceinte. Une jolie attention, du moins jusqu'à la nuit où des membres d'une secte satanique font irruption chez le jeune couple. Après l'attaque, il ne reste pas seulement du sang et de la douleur, mais quelque chose de bien pire que les intrus eux-mêmes : une force se déchaîne dans la maison, et cette force a un visage. Celui d'Annabelle.

Voilà ce qu'il faut savoir avant de se lancer, et honnêtement, cela suffit. Le film ne mise pas sur les rebondissements mais sur cette sensation qui se resserre peu à peu : le foyer qu'on croyait sûr, en pleine attente d'un bébé, devient soudain un territoire hostile. Ce mélange de future mère vulnérable et de menace invisible est une vieille recette éprouvée du genre, et le film ne cache pas une seconde où il est allé puiser.

Mia, John et la poupée qui leur vole la vedette

Dans le rôle principal, Annabelle Wallis incarne Mia, et cette coïncidence de prénom ressemble à une petite blague cosmique qui a dû beaucoup amuser l'équipe. Wallis est attachante et crédible en femme angoissée, de plus en plus livrée à elle-même, et une bonne partie du film se joue sur son visage, à mesure que le soupçon se transforme en certitude. À ses côtés, Ward Horton campe John, le mari bien intentionné mais relégué au second plan, dont le personnage manque malheureusement d'épaisseur.

Parmi les seconds rôles, l'Evelyn d'Alfre Woodard sort du lot : c'est le genre d'actrice capable de donner du poids à un personnage en une ou deux scènes. Tony Amendola assure le rôle du père Perez, l'indispensable figure religieuse du film d'horreur, Eric Ladin joue l'inspecteur Clarkin, tandis que Kerry O'Malley et Brian Howe apparaissent en couple Higgins. Une distribution propre et bien tenue, mais soyons francs : c'est la poupée qui fait le spectacle, sans bouger le moindre muscle du visage.

Du chef opérateur au réalisateur

Derrière la caméra, on trouve John R. Leonetti, qui a longtemps travaillé comme directeur de la photographie, notamment sur Conjuring de James Wan, le film dont est issue Annabelle. Ce passé se voit à l'écran : les images sont soignées, les cadrages réfléchis, et la vieille maison, les couloirs obscurs ou la chambre d'enfant plongée dans la pénombre ont exactement l'allure qu'on attend d'un bon film de fantômes. Leonetti sait où placer sa caméra pour que le spectateur se mette à scruter les bords du cadre.

Là où il se montre moins assuré, c'est dans le rythme. Le film fait souvent monter la tension trop longtemps avec les mêmes procédés, si bien qu'au moment de l'explosion, on a déjà deviné d'où elle viendrait. Comme si le réalisateur faisait davantage confiance à ses images qu'à son histoire. Ce qui, en partie, se comprend.

Quand ça fonctionne : la terreur lente et silencieuse

Soyons justes : certaines scènes sont franchement réussies. Les meilleurs moments du film sont ceux où presque rien ne se passe. Un objet qui n'est pas à sa place, un bruit dans la pièce d'à côté, une poupée qui regarde dans une direction légèrement différente de tout à l'heure. Cette horreur minimaliste marque bien plus durablement que n'importe quel sursaut sonore.

Là où ça coince : des sursauts trop prévisibles

Le problème, c'est que le film recourt trop souvent à l'outil le plus facile, le jump scare accompagné d'un grand bruit. Ça marche un moment, puis le spectateur finit par connaître la chorégraphie et se crispe à l'avance, ce qui tue précisément l'effet de surprise. Le scénario est en outre assez schématique : les personnages prennent la mauvaise décision exactement là où le manuel du film d'horreur l'exige.

Ceux qui ont découvert cet univers avec Conjuring remarqueront à quel point la famille est ici moins fouillée et moins attachante. Là-bas, on tremblait pour les personnages ; ici, on tremble plutôt pour sa propre tranquillité. Les 99 minutes du film ont en revanche le mérite d'être resserrées, sans étirer inutilement le propos.

La poupée hantée, l'un des plus vieux cauchemars du genre

Pourquoi une poupée de porcelaine fait-elle si bien peur ? Parce qu'elle est familière, de forme humaine, et pourtant sans vie. Elle se situe exactement entre les deux, et c'est cet entre-deux qui met le spectateur mal à l'aise. L'histoire du cinéma regorge de cette angoisse, du Chucky de Child's Play aux poupées posées sur les étagères des vieux films de maisons hantées. Annabelle s'inscrit dans cette tradition et, dans ses meilleurs moments, s'en montre digne.

Quant au motif de la grossesse, il est depuis Rosemary's Baby l'une des armes les plus redoutables de l'horreur : un corps qui ne nous appartient plus tout à fait, un avenir menacé, un entourage qui refuse de nous croire. Le film exploite habilement cette piste, même s'il ne la pousse pas jusqu'au bout.

Pour qui ?

Si vous aimez, regardez aussi : Conjuring : Les Dossiers Warren (2013), Rosemary's Baby (1968), Child's Play (1988), Sinister (2012), L'Exorciste (1973)

Questions fréquentes

Quand Annabelle est-il sorti en France ?

Le film est sorti dans les salles françaises le 8 octobre 2014.

De quoi parle Annabelle ?

John Form offre une vieille poupée à sa femme enceinte, Mia. Une nuit, des membres d'une secte satanique s'introduisent chez eux, et après l'attaque, quelque chose de terrible se libère dans la maison : Annabelle.

Quelle est la durée d'Annabelle ?

Le film dure 99 minutes.

Qui a réalisé Annabelle ?

Le film a été réalisé par John R. Leonetti.

Qui sont les acteurs principaux d'Annabelle ?

Annabelle Wallis joue Mia Form et Ward Horton incarne John Form. Alfre Woodard, Tony Amendola et Eric Ladin complètent la distribution.

Faut-il laisser entrer Annabelle dans votre salon ce soir ?

Si vous n'attendez pas une réinvention du genre, mais une histoire de poupée hantée bien photographiée, pleine d'atmosphère et parfois vraiment glaçante, alors oui. Annabelle n'a rien d'un chef-d'œuvre et ne sort jamais vraiment de l'ombre de Conjuring, mais le visage de porcelaine de son héroïne est si iconique qu'il porte le film jusque dans ses moments les plus faibles. Éteignez la lumière, installez-vous, et surtout ne regardez pas vers l'étagère. Elle, de toute façon, vous regarde déjà.

Note: 6,0/10 · Scénario 5 · Interprétation 6 · Réalisation 6 · Image 7 · Musique et son 7 · Émotion 5